Juridiction des Frères Mineurs

 

Notice

Le monastère est fondé par les Annonciades Bourges, en 1637, au temps de la Mère de Rhodes, Ancelle de la communauté, sous le vocable des « Dix Vertus ». Ce monastère annonciade se situe dans un premier temps rue des Saints Pères. Là, les sœurs accueillent des Annonciades de Picardie, chassées par la guerre de Trente Ans. Puis, la communauté s’installe rue de Sèvres, près de l’Abbaye bénédictine de Saint-Germain des Prés, Congrégation de Saint-Maur.

Au moment de la fondation, les religieuses reçoivent la permission de célébrer l’office divin, de l’official de l’Abbé de Saint-Germain, après que le duc d’Orléans leur a donné 2000 livres de rentes à prendre sur les biens de Mademoiselle (Princesse de Condé) ; ce dernier désire qu’elle soit regardée comme fondatrice du couvent. Les Annonciades sont introduites dans leur nouveau monastère le 20 octobre 1640 par Dom Benoît Brachot, prieur et grand vicaire de l’Abbé de Saint-Germain. Le lendemain, il bénit la chapelle ainsi que les lieux réguliers existants car la construction est en cours. C’est seulement en 1643 que l’ensemble du monastère est bénit par le même prieur.

Les Annonciades ont eu quelques difficultés, lors de leur arrivée à Paris, de la part de l’Abbé commendataire Henri de Bourbon parce qu’elles n’ont ni de lettres patentes d’établissement, ni les fonds nécessaires et fixes pour leur entretien. Mais grâce aux 2000 livres de rentes du duc d’Orléans, les choses se sont arrangées. Ainsi, l’Abbé de Saint-Germain leur accorde la permission de s’installer. Bien que les religieuses soient sous la direction et dépendance des Cordeliers de l’étroite observance de Saint-François, l’official de l’Abbé de Saint-Germain les oblige néanmoins  de reconnaître l’Abbé de Saint-Germain ou son grand vicaire comme leur supérieur, voulant conserver sa juridiction sur ce monastère comme sur tous ceux qui se trouvent autour de l’Abbaye. L’Abbé de Saint-Germain voit donc d’un mauvais œil la juridiction des Cordeliers. En 1654, au moment où la communauté rencontre de grosses difficultés financières, les bénédictins ne vont pas faire grand chose pour la tirer d’affaires… Si bien que les Annonciades vont être obligées de vendre leur monastère. Les cisterciennes, chassées du diocèse de Noyon par la guerre, l’achètent et s’y installent. Le monastère devient alors l’Abbaye aux Bois. En quittant Paris, les Annonciades sont-elles retournées dans leur monastère d’origine, c’est-à-dire, Bourges ? Les sources sont muettes à ce sujet.

Les cisterciennes quittent l’abbaye aux Bois au moment des événements révolutionnaires de 1789. Devenue prison sous la Terreur, l’abbaye est vendue en 1797 à des financiers. Ceux-ci la revendent en 1807 aux Chanoinesses Augustines de la Congrégation de Notre-Dame. Celles-ci ouvrent un pensionnat pour jeunes filles pauvres ainsi qu’une maison de retraite pour veuves ou « demoiselles ». C’est là que Madame Récamier (1777-1849), soumise à des revers de fortune, s’installe de 1819 jusqu’à sa mort. Elle y tient un salon, assez réputé, où se réunit le Paris littéraire et romantique de l’époque : François-René de Chateaubriand, Alphonse de Lamartine, Alfred de Musset, Victor Hugo…

Actuellement, à l’emplacement de l’ancien monastère des Annonciades et de l’ancienne abbaye cistercienne, se trouve toujours la Congrégation Notre-Dame des Chanoinesses Augustines. La majeure partie des bâtiments anciens ont été démolis en 1908. Cependant, on peut y voir encore quelques vestiges du 17è siècle. Situation : 11, rue de la Chaise (75007).

Sources manuscrites

Archives Nationales (liasse S 4412, liasse L 772). Le minutier central des archives nationales comporte des documents concernant les deux monastères parisiens de l’Annonciade situés près de l’Abbaye Saint-Germain des Prés, sous l’Ancien Régime. Pour celui des Dix Vertus : 1639/1649 et 1681, 30 références.

Archives départementales du Cher, fonds des Annonciades 42 H 13.

Sources imprimées

Berty A., Topographie historique du vieux Paris, imprimerie nationale, 1882.

Bouillart Dom Jacques, Histoire de l’Abbaye de St-Germain des Prés, Paris, 1724, p. 230.

Félibien Michel et Lobineau Guy Alexis, Histoire de la Ville de Paris, Paris, impr. Desprez 1725.

FF, tome 4, 1921, p. 92.

Heurtant et Magny,  Dictionnaire ecclésiastique de Paris, tome II, 275.

Hillairet J., Connaissance du vieux Paris, Paris, 1945, p. 28,29,336,337,460,461.

Lambeau Lucien, L’abbaye-au-bois de Paris (1638-1906), Commission du Vieux Paris, Paris, 1905, p. 239-240 ;241-242.300.

Recueil des actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France, tome IV, 1768, p. 523-528.

Ribot John E., Sur les pas de Saint Vincent de Paul, Nouvelle Cité, 2010 : 3. Hôpital des Petites Maisons ou Petits Ménages.

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