Juridiction franciscaine

Sous l’Ordinaire du Lieu, à partir de 1680

Notice

Ancien couvent Annonciade Neufchâteau

Ancien monastère des Annonciades

Le monastère des Annonciades de Neufchâteau a été fondé par le prince et la princesse de Phalsbourg qui, déjà, avaient fortement encouragés l’établissement des Capucins de cette ville.

Le monastère est établi le 23 juillet 1630 par trois religieuses Annonciades, une venue du monastère annonciade de Pont-à- Mousson, et deux venues du monastère annonciade de Saint-Nicolas-de-Port.

Voici les noms des première religieuses qui ont fondé ce monastère, le jour de la saint Jacques, le 25 juillet 1630 : Mère Jeanne  de St-Gabriel de Pont-à-Mousson Ancelle, Mère Marie de l’Annonciation Assistante, elle est morte en odeur de sainteté. Elle venait du monastère de Saint-Nicolas de Port. La Mère Anne de Jésus, elle aussi du monastère de Saint-Nicolas de Port,  maîtresse des novices et ensuite troisième Ancelle; la seconde Ancelle est Mère Jeanne Gabrielle de St-François Millet,  du monastère de Pont-à-Mousson. La quatrième Ancelle, également du monastère de Pont-à-Mousson est la Mère Signac de Nancy.

Les premières professes : en 1631, profession de soeur Jeanne de St-Gabriel, en 1633, celle de soeur  Marie de St-Joseph, morte en odeur de sainteté, celle de soeur Nicole de St-Pierre, en  1634, celle de soeur  Dominique de St-Claude, en 1635, celle de Catherine de St-Claude, en  1637, celle de soeur Françoise Signac de Nancy.

Le 15 septembre 1631, soeur Jeanne de St-Gabriel Evrard de Colombier fait donc profession. Cette soeur est la première professe de la fondation, une fondation marquée par l’épreuve.  Si des femmes de mérite demandent à entrer en ce monastère, deux d’entre elles vont être cependant renvoyées, ne montrant pas les dispositions propres à une vie religieuse sérieuse appuyée sur l’obéissance et l’humilité car « Dieu se plaît avec les humbles » peut-on lire au début du Livre des Professions qui fait allusion à ce fait. De plus, en 1635 ou 1639 – en pleine guerre de Trente ans – le monastère est incendié et les religieuses dispersées.  La fondation n’a pas dix ans et semble donc bien compromise.

Soeur St-Gabriel Thard, une annonciade de la première heure,  se réfugie alors dans une abbaye bénédictine, l’Abbaye Saint-Pierre, à Lyon pour quêter en faveur de sa communauté qui est dans le besoin et dont les membres, pour la plupart dispersés, vivotent. Elle va rester sept ans à Lyon, comme quêteuse. À son départ, la Mère Abbesse lui délivrera un « certificat de bonne conduite. »

Apprenant qu’un monastère d’Annonciades vient d’être fondé à Vaucouleurs, elle obtient d’y être admise. Nous sommes en 1648. En 1650, elle partage avec une survivante de l’ancien monastère de Neufchâteau les biens qui restent. En 1680, elle réussit à récupérer l’ancienne maison conventuelle de Neufchâteau et décide d’y restaurer la vie commune.  « Dieu permit que la re-fondation soit faite par de très humbles femmes », peut-on lire encore dans le Livres des Professions, cité plus haut.

Au cours du 18ème siècle, les sœurs  ont pour confesseurs  des religieux venant de différents Ordres. Ainsi, elles auront un carme, un bénédictin, le père gardien des capucins du couvent de Neufchâteau. Elles prennent à cœur également la Cause de béatification et de canonisation de leur fondatrice, sainte Jeanne de France, et sont soucieuses de lui rendre un culte. Des documents concernant cette Cause  et ce Culte ont été trouvés parmi leurs documents d’archives. Les sœurs possèdent aussi une bibliothèque : 80 volumes ont été inventoriés. Les sœurs possèdent aussi des reliques : de saint Jean de la Croix, de saint  Jérôme…  Une des religieuses aurait été guérie par l’intercession de saint Jean de la Croix.

Le 24 mai 1774, elles sont 24 religieuses ; 26 dont 5 converses, en 1790.  La dernière profession a lieu  le 2 juillet 1787.

