Juridiction franciscaine

 

Notice

1607 ou 1608, telle est la date de fondation du monastère des Annonciades de Nivelles. Avec la permission des Souverains espagnols (Albert et la reine Isabelle), de l’évêque de Namur, Monseigneur  Wallon-Capelle, huit annonciades quittent Louvain pour Nivelles. Du chapitre de la collégiale Sainte-Gertrude, elles reçoivent l’église de St-Maurice et achètent des terrains autour pour y bâtir leur monastère. Une personne noble, Catherine de Haensbruck, subvient aux besoins matériels de la jeune fondation.

Les fondatrices sont les Sœurs Anna de Smidt, (ancelle), Agathe Deltz, Joanna Spoelberg  (maîtresse des novices), Barbara d’Egmpont, Wilandt, Helena Stanihurst, Joanna Preter, Adriana Dantienne. Elles sont reçues solennellement par la ville. Très vite, la communauté reçoit de nouvelles vocations. Durant les 12 années où elle a été maîtresse des novices, sœur Joanna Spoelberg a reçu 19 jeunes sœurs. En 1621, elle est élue Mère Ancelle. Durant son supériorat, elle va admettre 31 sœurs  à la Profession. En 1621, elle envoie six sœurs fonder le couvent de Namur. Ce sont les sœurs Agatha Deltz (première ancelle de Namur), Maria Corbisier, Joanna de Preter, M. Jambline, Odilla Marchant, Marie de Bollec.

En 1631, la guerre des Gueux fait des ravages dans la région. Les sœurs se réfugient à Mons dans la maison de Monsieur Vanderbeken, dont le fils, prêtre, va servir d’aumônier à la communauté durant son exil. Les sœurs restent un an à Mons. Après cette année, elles retournent à Nivelles où elles sont reçues avec joie par le chapitre de la cathédrale Ste-Gertrude, la population, les magistrats de la ville. Les cloches sonnent leur retour !

1689 : un incendie se déclare pendant que la communauté chante l’office de matines. Ayant le souci de garder la clôture, et se rappelant l’incendie du monastère des Annonciades de Bruxelles où les sœurs furent pillées et volées par des personnes, sous prétexte de venir les aider, elles laissent entrer les secours qu’avec difficulté. Seuls, des voisins sûrs ont pu entrer. Tout est brûlé sauf l’église et les reliques.  Durant six semaines, les sœurs trouvent refuge à l’infirmerie du couvent des Récollets. Là, elles vivent selon leur Règle, respectant leurs us et coutumes. L’église sera à nouveau consacrée par l’évêque de Namur – « de peur que durant la guerre on l’ait profanée » précisent les sources. Cela laisse à penser que l’origine de l’incendie est certainement due à la guerre.

Depuis la fondation du monastère jusqu’à sa fermeture en 1784, sont décédées 146 religieuses. Beaucoup ont frappé leur entourage par leur rayonnement. Ainsi :

Catarina de Haensbruck, chanoinesse de la collégiale de Sainte-Gertrude. Elle donne ses biens aux Annonciades et prend l’habit de l’Ordre en 1614. Mais la maladie ne lui permet pas de poursuivre sa vie monastique. Avec regret elle y renonce mais ne continue pas moins d’aider matériellement les Annonciades et surtout de leur donner toute son affection.

Joanna Spoelberg meurt au couvent de Nivelles le 23 août 1637. Un pilier de l’Annonciade de Nivelles. Elle fait profession à 22 ans, au monastère de Louvain, en 1602. Elle part fonder Nivelles en 1607 comme maîtresse des novices, charge qu’elle exerce durant 12 ans. Elle a formé 19 sœurs avec amour et fermeté. Le 10 mars 1620, elle est élue Ancelle et durant 17 ans elle est un exemple joyeux et rayonnant dans la pratique des vertus : ancelle charitable, douce,  capable de consoler tout le monde. Durant son supériorat, 31 sœurs sont entrées au monastère et y ont fait profession.

1620 entre au monastère sœur Ludovica de Berlaimont. Avant son entrée, elle est chanoinesse de Sainte- Gertrude. Elle meurt en 1655 laissant à ses sœurs le souvenir d’une sœur charitable, humble, dévouée envers les sœurs malades, patiente dans les difficultés.

Le 11 septembre 1671 meurt à 70 ans sœur Robertine Longiez, ayant 49 ans de profession monastique. Tour à tour, portière, maîtresse de chœur, assistante (durant 6 ans), Mère ancelle (durant 25 ans).

