Juridiction franciscaine

Notice

En 1516, Marguerite d’Autriche fait venir à Bruges huit religieuses de Bourges pour fonder dans cette ville un nouveau monastère d’Annonciades. Après avoir logé chez les hospitalières de Sainte-Élisabeth, les moniales s’installent dans le couvent des Frères mineurs, ou Cordeliers, situé hors les murs – ceux-ci le leur ayant cédé. Le pape Léon X, par une Bulle apostolique du 14 juin 1516, établit ce monastère sous le vocable des Sept Douleurs de Notre-Dame.

En 1517, quelques sœurs hospitalières demandent à fusionner avec la nouvelle communauté. Marguerite d’Autriche elle-même songe à y entrer. Deux documents des Archives générales du Royaume de Belgique, à Bruxelles, en fournissent la preuve : une lettre de Marguerite d’Autriche à la mère Ancelle et un mémoire joint à cette lettre, transmis par Étienne, son fidèle serviteur. Mais elle meurt en 1530 avant de réaliser son désir. Cependant, au cours de sa dernière maladie elle aura le temps de demander à être ensevelie en habit d’Annonciade et d’exiger que son cœur reste dans la chapelle du couvent.  De son vivant, Marguerite d’Autriche soutient de ses revenus la nouvelle fondation, désirant que, par-dessus tout, ce nouveau monastère puisse vivre sans devoir mendier. Elle se charge aussi des réparations nécessaires – les Annonciades étant dans l’ancien couvent des Cordeliers, donc, déjà ancien. Plus d’une fois son livre de compte, actuellement aux Archives Générales du Royaume, mentionne un don en faveur du monastère de Notre-Dame des Sept-Douleurs de Bruges.

Donc, le 24 novembre 1516, huit Annonciades de Bourges arrivent à Bruges : les sœurs Charité de Malveaux, Marie Sanctière (ou Saincterre), Suzanne Chostelière (ou Jeanne Lhostellière), Anne Dorivel (ou Dorval), Estienne Robinette, Gilberte Lizyre, Marthe de la Grange et Pétronille de Cherre. Quatre d’entre elles ne figurent pas au nécrologe de Bruges, selon Marc Carnier dans son ouvrage sur les monastères Annonciades en Belgique (AGR, 1998). Ce sont : Anne Dorval, Jeanne Lhostellière, Estienne Robinette et Marie Sanctière. Elles sont donc passés par Bruges mais n’y sont pas restées. On peut donc penser que sur les huit arrivées à Bruges, quatre n’y ont fait qu’une halte et sont peut-être allées fonder ensuite Béthune… ? C’est le cas en effet pour Marie Sanctière, première Ancelle de ce monastère de Béthune.

Les sœurs de Sainte-Élisabeth qui accueillent les Annonciades à leur arrivée à Bruges sont au nombre de trente-quatre. Quelques-unes d’entre elles comme sœur van den Mersche, sœur Roseanne van Dhoorme, sœur Loyse Fritech demandent à se joindre aux huit arrivantes. Sur la demande de Marguerite d’Autriche, le Pape leur accorde de prendre l’habit des Annonciades. Ce qui est fait le jour de la Purification de Notre Dame 1517, en présence du père Gabriel-Maria, du magistrat de la ville de Bruges, de messire Symond de Quingey, seigneur de Montbaillon, premier Maître d’Hôtel de Marguerite.

En 1578, la guerre des Gueux fait rage. Le couvent est détruit ainsi que le reliquaire contenant le cœur de Marguerite d’Autriche mais les religieuses réussissent à sauver son cœur. En 1714, elles le placeront d’ailleurs dans un nouveau reliquaire. Chassées de leur monastère par la guerre des Gueux, les Annonciades s’installent au « Fluweelhof », ancien couvent de Chanoinesses. Là, elles construisent un nouveau monastère. Les travaux s’échelonnent de 1602 à 1636. L’Église, quant à elle, sera terminée en 1620. La vie conventuelle reprend son rythme, cela, jusqu’à la période révolutionnaire.

