Juridiction des Frères Mineurs

Notice

Le monastère des Sœurs Grises du tiers ordre de Saint-François, appelé Sœurs de Sainte-Catherine, à Onderbergen, existait dés le 14ème siècle. Le commissaire général des Franciscains, Andreas de Soto, leur impose la clôture le 3 août 1623. En 1624, les sœurs adoptent la Règle des Annonciades. Le provincial de l’époque est Pierre Marchant, récollet.

Pour  initier les Sœurs Grises à leur nouvel état de vie, quatre sœurs Annonciades viennent de Louvain, le 18 janvier 1624 : soeur Marie de Smet comme Mère ancelle, soeur Catharina Wielant comme assistante et soeur Marie Ghendertale comme maîtresse des jeunes, soeur Marie Berkmans comme portière. Cette dernière deviendra Mère Ancelle  et mourra en odeur de sainteté.

Les débuts sont difficiles. Si dès 1623 quatre Annonciades de Louvain sont envoyées à Gand, rejoindre la communauté des Sœurs Grises, à la suite de divisions entre ces dernières, le père Andreas de Soto va devoir faire revenir les Annonciades à Louvain. Après le règlement du différend  les quatre Annonciades repartent alors définitivement à Gand, le 17 janvier 1624.

Toutes les Sœurs Grises, à l’exception d’une seule qui ne persévéra pas, sont admises à la profession  au cours de l’année 1624. Le 13 décembre 1625, l’Archiduchesse rend visite à la communauté ; elle est accompagnée du commissaire de Soto. Lors de cette visite, il est accordé aux Annonciades la permission de rechercher d’autres bâtiments pour le monastère, vu le manque de place. En 1626, elles achètent alors aux sœurs du monastère de Sainte-Agnès un bâtiment avec un terrain attenant, au coin de la Stoppelstraat. La première pierre du nouveau monastère est posée par l’évêque de Gand le 25 mai 1636 et, le 9 août 1637, la communauté peut emménager. La même année, les sœurs vendent leur ancien monastère à  la corporation  des  Brasseurs pour  13000 florins,  ainsi qu’un vitrail. Le nouveau monastère peut héberger une soixantaine de sœurs.

L’un des bienfaiteurs de la communauté est l’écuyer Joris de la Faille, seigneur de Nevele, qui laissa 2400 florins en héritage au monastère ; il y a également un certain Horatius Bretel, un italien, parmi les protecteurs et bienfaiteurs du couvent. En 1625, une Confrérie des Sept Douleurs est rattachée au monastère des Annonciades.

C’est à partir du monastère gantois que les couvents des Sœurs Grises du tiers ordre de Saint-François de Bergues et de Nieuport vont adopter elles aussi la Règle des Annonciades : en 1644 pour Bergues,  en 1650 pour Nieuport. Ainsi, soeur Anna de Glimenscols est envoyée à Bergues comme Ancelle avec soeur Marie Vanden Bende comme assistante et maîtresse des novices. Soeur Catharina van der Moessem est envoyée à Nieuport comme Ancelle.

L’organisation de la communauté et sa vie spirituelle. Deux exemples :

Les sœurs externes du monastère :

Leur formule de Profession :

Au nom du Seigneur, amen, moi, soeur N… fais voeu à Dieu tout puissant, à la Sainte Mère et Vierge Marie, à notre Saint Père François, à tous les Saints de Dieu et à vous, R.P. [Provincial] d’observer tout le temps ce ma vie la Règle de Saint-François, confirmée par le Pape Léon X, vivant en obéissance, sans propriété et la chasteté dans le couvent externe de l’Ordre de Notre-Dame de la Vierge Marie de l’Annonciade.

Autre formule :

Au nom du la Sainte Trinité, moi, soeur N…, fais vœu à Dieu Tout puissant, à la Sainte Mère Vierge Marie et à vous Rde Mère Ancelle, je promets en tout obéissance acceptant le Tiers Ordre de Notre Dame.

Leurs Statuts :

Ils sont consignés en un volume dont voici le plan :

Chapitre 1 : l’admission des sœurs externes – Chapitre 2 : du service divin – Chapitre 3 : de la récollection – Chapitre 4 : du silence – Chapitre 5 : comment les sœurs se comporteront au réfectoire – Chapitre 6 : de la sortie des sœurs – Chapitre 7 : de la charité fraternelle et des bons entretiens en général – Chapitre 8 : confession et communion des sœurs externes – Chapitre 9 : de l’office et ce qu’elles doivent prier pour les défunts – Chapitre 10 – des pénitences et corrections.

