Juridiction franciscaine

Notice

Ce monastère est fondé en 1517-1518 par le bienheureux père Gabriel-Maria et Isabelle de Luxembourg, issue de la maison de Béthune, veuve de Jean de Melun : huit sœurs fondatrices dont Marie Saintière, une des premières filles de Jeanne de France. Celle-ci, entrée au monastère de Bourges, a fait un bref passage à Bruges, avant de devenir la première Ancelle de Béthune. L’Église est consacrée le 17 mai 1517 par François de Melun, oncle d’Isabelle de Luxembourg. Celle-ci a une telle affection pour les Annonciades qu’elle fait bâtir un hôtel particulier contigu au couvent où, par une porte de communication, elle vient chaque jour parmi les religieuses prendre part à leur vie régulière. Isabelle meurt en 1519 et est inhumée dans l’église des Annonciades.

Au cours du 17e– début 18e siècle la communauté compte jusqu’à quarante religieuses. En 1740, toutefois, elles ne sont plus que vingt-huit, avec ou sans les sœurs converses et tourières ? Les sources ne le disent pas.

Les Frères Mineurs observants sont supérieurs et confesseurs des Annonciades. L’histoire a retenu deux noms, celui de Jehan Clérici et celui de Nicolas Gazet. Du premier, il reste un certain nombre de sermons, en particulier ceux donnés par le père durant le temps de l’Avent à la communauté des Annonciades, entre 1517-1526. Du second, il reste une Chronique de l’Ordre fondé par sainte Jeanne de France, parue à Arras en 1607 : Chronique ou Institution première de la Religion des Annonciades. Les récollets, succédant aux cordeliers à Béthune, sont investis des mêmes droits et offices auprès des Annonciades. Bien qu’opposés au jansénisme, ils ne sont pas assez vigilants cependant pour empêcher les idées jansénistes de pénétrer dans le couvent. Trois religieuses – sœur Élisabeth Génier, sœur de la Conception Boitard, sœur Emmanuel de Saint-Ignace Dupuich – sont en effet priées de quitter le monastère le 1er février 1727 pour avoir embrassé cette doctrine.

Les religieuses portent un voile blanc, un scapulaire rouge pour les professes, blanc pour les novices.

En 1791, la communauté est dispersée par la Révolution française. Grâce à l’inventaire du 18 août 1790, conservé aux archives départementales, on peut reconstituer l’environnement familier des Annonciades :

Quand les officiers municipaux pénètrent au dortoir, ils trouvent sœur Cardine Flamant (ou sœur Marie-Françoise selon telle ou telle source) : diminuée mentalement, elle ne peut saisir la signification de la démarche des officiers municipaux dans son monastère….

Les religieuses ont une cuisine, un dépôt, un réfectoire, un ouvroir, une boulangerie, une buanderie. Elles ont aussi un cloître. L’infirmerie possède sa propre cuisine, sa pharmacie.

La pièce du noviciat comprend six fauteuils, cinq coffres avec des livres d’instruction. Le dortoir de la communauté comprend trente-deux cellules. Chaque sœur dispose d’une chaise, d’une table, d’une armoire, d’un coffre, d’un lit avec une paillasse.

Les officiers visitent également l’oratoire, avec son reliquaire, et la salle du chapitre. Le monastère possède cave et grenier. Il possède également une chambre pour accueillir les personnes séculières, une chambre avec deux lits pour les sœurs tourières, une autre occupée par une demoiselle Lemaire. Les Annonciades ont même quelques instruments de musique comme trois violons, un clavecin.

Le 15 août 1790, les officiers municipaux réunissent la communauté au chapitre afin de leur demander leur intention : sortir de leur couvent ou y demeurer ? Toutes répondent vouloir rester dans leur monastère. En 1791, la communauté est dispersée. D’après E. Beglin, dans son ouvrage Béthune sous la période révolutionnaire, datant de 1902 : aucune religieuses Annonciades de cette ville n’a été emprisonnée ou exécutée sous la terreur.

Le monastère a été démoli. Sur son emplacement, des fouilles ont eu lieu dans les années 1995. Situation dans la ville du Béthune : rue Ferdinand Bar – rue de la Délivrance.

Sources manuscrites 

Archives départementales du Pas-de-Calais (Arras) : vêtures et professions du monastère de Béthune , 1743‑1780, 3 E 119, registre conservé au centre Mahaut d’Artois (Dainville) ; relations des Récollets / Annonciades   35 H 4 ; inventaire du monastère de Béthune, août 1790, septembre 1793. Les Chroniques de Flandres et d’Artois donnent quelques éléments sur l’histoire des annonciades de Béthune : manuscrit 4 Z 395/3 : « Remarques sur la ville de Béthune, tirées des anciennes chroniques de Flandres et d’Artois ».

Hibon, Épitaphier : église des annonciades de Béthune, manuscrit 90‑111 des Archives départementales, Arras.

Bibliothèque Municipale, Douai, manuscrit 967, p. 229 : les annonciades de Béthune.

Bibliothèque de l’Arsenal, Ms 2110, sermons de Jean Clérici. La Bibliothèque Municipale d’Arras possède un exemplaire de ces sermons.

Sources imprimées

Beglin E., Histoire de la ville de Béthune, 1873

Cornet Ed. (Chan.) Histoire de Béthune. Béthune, 1892. Deux volumes in-8°, XV-680 et XXIX-516 pp. Plusieurs pages sont consacrés aux annonciades de Béthune.

Derville Alain, (sous la direction de), Histoire de Béthune et de Beuvry,  1985.

Honoré Patrick, « L’Histoire d’une communauté religieuse, les annonciades de Béthune », L’avenir de l’Artois, 21 février 2002.

Legillon D. « Sur le site de l’ancienne école de Maintenon, le couvent des annonciades livre une partie de ses secrets »,  Avenir du Pas de Calais, 27 mai 1994.

Lemaitre Katia, « L’Abiette », Le Guetteur de Béthune, Bulletin du Comité Historique et Artistique de la région de Béthune, n° 2, novembre 2002.

Revue d’Histoire Franciscaine, tome 1, 1924, p. 116 ; tome 5, 1928, p. 165 ; tome 7, 1930, p. 71-72 – FF, tome 4, 1921, p. 92.

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