Le monastère est supprimé par un décret de Joseph II du 27 avril 1782. Les bâtiments sont démolis. Situation actuelle dans la ville de Bruges : rue des Annonciades, près de la Porte des Baudets.

Sources manuscrites

Archives franciscaines, St-Trond (versées au Kadoc), en particulier les manuscrits MF 16 et MF 58. Bibliothèque royale de Belgique, cabinet des manuscrits, fonds général, inv. n° 15862, 15865-66, cat. n° 5043, format C : ce fonds possède l’histoire de « La fondation du cloître des Annonciades de la ville de Bruges l’an 1517 et l’histoire de Marguerite d’Autriche qui le fonda » : manuscrit n° 15862. Il a été transcrit et imprimé par  le Monastère de l’Annonciade, Peyruis (F), 2007. Archives générales du Royaume (AGR), Bruxelles, archives du comité de la caisse de religion (CCR), carton 347. Bibliothèque royale de Bruxelles manuscrit n° 4502 (F2-18).  Voir aussi : Bib. Grand Séminaire de Bruges.

Sources imprimées

De Boom Ghislaine, Marguerite d’Autriche-Savoie , Librairie E. Droz (Paris VI) et Librairie Falk Fils (Bruxelles), 1935, pages 112 à 115 et 232 à 235 : passages relatifs aux annonciades de Bruges.

De Schrevel A. C., « Marguerite d’Autriche et le couvent des Annonciades », Annales de la Société d’Émulation (Bruges), 1924, t. LXVII, p. 108-124.

Duclos A., Bruges, histoire et souvenirs, 1910, pages 542.543 :  l’Annonciade de Bruges.

E.V, « Fondation par Marguerite d’Autriche du couvent de l’Ordre des Annonciades, à Bruges », La Flandre, Revue des monuments d’histoire et d’antiquités, directeur Émile Vanden Bussche, année 1880, Impr. Bruges, p. 114 à 118.

Jacquemin Juliette, Une princesse de jadis, Marguerite d’Autriche Librairie de France, Paris, 1930, pages 96 à 98 : Les annonciades de Bruges.

JLM., Tentoonstellingscatalogus van Sint-Jansgasthuis tot Riethove, zeven eeuwen sociale voorzieningen in Oudenburg, Een uitgave van het O.C.M.W. Oudenburg in samenwerking met het stadsbestuur, ter gelegenheid van de twintigste verjaardag van het rusthuis Riethove, 1966-1986, p. 59, n°11 : Handschrift van het Brugge Annunciatenklooster. [Catalogue de l’exposition de l’hôpital Saint-Jean de Riethove. Sept siècles de prévoyance sociale à Oudenburg. Une édition de la O.C.M.W., à Oudenburg, en collaboration avec la municipalité à l’occasion du 20e anniversaire de la maison de repos de Riethove, 1966-1986, p. 59, n° 11 : manuscrit du couvent des annonciades de Bruges.]

Lemaître Henri, « Marguerite d’Autriche et l’Annonciade », Revue d’Hist. Franc., t. VII, 1930, n° 12, janvier-juin 1930, p. 48-55.

Mullie R., Monuments de Bruges, B.O.W., Woluwe-St-Lambert, 1960, 1ère  partie : Églises et chapelles, n° 9, Couvent des annonciades – 2ème  partie : Les grands monuments funéraires, n°1., Couvent des annonciades. Jeanne de Touteville ; n°2, Couvent des annonciades. Marguerite d’Autriche.

RHF, tome 4, 1927, p. 265, 266, 267 ; tome 5, 1928, p. 165 ; tome 7, 1930, p. 52, 53 ; tome 8, 1931, p. 71, 72, 209, 214, 408-409 – Franciscana, 32, 1977, p. 125.

Van de Bussche Émile, « Fondation par Marguerite d’Autriche du cou­vent de l’Ordre des Annonciades à Bruges », Flandre, 1880, t. XI, p. 113-115.

Van Renynghe de Voxvrie Ch., (sous la direction de), Tablettes des Flandres, tome 3, Bruges, 1950, p. 306 à 350 : l’Épitaphier de Bruges. Couvent des annonciades.

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