Introduction

Vitrail, monastère de l'Annonciade, ThiaisLe prologue de la « Règle destinée aux sœurs qui veulent vivre dans la familiarité du Très-Haut », c’est à dire la Règle de l’Ordre de la Vierge Marie ou Annonciade, constitue le fondement spirituel de l’oblature :

« Premièrement et avant tou­tes choses, ayez conti­nuel­lement la Vierge elle-même de­vant les yeux, jetant vos pen­sées et vos regards sur elle comme les Mages sur l’étoile.

Que la Vierge soit votre mo­dè­le, qu’elle soit votre ora­cle, qu’elle soit votre Règle, et n’ayez nulle autre étude que de plaire parfaite­ment à votre Époux par l’imitation de la Vierge : c’est que, en effet, votre prudence, votre conseil, votre vocation, votre religion et votre fin, sont de plaire sincè­rement à Dieu par la Vierge.

Mais, parce que la manière d’imiter la Vierge et de plaire à Dieu à son exemple, qui est mise dans votre Règle, a été toute prise de l’Évangile, vous devez nécessairement savoir ce que l’Évan­gile dit de la Vierge : ce qu’elle a été, ce qu’elle a pensé, dit ou fait. En effet, c’est en ces quatre manières que la Vierge est proposée dans l’Évangile à notre étude et à notre imitation et, au témoignage de l’Écriture, « si nous la met­tons en lumière, nous aurons la vie éternelle. »

Sachez donc, mes chères filles, et rappelez-vous tou­jours que, bien que la Vierge Marie ait été remplie de toutes grâces et de vertus, le Saint-Esprit a néanmoins voulu et fait que les évangélistes n’en fassent mention que de dix.

Ces dix vertus que, selon l’Évan­gile, la Vierge a pos­sédées, vous devez les pos­sé­der ; et tout ce que nous lisons que, par leur mouve­ment, elle a pensé, dit et fait, vous devez le penser, dire et faire. Ainsi, pour chacune de ces vertus, vous avez à imiter la Vierge de trois manières : de cœur, de parole et d’œuvres. En cela, sans aucun doute, tient et consiste toute perfection et le véritable accomplissement de votre Règle. »

Ainsi, la pureté, la prudence, l’humilité, la foi, la prière, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la charité et la compassion sont dix vertus ou dix dispositions intérieures qui peuvent aider à avancer toujours plus avant sur la route de l’Évangile.

Tel est le chemin de vie chrétienne que proposent les Fondateurs de l’Annonciade  sainte Jeanne de France (1464-1505) et le bienheureux Gabriel-Maria (1460-1532), franciscain.

L’oblature à l’Annonciade

Dès les origines de l’Ordre de la Vierge Marie, sainte Jeanne de France a eu le désir de partager avec toutes les personnes qui le souhaitaient le charisme de son Ordre dont la spiritualité peut offrir une véritable aide pour vivre leur propre vocation chrétienne, et l’approfondir. De son côté, le bienheureux père Gabriel-Maria a eu à cœur de diffuser, chez les laïcs, les inspirations spirituelles de la fondatrice qui peuvent se résumer ainsi : désirer suivre et imiter la Vierge de l’Évangile, la prendre comme modèle de vie chrétienne, pour plaire au Christ et être témoin et artisan de sa Paix, là où l’on vit.

Appelé par Dieu à vivre l’Évangile selon l’esprit de sainte Jeanne de France et du bienheureux Gabriel-Maria, tel qu’il est exprimé dans la Règle de l’Ordre de la Vierge Marie, tout chrétien, par l’oblation de lui-même, participe à l’oblature, propre à un monastère de l’Annonciade. Par l’oblation, telle qu’elle est proposée à l’Annonciade, un chrétien s’offre à Dieu en réponse à son appel tel que nous le transmet l’apôtre Paul : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu » (Rm 12, 1).