Deux citations tirées de ce volume :

Chapitre 7, concernant la charité : « La charité fraternelle exige que chacune ait compassion de la faiblesse de ses consœurs, tant pour l’âme que pour le corps, supportant mutuellement les maladies et défauts des sœurs. Si l’une d’elle tombe par faiblesse humaine, elle dira humblement sa coulpe et se réconciliera. »…

Chapitre 3, concernant la récollection, c’est-à-dire l’oraison : « Les sœurs feront leur possible pour être toujours présentes à la récollection et au Salut… Celle qui pour cause de courses à faire ou autrement, ne pourrait être à temps à l’église, fera toute seule sa récollection avant d’aller au lit car l’avancement et le salut des religieuses dépend de l’étude de l’homme intérieur… »

Quelques mots sur Pierre  Marchant :

Pierre Marchant est né à Couvin , en Flandres, en 1585 ; il devient profès récollet en 1601 et meurt à Gand le 11 novembre 1661. Il est une des grandes figures franciscaines de la Belgique. Plusieurs fois provincial, fondateur de la province St-Joseph au comté de Flandre, enfin commissaire général de la nation germano-belge, il a grandement contribué au mouvement de réforme qui au 17ème siècle a transformé plusieurs Congrégations de sœurs tertiaires en religieuses cloîtrées. Il est l’auteur de l’« Academie ou exercices spirituels sur les trois dévotions principales pratiquées par la B.V. Marie Mère de Dieu ». Ce livre est publié en 1658. En fait, c’est un commentaire des trois dévotions de sainte Jeanne : la Parole de Dieu, la Passion du Christ et l’Eucharistie. Son but : redonner du souffle à l’Ordre de la Paix, une confrérie mariale voulue par sainte Jeanne mais fondée, après sa mort, par le cofondateur de son Ordre le bienheureux père Gabriel-Maria.

Les trois dévotions sont présentées par l’auteur, dans son épître dédicatoire du 8 septembre 1657, comme « trois fontaines salutaires ». Ces trois dévotions, poursuit l’auteur, « ont servi de règle dès le commencement de l’Ordre à vos domestiques et oblats qui vous rendaient les services hors de la clôture et, à présent, aux filles servantes, lesquelles ayant conjoint les trois dévotions aux trois vœux solennels et à la Règle du Tiers Ordre de Saint-François ont été déclarées vraies religieuses, par la déclaration du Pape Léon X…. ». Cet ouvrage est donc destiné en premier lieu aux sœurs externes, mais aussi à toute personne proche de l’Annonciade, comme celles membres de l’Ordre de la Paix.

Le livre s’ouvre par un prologue : « Aux âmes chrétiennes, sur l’imitation de la B. Vierge Marie, Mère de Dieu ». Chapitre 1 : récit de l’histoire, de la révélation originelle sur laquelle est fondée cette académie des trois dévotions de la Vierge Marie ». Là, l’auteur parle de la naissance de l’Ordre de la Paix, comment le Père Gabriel-Maria l’a constitué. Chapitre 2  comment sainte Jeanne a reçu ces trois dévotions. Chapitre 3 : Bulle d’approbation de Léon X de 1517. Chapitre 4 : Première dévotion, la Parole de Dieu. Chapitre 5 : Fruits et effets de la 1ère dévotion. Chapitre 6 : Deuxième dévotion de la V.M. qu’elle a eue à la Passion de son Fils. Chapitre 7 : De la troisième dévotion de la VM au très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Chapitre 8 : De l’excellence de l’exercice des trois dévotions. Chapitre 9 : Méthode et pratique journalière dictée par la Vierge. Épilogue : Aux dévots de la Bse Vierge Marie. Ensuite, l’auteur fait une paraphrase du Notre Père et de l’Ave Maria. Il poursuit par le Pater paraphrasé de Saint François, puis ce que Saint Bonaventure dit de l’Ave Maria dans son « Miroir de la Vierge ». L’ouvrage se termine par une prière de Saint Bernard à la Vierge.  En fait, cet ouvrage est un commentaire du De Confraternitate du bienheureux Père Gabriel-Maria, écrit en 1513.

Le monastère est supprimé le 21 mai 1784 ; il va servir d’écurie. À cette époque, le monastère possède, comme revenus moyens annuels, 2 703 florins ; il compte encore 16 sœurs et 8 sœurs converses. Le gestionnaire de la communauté se nomme Vaernewyck de Belleghem.

