Juridiction franciscaine

Notice

Le monastère de Rodez fait partie de l’ancienne province franciscaine d’Aquitaine, cela jusqu’à la révolution française de 1789. Il a été fondé par Hélyon de Jouffroy, prévôt de l’église d’Albi. Cet Hélyon de Jouffroy connaît l’évêque de Rodez, François d’Estaing, ainsi que la famille d’Amboise, bien connue des fondateurs de l’Annonciade. Il n’est pas non plus sans connaître les Annonciades, établies à Albi depuis une dizaine d’années. On comprend qu’il ait eu la pensée d’implanter à Rodez un rameau de la jeune fondation de sainte Jeanne de France. De plus, l’évêque de Rodez, François d’Estaing, entretient des relations amicales avec les Annonciades d’Albi qui le comptent parmi leurs « 10 amis spirituels ». En fait foi, un acte du 6 janvier 1516, signé de Marguerite Bodine, alors ancelle du monastère d’Albi. Il connaît également le père Gabriel-Maria. À l’époque, Gabriel-Maria est vicaire général de l’Observance, charge que lui a confié le chapitre de Rabastens, le 8 juin  1511.

Le nouveau monastère, qui est donc une fondation de celui d’Albi, se situe au sud du château de Caldegouse.  Le monastère s’édifie rapidement, dès 1519. Le style de l’édifice est gothique. La consécration du monastère à Notre-Dame de l’Annonciation donne lieu à une cérémonie solennelle, le 31 décembre 1524.  Outre la présence du bienheureux père  Gabriel-Maria, il y a celle de l’évêque François d’Estaing et, bien sûr, d’Hélion de Jouffroy qui s’engage à nouveau à doter le monastère. Celui-ci est dirigé par les cordeliers dont deux demeurent dans une maison située près du monastère.

François d’Estaing meurt en 1529, suivi de près par Hélion de Jouffroy. Un autre deuil va bientôt frapper les religieuses : celui de leur père, le bienheureux Gabriel-Maria, qui vécut les dernières semaines de sa vie parmi ses filles de Rodez. Il meurt le 27 août 1532. Dès sa mort, des miracles se produisent. Un culte s’instaure.

En 1741, le monastère compte trente religieuses. Au moment des événements révolutionnaires, l’ensemble de la communauté désire rester fidèle à leurs vœux.  Si l’anxiété monte chez les moniales qui voient se mettre en place tous les éléments d’une rupture avec la vie religieuse et si la crainte les étreint, à la nouvelle de la suppression des vœux monastiques, elles adressent néanmoins à l’Assemblée nationale une lettre où elles exposent leur désir de rester fidèles à leurs vœux :

« Nous supplions votre sagesse de dissiper les doutes de notre existence religieuse. Les motifs les plus saints, les considérations les plus douces, nous attachent à notre état. Libres dans notre choix, nous n’avons obéi qu’à l’impulsion de notre conscience. La main qui nous a guidées vers le cloître, a su verser pour nous sur ce séjour la consolation et la paix. Ce que nous avons fait, nous le ferions encore. Nos vœux, librement prononcés, ont eu Dieu pour objet, la loi pour garant, le ciel les a reçus, la terre les a ratifiés. Voilà nos titres, voilà le nœud indissoluble, voilà les chaînes sacrées qui nous lient ! Vous ne les briserez pas, Nosseigneurs. Pour nous rendre notre liberté, vous ne nous ôterez pas celle d’en faire le sacrifice […] Laissez-nous mourir en paix sous le même toit et sous la même règle ».

Les bâtiments du monastère ont été rasés en 1824 ; sur leur emplacement, le grand séminaire de Rodez a été construit. Les bâtiments de ce grand séminaire abritent actuellement un lycée.

Une question pour terminer : les sœurs Annonciades conservaient, à trois mètres incrustée dans le mur, à hauteur de leur chœur en tribune, la châsse du bienheureux père Gabriel-Maria, qui avait l’aspect d’une petite caisse en bois. Qu’est-elle devenue ? A-t-elle été profanée ou bien se cache-t-elle dans un château de la région ou bien dans un couvent ou monastère, ou bien encore, dans le grenier d’un presbytère ?

Sources manuscrites

Archives départementales de l’Aveyron, registre 3 E 2211 ; Archives nationales, 1790,  papiers du comité ecclésiastique, carton 16.

Lemaître  N., Fonds des Annonciades de Rodez, A.D. Aveyron, 34 H. Analyse sommaire dans l’ordre du numéro des documents dans les liasses, Université Paris I – Panthéon Sorbonne, 2002. Les Archives du monastère de l’Annonciade, Thiais, (AAT) possèdent une copie de ce document.

Sources imprimées

 « Architecture flamboyante et sources écrites en Rouergue : la carrière de  l’architecte Antoine Salvanh (vers 1479 – vers 1554) », études aveyronnaises, Recueil des travaux de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, 2003, passim, entre autres, p. 190-218.

Belmon Camille (Abbé). Le bienh. François d’Estaing, évêque de Rodez, 1460-1529, Rodez-Albi, 1924.  In-8°, XVIII-586 pp. Pag. 414-426 : La fondation du couvent de Rodez.

Benoit Pierre, Mon vieux Rodez, Res. Universis, Paris, 1990.

Bonal A., Histoire des évêques de Rodez, Tome II, Rodez, 1938, p. 424 sv : François d’Estaing.

Cathédrale de Rodez, Bulletin Des Amis de la Cathédrale De Rodez,  n°4, 2001

Combes de Patris B., « Note sur un reliquaire provenant de l’ancien couvent de l’Annonciade de Rodez », Journal de l’Aveyron, 21 janvier 1923.

D’Estaing François  : Testament », Revue Historique du Rouergue, n° 9, 15 septembre 1928.

De Grimaldi (Abbé) – Touzery, J. (Chan.). Les bénéfices du diocèse de Rodez avant la Révolution de 1789. État dressé par l’Abbé de Grimaldi, publié et annoté par M. le Chanoine Touzery. Rodez, 1906.  In-8°, VIII-856 pp. à 2 col.Pag. 221-231 : Religieuses de l’Annonciade de Rodez.

De la Gorce P., Histoire religieuse de la révolution française, tome 1er, livre 3, chapitre VI : les religieux et religieuses.

Delmas Claire, Cathédrale de Rodez, éditions du Beffroi, 1991.

Lempereur Louis. État du diocèse de Rodez en 1771, (publié en vertu d’une décision du Conseil général de l’Aveyron, Rodez, 1906. In-4°, XVI-775 pp.

Périé Jean-Marie, « Le clergé rouergat du Premier Empire à la IIIe République », Revue du Rouergue, nouv. Série, n° 9, printemps 1987, p. 7-30. Achat du monastère par le diocèse pour l’agrandissement du séminaire, 1828 (voir p. 8).

RHF, tome 3, 1926, p. 158, 160, 399, 409, 410, 566 ; tome 4, 1927, p. 356, 357, 359, 565 ; tome 5, 1928, p. 131, 132, 165 ; tome 8, 1931, p . 68, 72 ; FF, tome 4, 1921, p. 92 ; tome 5, 1922, p. 133, 149 ; tome 11, 1928, p. 144sv.

Servières Abbé L., Histoire de l’église du Rouergue, Rodez, 1874, p. 365 : couvent de l’Annonciade.

 Touzery (Chanoine), Rodez, 1906.  In-8°, VIII-856 pp. à 2 col.Pag. 221-231 : Religieuses de l’Annonciade de Rodez.

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