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Vocation franciscaine Discerner-Accompagner

Prédicateur : père Max de Longchamp

Nevers, 22 – 25 janvier 2015

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Quatre jours de plongée dans la Tradition et la Spiritualité chrétiennes 

Là, se trouvent les clés qui peuvent aider à reconnaître une véritable vocation à la vie consacrée, qui peuvent aussi l’aider à grandir et à s’épanouir. C’est dire qu’au fil des entretiens, le goût de cette Tradition, le désir de s’y plonger ou de s’y replonger, de se replonger aussi dans ses propres sources franciscaines, a été éveillé ou réveillé en chacun des participants par un prédicateur convaincu et compétent.  Le père Max de Longchamp, du Centre saint Jean de la Croix, en Berry, est en effet tout pénétré de ces maîtres de la vie spirituelle qui sont pour lui comme des amis, des frères aînés ayant balisé la route du vrai discernement, de la véritable direction spirituelle. On ne se perd pas, en suivant leurs traces. Les textes, particulièrement bien choisis, ont mis en lumière divers cheminements de vocations. Leur lecture permet de voir que, si les circonstances, les modes de vie, le climat culturel changent, les lois de la vie spirituelle, quant à elles, demeurent, car le christ en est le seul Maître. Voici quelques grandes lignes des études de textes qui ont été données.

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La vie chrétienne comme vocation

Lecture de textes de William Faber, Charles Gay,Tauler.

 « Toute vocation est en référence  à Jésus ». C’est ainsi qu’une vocation relève avant tout du « surnaturel » et non du « psychologique », que le discernement d’une vocation se situe au niveau des « signes » et non des aptitudes et des compétences, bien que celles-ci aient leur place, mais elles ne sont pas premières. Les Ordres religieux et les Instituts de vie consacrée ne sont pas des entreprises ! La vocation n’est pas un « projet » mais une fidélité à la grâce de Dieu ; elle est donc une histoire, celle avant tout d’un chrétien, d’une chrétienne qui cultive sa relation au Christ, avant d’entrer dans telle ou telle famille religieuse, s’il y est appelé, et de découvrir ceux qui ont fait le chemin avant eux.

La perception d’une vocation

Lecture de textes de Lucie Christine, Noël Courbon, François Libermann

« Sans nul pourquoi ». Les époques changent. Actuellement, on n’est plus dans une logique chrétienne ; les méthodes de formation doivent en tenir compte. Par contre, ce qui est permanent, c’est que, à la source de toute vocation, il y a un événement, et non un raisonnement intellectuel.  Celui qui est appelé sait que c’est Lui, le Christ, d’où sa volonté de Le suivre. Il dit « oui ». Pas de vocation donc sans attrait. L’attrait n’est pas l’envie ni la compétence, mais une attirance vers, on se sent porté à, on ne se sent pas capable mais on est rendu capable par grâce de Dieu. L’attrait est du domaine du surnaturel. Cet attrait surnaturel a cependant des échos dans les envies, dans l’intelligence, il peut entrer en concurrence avec les aptitudes. Mais suivre le Christ suppose toujours un attrait pour sa Personne, un attrait que Lui-même a donné. Et le fruit de cet attrait est la paix, la joie de l’esprit.

Une véritable vocation entraîne toujours avec elle un progrès humain. La personne se construit, s’épanouit, il y a en elle une nouvelle cohésion intérieure, un enrichissement de la nature, une dilatation de son humanité, un nouvel élan.  Mais si la personne se déconstruit,  c’est le signe d’une absence de vocation.

On peut distinguer deux sortes de vocations : celle extraordinaire et celle ordinaire. L’extraordinaire est sans pourquoi, sans raison. L’attention de la personne est subjuguée, violemment séduite. L’ordinaire est progressive. Il n’y a pas eu de « coup de foudre », mais elle n’en est pas moins surnaturelle. Dans les deux cas, la personne appelée sait qu’elle n’y peut rien, qu’elle ne peut aller contre l’appel entendu.

La vocation à la vie consacrée

Lecture de textes de Saint François de Sales, Maur de l’Enfant Jésus, Martial d’Étampes, Sainte Claire, Hubertin de Casale.

 « Être Jésus » : tel est le dénominateur commun de toute vocation à la vie consacrée. L’intention première d’une vocation peut être imparfaite. Mais cet imparfait est un point de départ pour un véritable mûrissement conduisant à une nouvelle manière de vivre. Certes, cela demande de travailler sur soi, un travail qui va de pair avec une compréhension meilleure de Dieu, un désir de se laisser faire plutôt que de faire, avec un désir de s’unir au Christ d’une manière toujours plus vraie et plus profonde et de faire, comme Lui, la volonté du Père. Car l’unique prétention de la vie consacrée est bien l’union à Dieu. Chemin de mûrissement et d’épanouissement plutôt que chemin de redressement !  Non pas tuer ce qui s’éprouve en la personne mais laisser mourir le moins bon, laisser tomber ce qui n’en vaut pas la peine, pour laisser émerger une nouvelle manière de vivre.