Le 13 avril 1682, décède Mère Francisca Guillet, 56 ans de vie religieuse. Elle a suivi le chemin de la vertu et de la foi. 14 ans, maîtresse des novices ; 25 ans assistante ; 10 ans ancelle. Exemple de paix, de charité, de patience, d’acceptation de la volonté de Dieu, d’obéissance à la règle et aux us et coutumes, pratiquant les « oraisons jaculatoires ».

29 juillet 1663, meurt sœur Héléna Stanihurst. Elle est entrée à Louvain à l’âge de 18 ans. Son Père, issu d’une famille honorable de suisse et sa mère, issue de la famille royale anglaise : tous deux ont vécu à Bruxelles loin de leur pays et de leur fortune à cause de leur foi catholique. Ils ont six enfants : deux garçons qui sont devenus jésuites ; quatre filles qui sont devenues Annonciades à Louvain. Sœur Héléna, l’aînée des filles, est envoyée à Nivelles. Elle a été pendant 58 ans un exemple d’humilité, de charité, de fidélité.

État du monastère en 1663 : huit moniales de chœur. L’Ancelle est sœur Robertine Longiez et son assistante, Françoise Guillot. Les autres sœurs : Elisabeth de l’Ancre, Catherine de Mortoimont, Marie Vander Beken, Walburge de Lescailson, Jacqueline Courtoy et Catherine Gilbert. Les noms des sœurs converses et tourières ne sont pas connus.

En 1704, une Fraternité en l’honneur du Sacré-Cœur est érigée par un bref de Clément XI, daté du 28 février.

En  1769, le 16 mai 1769, la Mère Ancelle de Nivelles écrit à celle de Louvain qu’une novice de Nivelles a été guérie miraculeusement par l’intercession de sainte Jeanne, au jour où la solennité de la sainte. Cette sœur, écrit-elle, « n’a pas été d’une parfaite guérison mais cependant toujours des mieux en mieux… » Mais, la sœur retombe malade le jour de sa Profession. Alors sainte Jeanne est de nouveau invoquée par la communauté. Petit à petit la sœur se remet. Et le jour de la Pentecôte, elle peut enfin faire sa profession. La Mère Ancelle ensuite raconte un  autre miracle dû à l’intercession de sainte Jeanne. La guérison d’une personne de 60 ans, handicapée par une fracture. Alors la communauté, « voyant augmenter tous les jours la dévotion à sainte Jeanne » a fait imprimer des images de la sainte à Anvers.

La ville de Nivelles possède un couvent de Sœurs Conceptionistes. Les origines franciscaines des Annonciades et des Conceptionistes ont créé des liens entre ces deux monastères. En effet, on a retrouvé dans les Chroniques des Conceptionistes les dates marquantes des Annonciades de Nivelles : par exemple, 1608, leur arrivée à Nivelles, 1623, leur fondation de Namur etc.

État du monastère en 1782 :  18 religieuses professes de chœur, 3 sœurs converses, 3 sœurs tourières, 1 novice.

1784 : suppression  du couvent. La décision est prise par le gouvernement du Brabant, en mai 1784. Le procès verbal du 26 mai 1784, en effet, signifie à la communauté « qu’elles sont du nombre de celles que sa Majesté a résolu de supprimer…. » Les Annonciades vont protester mais sans résultat. Elles écrivent en effet une lettre aux « Seigneurs des États souverains de Brabant en leur assemblée, à Bruxelles ». La lettre est signée par toutes les religieuses de chœur.

Jusqu’en 1963,  date de leur démolition, les bâtiments de l’ancien couvent des Annonciades de Nivelles ont abrité l’institut Saint-Michel.

Enfin, la bibliothèque des Annonciades de Nivelles laisse entrevoir la vie spirituelle de la communauté. Voici la liste de quelques ouvrages possédés par la communauté :

Robert Arnauld d’Andilly, La Vie de sainte Thérèse, Paris, 1697 ;

Pierre de Ribadeneira, Les Fleurs des vies des saints, Paris, 1628 ;

Antoine Godeau, La Vie de saint Charles Borromée, Paris, 1657 ; La Vie de saint François Borgia, Paris, 1672.

Cueillens, Les Douze étoiles qui composent la couronne de la sainte Vierge, mère de Dieu ou 12 panégyriques faits en son honneur, Paris, 1676 ;

Joseph de Gallifet, L’Excellence de la pratique de la dévotion à la Sainte Vierge, Paris, 1741 ;

La Vierge souffrante par un récollet, Mons, 1694.

Pierre Caffeneyer, Histoire du très‑Saint‑Sacrement de miracle, Bruxelles, 1720.

