Soeur Marie de Saint-Jean (1927-2012), monastère de l'Annonciade, ThiaisNotre Sœur Marie de Saint Jean

Comme nous vous l’annoncions dans le précédent numéro du Message Marial, notre Sœur Marie de Saint Jean est décédée le 1er octobre à l’âge de 85  ans, dans la 62e année de sa profession monastique. Ses obsèques ont eu lieu chez nous en présence d’une partie de sa très nombreuse famille, notamment son frère Pierre, âgé de 95 ans, et son épouse Monique ainsi que sa sœur Élisabeth Jément, ses neveux et nièces dont Jean-Louis Maréchal, qui fut durant de longues années notre chauffagiste, son épouse et leur fille Caroline, et aussi tous les autres que nous ne nommeront pas de crainte d’en oublier.Nous avons eu la joie de faire leur connaissance Tous ont tenu  à marquer une affection profonde à tante « Gino ». Chacun, chacune l’a manifesté à sa façon. Mais on sentait l’unanimité autour de cette belle et forte personnalité de notre Sœur Marie de Saint Jean.

Pour eux principalement et pour nos lecteurs nous allons retracer, à grands  traits, les principales étapes de a vie.

Geneviève est née le 27 juillet 1927 à Pullay dans l’Eure, 8e d’une fratrie de 10 enfants. Son père est alors régisseur à  l’École des Roches de Verneuil-sur-Avre où elle rencontre une élève qui deviendra bientôt une amie du monastère. Elle y vécut sa première enfance jusqu’à l’âge de 6 ans. Elle en conserva un souvenir très positif qu’elle évoquait, de temps à autre,  mais toujours sur demande. Elle était alors, intarissable sur cette période de sa jeune vie.

Fervente et attentive aux motions de l’Esprit, Geneviève a répondu, très jeune, à l’appel du Seigneur. Elle entre, en effet, au monastère de l’Annonciade à l’âge de 20 ans. Durant son noviciat elle entreprend des études d’infirmière durant deux ans à l’hôpital de la Croix Saint-Simon à Paris. Elle y rencontre Madeleine Siraudeau, sœur de notre ancienne Ancelle, Mère Marie de Saint François d’Assise.

Elles sont toutes deux de la même promotion. C’est l’immédiat après guerre et on ne mange pas toujours à sa faim au monastère. Par contre, à l’école, on la suralimente ce qui lui vaut d’en conserver d’excellents souvenirs !

Madeleine Siraudeau se souvient de l’aide efficace de Sœur Marie de Saint Jean lorsqu’il fallait faire ses premières armes pour  les piqûres, avec lesquelles Madeleine n’était pas très amie.

Sœur Marie de Saint Jean, très brillante,  sort première de sa promotion, avec les félicitations appuyées du jury. Au terme de ses études, elle reprend son noviciat.

Après ses années  de formation qui réclament de sa nature bien trempée, du courage,  de la générosité et de la ténacité pour vaincre les saillies de son tempérament, elle est prête à servir sa communauté.

Durant de longues années, elle soigne l’abbé Delépine, grand bienfaiteur du monastère. Infirmière de la communauté, elle fait aussi les piqûres à domicile. Chaque jour elle quitte la communauté et circule en vélo-solex. Tout le monde la connaît dans le quartier!  Elle est très appréciée de ses patients avec lesquels elle échange volontiers.

Plus tard, elle sera chargée de la conduite des travaux du monastère. Elle est très aimée des ouvriers, électriciens, plombiers, chauffagistes dont son neveu Jean-Louis qui viendra bien souvent dépanner nos chaudières et en assurer l’entretien.

Chargée aussi du rucher, la profession n’a aucun secret pour elle : essaims, récoltes, soins des abeilles… Experte en la matière, elle saura partager ses connaissances avec Sœur Marie de l’Eucharistie puis Sœur Marie Christine.
Aide-économe, elle aidera longtemps notre Sœur Marie Agnès, d’heureuse mémoire. Si elle exerça parfois sa patience, elle lui fut une collaboratrice sérieuse et zélée.

Lorsque le Cardinal Feltin s’est installé chez nous à la fin de sa vie, elle le soigna entourée d’une équipe de sœurs qui l’épauleront dans sa tâche d’infirmière. Ce furent des moments inoubliables de proximité avec ce grand prélat de l’Église de France et de l’Église universelle.

Lorsque des jeunes prirent la relève de ses diverses charges, elle travaillera aux ateliers de conditionnement, se donnant toujours sans compter, avec son caractère courageux, généreux, entier, parfois difficile. Mais chacune conservera toujours l’admiration pour l’aînée qui a fait ses preuves jusqu’au bout.

Elle termine sa vie à Toulouse, dans une structure spécialisée où elle a laissé un témoignage d’extrême gentillesse, de gaîté, de sourire. Une vraie annonciade.

Sa nombreuse et grande famille a toujours su l’entourer. Nous pensons tout spécialement à son frère Pierre, aîné de la fratrie, aujourd’hui âgé de 95 ans, qui réunissait, chaque année au monastère, les membres de la famille pour un pique-nique autour de « tante Gino ». Nous osons espérer que la tradition se perpétuera.

Si Sœur Marie de Saint Jean a su être le pivot de sa famille elle fut, pour nous, une sœur inoubliable ! Elle tenait sa place dan sa communauté comme nous avons tenté de vous le faire découvrir. Elle aimait le travail perlé et gare aux robinetteries qui ne brillaient pas de leur plus bel éclat, ou les coins qui avaient été oubliés par l’aspirateur !  Nous sommes à peu près toutes passées en apprentissage avec elle !!

Nous gardons le souvenir d’une soeur fraternelle et joyeuse qui savait nous faire rire ; qui savait aussi nous entraîner dans le sillage de Marie qu’elle honorait comme sa Dame et sa Mère selon le désir de sainte Jeanne de France.

Que le Seigneur vous prenne en grâce Sœur Marie de Saint Jean. Veillez sur les vôtres et sur votre communauté.

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