Afin de ne pas partir dans une générosité mal comprise, avoir l’audace de poser la question : « Est-ce que tu es un inconditionnel de Jésus ? » Car la vie consacrée est sous le signe de la gratuité, du désintéressement, ce qui est autre chose que la générosité.

« Se quitter soi-même » : autre dénominateur commun de toute vie consacrée. Cela suppose une radicalité, de secrets renoncements. Mais renoncer ne détruit pas, au contraire, cela rend libre, libre de tout ce qui peut trop nous attirer vers nous-mêmes. Il est important de faire comprendre cela aux jeunes, dès le début.

« Deux caractéristiques d’une vocation franciscaine » : attrait pour Jésus en sa Passion et pour la pauvreté, en un mot pour le Christ pauvre et crucifié.

La réponse à la vocation

Lecture de textes de saint François de Sales, Jean-François de Reims, sainte Marie de l’Incarnation.

« Une vocation n’agite pas mais agit ! » : l’attrait à la vie consacrée conduit la personne à comprendre sa propre vie toujours plus en référence au Christ, à la comprendre comme une suite du Christ. L’intention première va alors progressivement se rectifier, se polariser sur le Christ seul. Mais il faut du temps. D’où l’importance pour les candidats à la vie consacrée d’avoir un vrai noviciat.  Le temps est en effet important. Éviter de se mettre dans une logique trop humaine ; discerner une vocation, ce n’est pas faire un bilan de compétences. Devant certaine immaturité, il est peut-être meilleur d’être indulgent en donnant à la personne le temps de mûrir, de se construire, que de prendre une décision trop rapide pour un engagement. Mais parfois un « coup de pouce » s’avérera profitable car libérant pour la personne hésitante, à condition bien sûr que cela soit fait au bon moment et que les raisons suffisantes de le faire soient réunies.

Si, d’aventure, il y a eu au départ erreur d’aiguillage, mais si la personne a pu malgré tout s’épanouir et se construire, grandir dans le désir de s’unir toujours plus profondément au Christ, alors, elle ne s’est pas trompée car une vocation se vérifie dans le progrès spirituel qu’elle provoque. On ne se trompe pas avec le Christ !

En ce qui concerne la question de la persévérance, de la fidélité : quand Dieu appelle à une vocation particulière, il donne les moyens à la personne de la vivre ; Dieu s’engage à donner tout ce qu’il faut à celui qui s’engage. Le dire aux jeunes. Il y aura peut-être des moments difficiles mais la fidélité est toujours possible. On trouve souvent mille excuses aux défections mais il y a tout de même la responsabilité de la personne qui décide de partir. Mais celle-ci est alors prise dans la miséricorde de Dieu, et le lui dire, quand elle maintient sa décision de partir.

Parfois, on peut avoir un doute sur la persévérance de quelqu’un. Mais cela n’autorise pas à ne pas l’accepter. La question est de voir s’il a un appel, aujourd’hui. Demain s’occupera de demain. Pas de calcul, donc, ni de probabilité !

Enfin, d’où peut venir la non-persévérance ? Peut-être bien de l’oubli du Christ, de l’oubli de Dieu. Mais Dieu donne toujours sa grâce et pardonne. Alors, tout reste possible….

Vocation, attrait et aptitudes

Lecture de textes de  Jean-Jacques Olier, François Libermann, saint François de Sales, Charles Gay.

« Est-ce que c’est Jésus qui t’attire ? » : une question à poser aux candidats ! Encore un dénominateur commun à toute vie consacrée.  Mais comment savoir si cet attrait n’est pas de l’ordre de l’imagination ?  L’imagination provoque souvent chez la personne agitation, excitation tandis que l’attrait véritable est paisible, Jésus étant comme une musique de fond en elle. Mais s’il y a véritablement attrait, alors, ne pas s’étonner des dégoûts, des tentations et des difficultés. Tout cela est le signe que la vocation est vraie et surnaturelle, en marche vers son véritable accomplissement.

Pas de précipitation, ni de décision quand il n’y a pas la lumière suffisante permettant de d’accepter un candidat, une candidate. Quand quelqu’un tâtonne, attendre, laisser  mûrir. Mais, si la personne veut suivre sa propre volonté, il faut alors décider. Ce qu’il faut repérer, dans une vocation, c’est l’attirance pour le Christ, si la personne est une inconditionnelle de Jésus-Christ. Ce qui est premier, encore une fois, ce ne sont pas les aptitudes mais les signes.