De 1656 à 1787, les professions se sont succédé au monastère. Ce sont celles des sœurs : Louise de Saintignon, Catherine de St-Hyacinthe, Marie Gabrielle Vallée, J. Thérèse Lamouroux, Agnès Bourguignon, Marie de St-Joseph Penon, Anne-Angélique Bastin, Claude de Jésus Quinot, Marie-Catherine Mariotte, Barbe du St-Sacrement Lotizo, Séraphique de St-François Colnet, Anne-Catherine, Françoise Many, Anne-Marie Rolin, Anne-Françoise de Maulion, Marie-Antoinette Bourgogne, Marie-Charlotte Rolin, Marie-Anne de St-Charles,  Antoinette-Charlotte de Maulion, Jeanne-Françoise-Xavier, Anne-Claire Quinot, Marie-Ignace de l’Incarnation, Marie de la Trinité Dupuis, Marie-Angélique du Puy, Jeanne-Gabrielle Guenichon, Marie-Archange Laurieux, Marie-Madeleine D., Marie-Louise  J., Marie du St-Sacrement de Maintenant, Marie des Anges Crevoisin, Marie-Alexis de la Vallée, Marie-Philippe Guinnement de Vauvilard, Anne-Françoise J., Claude Guenichon, Marie-Séraphique E., Marie-Rose Clerc, Jeanne-Françoise de l’Assomption  Guillemin,  Marie de l’Annonciation Chevillet, Marie-Agnès Piérot, Marie-Elisabeth de St-Ouen, Marie-Suzanne Blot, Marie-Augustine Poncet, Jeanne-Scolastique Morel, Marie-Thérèse Séraphique Bernard, Marie-Victoire Henry, Marie de la Trinité Willard, Marie des Anges Georges de Besançon, Marie-Rosalie Dodet, Marie-Hiacynthe Quentin, Marie-Félicité Panthier,  Marie-Catherine du Boit, Thérèse-Sophie Robert, Marie-Xavier Garret, Marie-Jeanne Renaud, Marie Elionore C., Marie-Antoinette Reynaud, Anne-Marie Guibry. Cette liste n’est pas exhaustive.

De 1650 à 1775 : 16 Mères Ancelles se sont succédé. Mères Jeanne de St-Gabriel Millet, Mère St-Gabriel Evrard, Jeanne-Thérèse Lamouroux, Marie de St-Joseph, Anne-Angélique, Marie de St-Joseph Piron, Claude Quinot, Anne-Catherine Mariotte,  Anne-Marie Rolin, Marie de la Trinité du Puy, Marie des Anges  Crevoisier, Marie-Thérèse P., Marie de St-Joseph de Prantois, Marie-Antoinette Brenon, Marie de St-Joseph de Prantois, Jeanne-Thérèse Jacquin.

Le 14 janvier 1791, les Annonciades reçoivent une lettre du procureur de la commune, un certain Garnier, qui les prie d’étouffer les bruits défavorables qu’elles ont, paraît-il, répandu au sujet du corps municipal. Ces bruits sont  injustifiés, selon la réponse immédiate de la Mère Ancelle car, répond-elle, elles n’ont aucun sujet de se plaindre de la municipalité.

Entre la première profession et la dernière, il y a eu une centaine de sœurs professes. Les sœurs sont au nombre de 23 en 1774, de 26 dont 5 converses en 1790. Lors des événements révolutionnaires de 1789, toutes sauf une expriment, au cours des interrogatoires menés par les officiers civils, le désir de continuer la vie commune. Mais en 1792, la communauté est dispersée.

L’inventaire général des établissements religieux établi en vertu des décrets de l’Assemblée constituante fait la description du monastère : ainsi, en entrant dans le monastère par la porte cochère, on y trouve une cour au fond de laquelle est le bâtiment principal qui consiste en un grand corps de logis, dont les fenêtres donnent sur le jardin ; à gauche de cette porte sont des remises, des écuries et des bûcheries. A droite de la cour se trouve une aile de bâtiment qui contient le logement des sœurs tourières, derrière lequel se trouve le cloître. Les jardins sont en terrasses et orientés au sud.

Enfin, pour terminer cette rapide évocation du monastère de Neufchâteau, il est bon d’évoquer un souvenir provenant directement du monastère et actuellement dans l’église basse de Saint-Nicolas, à Neufchâteau. Il s’agit d’un tableau représentant Jeanne agenouillée devant Marie, la Vierge Mère. Retenant de la main droite l’Enfant Jésus, la Vierge tend de la main gauche à Jeanne la Règle de l’Ordre qu’elle lui demande de fonder.

Un autre souvenir se trouve dans la chapelle de l’hôpital du Saint-Esprit. C’est un détail du tabernacle du maître-autel, tabernacle en bois doré, début 18ème, à la riche iconographie : on y trouve un Christ bénissant une religieuse, un Enfant Jésus passant l’anneau mystique à Jeanne de France, un saint Nicolas et un saint Jacques le Majeur.

On peut voir encore aujourd’hui à Neufchâteau un bâtiment de l’ancien couvent des Annonciades. Ce bâtiment, classé, se situe rue de la Comédie.

Sources manuscrites 

Archives départementales des Vosges, série H X. III, n° 3. Voir : Philippe André et Dousset François, Série H. Clergé régulier avant 1790. 43 H Annonciades rouges ou des Dix-Vertus de Neufchâteau, Archives départementales des Vosges, Épinal, 1956.

Sources imprimées

« Monastère annonciade de Neufchâteau, fondé en 1630 », dans Contribution à l’histoire de nos rues, Neufchâteau, 1984.

 « Son Exc. Mgr Blanchet visite son diocèse », Foyer Vosgien, avril 1941, n° 1.225 : Neufchâteau.

Chéron, Abbé, Programme d’une exécution historique et archéologique, Neufchâteau, 1923.

Guillaume Jacques, Images du patrimoine, Éditions Serpenoises, 1994.

RHF, tome I, 1924, p. 388 ; tome 5, 1928, p. 140  ; tome 8, 1931, p. 71 ;  FF, tome 4, 1921, . 92.

Martin, Eugène (Chan.) Les trois Ordres de saint François dans la région lorraine, Paris, 1930.  P. 66-70, Les Annonciades.

 

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