Durant la révolution brabançonne qui a lieu entre 1787 et 1790, le monastère est restauré mais il ne parvient plus à sortir de problèmes financiers ; il est supprimé définitivement par la République française en 1796. La communauté compte à cette date 26 membres.

Archives manuscrites

Archives franciscaines de St-Trond (B), Ms MF 58 ; Ms MF 16, titre : « ceci sont les statuts locaux écrits pour le couvent de sœurs de Notre-Dame, nommées annonciades, de Gand. Ils sont confirmés par notre R.P. ministre provincial des frères mineurs, le R.P. Benedictus Cordier. » Années 1625, 1627, 1640, 1650, 1742.

Archives Annonciades de Westmalle (AAW), Ms B 30 page 179 et suivantes : «Statuts des sœurs externes de l’annonciade de Gand. Les archives de St-Trond et celles de Westmalle ont été versées au Kadoc (Université catholique de Louvain).

Dépôt des Archives de l’État à Gand, année 1912, p. 214-228 : document imprimé XVII – Sœurs Grises et Annonciades, A. Chartes et documents, B. titres et rentes.

Fonds de l’Évêché, Gand,  n° B. 2998 et B 2999, page 566.

Archives générales du Royaume, Bruxelles, 1988 : inventaire 43, 17-18e siècles : Annonciades de Gand.

Archives générales du Royaume (Bruxelles) – Comité de la caisse de religion, 1783.1787 – A.R.A. Liasse 387 : suppression du monastère de l’annonciade de Gand.

Archives imprimées

Carnier M, « Les couvents des annonciades en Belgique », Filles du silence, Musée en Piconrue, Archives Générales du Royaume, Bruxelles), 1998, p 248-261 : moniales du deuxième Ordre de St-François.

Carnier M. et Vanden Bosch G., « Les archives générales du royaume de Belgique, la conservation et la mise en lumière des archives monastiques », Trajecta, Bruxelles 1999, pp. 369-372.

Carnier M., « De orde van de allerheiligste Maagd of (Franse) annuntiaten, monasticon », Bibliografische inleiding tot de Belgische kloostergeschiedenis voor 1796, nr. 8, Brussel, 1998. [L’ordre de la Très Sainte Vierge Marie ou Annonciades françaises, Monasticon [Introduction bibliographique à l’histoire des couvents belges, avant 1796 ], Brussel, Algemeen Rijksarchief, [Bruxelles, Archives Générales du Royaume], 1998, 198 p.

Cuvelier  Joseph: « Inventaire des archives du comité de la caisse des religions par MM. A. Cosemans et J. Lavalleye », dans Travaux du cours pratique d’archivéconomie donné de 1920 à 1925, Archives Générales du Royaume, 1926.

Diericx Charles Louis, Mémoires de la ville de Gand, tome 2, Gand, 1815 : Comment le Père Marchant amena les annonciades à Gand, etc.

Persoons E., Monastica en Lexica, Bibliografische inleiding tot de geschiedinis van de Belgische kloostergesschiedenis voor 1796, Reprint 1, Brussel Algemeen Rijksarchief, 1996, 45 pages. [Monasticon et Lexique, Introduction bibliographique à l’histoire des couvents de Belgique, avant 1796, Reprint 1., Bruxelles, Archives Générales du Royaume, 1996, 45 pages.]

RHF, tome 4, 1927, p. 266, 268 ; tome 5, 1928, p. 140, 165.

Semaine religieuse du diocèse de Digne, 9 septembre 1883, n° 170, reproduisant une lettre écrite à Voltaire par une annonciade de Gand, la sœur des Anges, publiée en 1782, dans la revue Bien public, de Gand, d’après la revue littéraire La Jeune Belgique.

Sebrechts Maurice, Famille Fardé-Cordonnier dont un membre Marie Fardé était annonciade à Gand, Franciscana 1966, n° 4 page 43 : 154. Cet article de Franciscana reprend un article de L’intermédiaire, 1965, n°118 page 213.

Vanden Jean,Le début ou l’origine de l’Ordre de Notre-Dame, nommé Annonciade, chez Madame veuve Kerckhove, Gand, sans date. Un exemplaire  à la Bibliothèque Municipale de Gand, sous la cote G. 841.

********

Share This

Recevez notre Lettre Info

Vous recevrez les informations, les nouvelles de l'Ordre de l'Annonciade et de chacun de ses monastères.

Vous vous êtes inscrit à notre Lettre Info avec succès