Parfois, se pose la question d’une réorientation d’une vocation. C’est chose délicate. Cela demande prière, réflexion, conseil, discernement afin de voir si cela vient de Dieu ou non. Le désir de changer d’orientation peut être empli d’illusion. Un critère de discernement : accepter cette réorientation si elle permet une croissance chez la personne concernée, sinon le mieux, pour elle, est de poursuivre la route commencée. Une fois la décision prise – changer d’orientation ou non – s’y conformer.

Certes, la vocation n’oblige pas, comme une loi, de même les conseils évangéliques. « Si tu veux » dit Jésus au jeune homme riche de l’Évangile. Donc, la non persévérance n’est pas un péché, mais elle peut être, par contre, une tristesse : « et il s’en alla tout triste car il avait de grands biens »…

Si le choix d’une réorientation n’est pas clair, alors il vaut mieux ne pas l’envisager, même en cas de réelles difficultés. Si dans la prière Dieu se tait, c’est que le meilleur est de continuer la route commencée.

Les conditions d’un bon discernement

Lecture de textes de Noël Courbon, jean-Joseph Surin, Charles Gay, François Libermann.

« Une vocation, c’est une histoire ». Comment savoir si la personne fait le bon choix, si elle fait, comme on dit, la volonté de Dieu, si son inspiration d’embrasser la vie consacrée vient de Dieu ? Les signes permettant de reconnaître le bien fondé d’une vraie inspiration sont l’attirance vers le bien, la paix, l’humilité, la prière. Si l’inspiration vient de Dieu, la personne devient meilleure, c’est-à-dire, meilleure chrétienne, elle est portée à la solitude, au silence sur soi-même. Une fausse inspiration, au contraire, ne rend pas meilleur, on fuit le présent ; il y a trouble, inquiétude, complication, manque d’obéissance aux conseils donnés par ceux qui représentent l’Église.

Une vraie inspiration devrait entraîner une sainte indifférence ; devant Dieu, on se « déconnecte » de tout désir, de toute envie pour discerner l’inclination intérieure qui va en résulter, la pente qui va se dégager. Cette inclination, cette pente, est Parole de Dieu. L’attrait de Dieu doit l’emporter et donner du poids au choix à faire.

Toutefois, derrière une chose naturelle, peut se cacher un attrait surnaturel qu’il faut savoir découvrir à travers les circonstances, tel événement ; l’attrait surnaturel n’ignore pas la nature ; au contraire, il passe par elle. Tout chemin peut être chemin de Dieu, chemin vers Dieu.

Pour certains, des délais sont parfois nécessaires avant la décision de faire le pas dans telle ou telle étape de la vie consacrée. C’est vrai quand la personne ne s’est pas encore appropriée sa vocation ; il est bon de la laisser mûrir afin qu’elle puisse décider par elle-même, que par la suite elle sache que c’est bien elle qui a pris la décision et non pas un autre. Cependant, il est bien vrai aussi qu’accueillir un candidat, une candidate ne demande pas d’attendre que toutes les conditions soient réunies pour  le faire mais demande à voir s’il ou elle est capable d’avancer dans la voie envisagée. Trois verbes importants : encourager, guider, laisser mûrir.

 Comment décider ? 

Lecture de textes de François Libermann, saint Ignace de Loyola, Ambroise de Lombez.

« Faire affleurer l’attrait ». Accepter un candidat, une candidate, quand sont réunies des raisons raisonnables pour son entrée. Mais si le candidat ou la candidate reste indécis, il est bon comme il a été déjà dit de l’aider à faire le pas ; ce n’est pas forcément l’aider que de lui donner un prolongement. Cela ne peut se faire que si l’on est certain de la vocation de la personne. Aider la personne à se mettre devant Dieu, dans l’indifférence, l’aider à se couper de ses sentiments afin de laisser remonter à la surface de sa conscience l’attrait profond qui l’habite. Les hésitations, parfois, ne remettent pas en cause le bien fondé d’une vocation mais la personne a tant de possibilités devant elle qu’elle n’est pas aidée dans son choix, alors qu’elle a une réelle vocation. C’est seulement là que peut intervenir  une aide qui lui permette de faire le pas.

Cela suppose de s’établir dans une intention simple, devant Dieu. Ainsi établi, ou bien la vocation s’impose d’elle-même, malgré peut-être un non ressenti ; ou bien la perspective d’une vocation se fait progressive et paisible. Mais, si après cela, la décision ne se fait pas, comment faire ? Deux manières de procéder. La première en six points, la seconde en quatre.