Nicolas Caussin, Le Buisson ardent figure de l’Incarnation contenant 24 discours sur les mystères de l’Advent, Paris, 1648 ;

Jacques Coret, L’Ange gardien protecteur des mourants, Liège, 1686 ;

Alphonse Rodriguez, Pratique de la perfection chrétienne, Paris, 1624 ;

Id., Traité de l’oraison, Paris, s.d. ;

Jean‑Baptiste Saint‑Jure, De la connaissance et de l’amour du Fils de Dieu…, Paris, 1634.

Charles Gaultier, La Neuvaine engageante, Liège, 1715 ;

Maria d’Agréda, La Cité mystique de Dieu…, trad. par Thomas Croset, Bruxelles, 1717 ;

Léger Soyer, Œuvres spirituelles, Paris, 1674 ;

Gilles Zuallart, Conquête du Ciel par la Pratique de XXV leçons que notre grand maistre Jésus fait en son école eucharistique. Avec un salutaire traité de la confession sacramentale et remèdes aux scrupules, Mons, 1667.

[Bernard de Clairvaux], Les Sermons de saint Bernard, Louvain, 1567 ;

Pierre de Bérulle, Discours de l’état et des grandeurs de Jésus, Paris, 1623 ;

Joseph Lambert, L’Année évangélique ou Homélies sur les évangiles de tous les dimanches de l’année, Paris, 1696 ;

Marc de Saint‑François, Mine d’or dans laquelle l’on découvre le fin or des grâces célestes qu’on tire du fréquent et bon usage des SS sacrements de pénitence et d’eucharistie…, Anvers, 1687 ; Le Miroir du pécheur, Bruxelles, 1645.

Guillaume Estius, Histoire des martyrs de Gorcum…, Douai, 1606.

Charles Gobinet, Instruction de la jeunesse, Bruxelles, 1685 ;

Jean Vigneron [Veneroni], Le Maître italien, Lyon, 1695.

Boétius de Bolswerts, Le Pèlerinage de Colombette et Volontairette… vers Jérusalem, Bruxelles, 1684.

 

Sources manuscrites 

Archives franciscaines de Saint-Trond (B), manuscrit APB M. Fl. 16 ; Archives des Annonciades de Westmalle (B) série H n°4  ; Archives ecclésiastiques du Brabant, nos 15419 à 15421, cartes et plans n° 630 ;  Archives Générales du Royaume (Bruxelles), Comité de la Caisse de Religion 467 ; Bibliothèque de la Ville de Paris, n° 7008 « la Règle des religieuses… à l’instance des Annonciades de Nivelles ».

 

Sources imprimées

Carnier M., « De orde van de allerheiligste Maagd of (Franse) annuntiaten, monasticon », Bibliografische inleiding tot de Belgische kloostergeschiedenis voor 1796, nr. 8, Brussel, 1998. [L’ordre de la Très Sainte Vierge Marie ou Annonciades françaises, Monasticon (Introduction bibliographique à l’histoire des couvents belges, avant 1796 ], Brussel, Algemeen Rijksarchief, [Bruxelles, Archives Générales du Royaume], 1998, 198 p.

De Gallifet Père, « De cultu sacrosancti Cordis Domini Nostri Jesus Christi », Rome 1726, p. 168, n. 73. L’ouvrage mentionne la Fraternité dédiée au Sacré Cœur du monastère de Nivelles.

Destrat Léon, « Couvent des annonciades, à Nivelles en 1663 » dans Annales du centre archéologique du canton de Soignies, tome 18, 1958,  pages 101-102.

Henneau Marie-Élisabeth, « Nivelles et Namur : deux maisons francophones d’Annonciades aux Pays-Bas méridionaux (XVIIe et XVIIIe siècles) »,dans  Jeanne de France et l’Annonciade, Cerf, 2004, p. 205. L’auteur donne des indications de sources.

Lecocq Georges, « Jeanne de Valois dite de France », Rif tout dju, janvier-février 2006, p. 32-45. Une partie de l’article est consacré au monastère de Nivelles.

Lecocq Georges, « Les congrégations religieuses à Nivelles jusqu’à nos jours », Rif tout Dju, n° spécial, n° 333, mars 1991, p. 3-19.

Musch Ph., « L’école des frères », Rif Tout Dju, n° 270, mars 1984.

RHF, tome 4, 1927, p. 267, 268 ; tome 5, 1928, p. 140, 165 ; tome 7, 1930, p. 212.

Stocq A.F., Soeur Rose, conceptioniste, imprimerie Havaux, Nivelles, 1950, p. 44 à 47 : Les annonciades de Nivelles.

Vandendries Jean, Les rues de Nivelles de A à Z, Nivelles, sd, p. 25 : L’Annonciade de Nivelles.

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