Les six points :

  • Bien savoir de quoi on parle quand on parle de vocation religieuse qui est la « matière de l’élection ».
  • Se remettre devant la fin pour laquelle on est fait – Dieu- et dans l’indifférence par rapport à la « matière de l’élection ». Abandon à la volonté de Dieu. Le moteur n’est pas le ressenti mais la raison.
  • Demander à Dieu sa grâce, qu’il donne de comprendre ce qu’il faut faire par rapport au choix à faire.
  • Poser le pour et le contre par rapport au choix en question, ses inconvénients et ses avantages, si ce choix permet d’être meilleur chrétien, quelle conséquence en cas de refus ?
  • Après toutes ces étapes, voir de quel côté penche la raison, et non les sens.
  • L’élection étant faite, l’offrir à Dieu dans la prière, afin que Dieu la confirme, c’est-à-dire y donne sa force.

Les quatre points :

  • Sentir intérieurement que, par amour et affection, on est porté vers telle vocation, à la choisir.
  • Appliquer ce choix à quelqu’un d’autre, lui dire ce qu’il faut faire, lui donner tels conseils en vue du choix envisagé ; les conseils donnés à cette personne, se les appliquer ensuite à soi-même.
  • Se considérer au soir de la vie, et se demander comment à cette heure on voudrait s’être conduit dans le choix envisagé, puis décider de le faire fidèlement, maintenant.
  • Se considérer au Jugement dernier et se demander quelle règle à cette heure on aimerait avoir suivie par rapport à l’élection présente ; cette règle sera celle que l’on suivra.

« Comment mettre fin à la peur ?» La crainte et la peur sont toujours la signature du Père du mensonge. On y met fin en regardant le Christ.

La direction spirituelle en matière de vocation

Lecture de textes de François Libermann, Jean Rigoleuc.

« Discerner la grâce » : une vocation ne dépend pas du directeur spirituel, ni ne le regarde. Par contre, celui-ci a à vérifier et à nourrir la foi du dirigé, à voir si sa foi est droite, si le Christ est au cœur de sa vie. Il est là pour aider le dirigé à obéir à la Volonté de Dieu, se refusant à prendre toute décision à la place du dirigé. Il doit considérer l’attrait de la grâce dans son dirigé ; l’aider à suivre la grâce de Dieu, lui donner le moyen de se laisser conduire par Dieu ; discerner en son dirigé l’impression, c’est-à-dire l’empreinte, de la grâce en lui. Il n’a pas un rôle moteur, mais il a un rôle de guide, de directeur, aidant son dirigé à ne plus le regarder, ni se regarder, mais de regarder le Christ, de le remettre dans l’axe de la foi. Cela suppose de la part du directeur une liberté, un équilibre personnel, un désintéressement, qu’il n’inspire pas au dirigé ses propres goûts, qu’il le maintienne ou le remette sur un chemin de foi. Car une vocation n’est lisible que dans la foi. Et s’il faut se méfier de l’imagination, il ne faut pas pour autant la laisser de côté. L’imagination peut cacher l’attrait véritable d’une vocation à la vie consacrée. L’imagination peut être le point de départ de quelque chose qui vient de Dieu.  Le directeur spirituel ne doit pas avoir de « projet » sur la personne qu’il dirige. Il est au service des âmes.

Enfin, l’admission à la profession religieuse concerne  non seulement le supérieur ou la supérieure, la maîtresse des novices ou le maître des novices, mais aussi toute la communauté ; celle-ci a donc aussi une responsabilité quant à l’admission, ou non, d’un frère ou d’une soeur à la profession.

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Quatre jours de réelle fraternité 

Temps de joyeuses retrouvailles pour certains, de se découvrir frères et sœurs, pour d’autres. Les Offices liturgiques, les repas, les rencontres par groupe ont permis de mieux se connaître, de partager joies, peines ou soucis, chacun a pu également partager ses expériences, de se rendre compte que les problèmes rencontrés en matière de formation des jeunes sont partout les mêmes, ce qui fait que l’on se sent moins seul dans cette belle mais exigeante mission. Au cours des échanges informels, des liens se sont tissés, des chemins fraternels se sont ouverts. Comme l’écrit le Pape François dans sa Lettre à tous les consacrés, « la communion et la rencontre entre les différents charismes et vocations est un chemin d’espérance. »

Quatre jours auprès de sainte Bernadette 

Le lieu de Saint-Gildard, là où sainte Bernadette a vécu sa vie religieuse a sûrement été une grâce de Dieu.  Les horaires ayant été bien aménagés, cela permettait à ceux qui le désiraient d’aller prier auprès de la châsse de la sainte, d’aller prier dans cette église où elle-même a prié, là où elle-même s’est donnée jusqu’au bout. Le fait aussi de prier l’Office, de vivre les eucharisties dans le lieu où Bernadette a été elle-même formée, à savoir dans la pièce du noviciat, a certainement été pour chacun riche de sens… Et puis, peut-être certains ont-ils pu aller visiter l’infirmerie, là où elle a prononcé son dernier « oui » ? Alors, ils ont dû en ce lieu goûter un quelque chose de la simplicité même de Bernadette.

soeur Marie-Emmanuel, ovm

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