Ainsi, offert entier à Dieu, comme l’a été la Vierge Marie, en réponse à cet Amour de dilection et d’élection, puisque Dieu appelle à faire ce choix du don de soi-même, l’oblat(e) devient associé(e) à un monastère de l’Ordre d’une façon réelle, bien que différente de celle des moniales. Cette offrande n’est pas un vœu mais signifie la volonté d’approfondir son sens et son amour de Dieu par une conversion continuelle du cœur, tout en restant dans son propre état de vie. Ainsi, à l’école de sainte Jeanne et du bienheureux père Gabriel-Maria, l’oblat(e) apprend à vivre totalement et uniquement de l’Évangile, à la manière de la Vierge, apprenant d’Elle à chercher le plaisir de Dieu.

Admission à l’oblature

Tous les monastères autonomes de moniales annonciades sont habilités à recevoir des oblats(tes). Peut devenir oblat(e) d’un monastère, tout fidèle dont la maturité spirituelle, au jugement de la mère Ancelle, ou de sa déléguée, lui permet de peser la gravité de cette démarche.

On ne peut appartenir simultanément à deux groupements de Vie évangélique.

Les étapes de l’oblature

La demande d’un chrétien à devenir oblat(e) suppose des liens spirituels sérieux existants déjà avec le monastère auquel il désire s’associer.

Durant un temps de formation, le(la) futur(e) oblat(e) doit approfondir sa vie chrétienne. Pour cela, il(elle) s’imprègne de l’esprit de la Règle de l’Annonciade, selon les moyens jugés les meilleurs par la mère Ancelle ou sa déléguée, (lecture, étude, réunions, etc.). La durée de ce temps de formation est définie cas par cas.

L’entrée en oblature

La probation achevée, le(la) futur(e) oblat(e) écrira l’acte de son engagement et fera son oblation qui sera reçue par la mère Ancelle. Elle s’accomplit normalement en présence de la communauté qui le(la) reçoit. L’oblation a lieu de préférence le jour d’une fête mariale, pendant la messe pour souligner son union à l’offrande du Christ et de l’Église.

Les actes d’engagement sont conservés au monastère. Un document témoignant de son engagement est remis à chacun.

L’oblat(e) et le monastère

L’oblation fait de l’oblat(e) un membre de la famille monastique. Les moniales deviennent ses sœurs et lui(elle) se considère comme leur témoin dans le monde. Ce lien ne dispense pas l’oblat(e) de ses responsabilités humaines (familiales, professionnelles, sociales etc.) et chrétiennes (ecclésiales, paroissiales) et n’entraîne pas de la part du monastère une juridiction.

Les liens réciproques

Le monastère, fidèle à sa vocation propre qui est d’affirmer le primat de Dieu, de manifester le Christ et la puissance de son Esprit (selon Vatican II, Lumen Gentium 48) et de rappeler le caractère eschatologique de la vocation chrétienne, assure à l’oblat(e) :

– la participation à la vie de prière et d’offrande des moniales, en dehors de la clôture, d’une manière ordinaire. Toutefois, en certaines circonstances, et seulement pour l’oblate,  une entrée en clôture peut être envisagée.

– une formation doctrinale et spirituelle, surtout durant le temps de probation,

– la possibilité de contacts avec le monastère ; séjours, retraites et récollections, bulletin ou lettre périodique etc.

Le monastère prend conscience de l’élargissement de la famille monastique par l’oblature dont la communauté tout entière se sent responsable. La mère Ancelle peut déléguer une sœur au service des oblats. Informées de la vie de l’oblature, les moniales sont ouvertes aux valeurs spirituelles et humaines que peuvent apporter les oblats.

De son côté, l’oblat(e) se sent étroitement solidaire de sa famille monastique. Cette solidarité se traduit :

– d’abord par la prière pour les moniales et par une attitude d’offrande sans cesse renouvelée de sa vie à Dieu en union avec la consécration des moniales,

– par l’intérêt porté à la vie du monastère, à ses joies et à ses peines, à sa place et à ses travaux dans l’Église d’aujourd’hui. Cet intérêt s’étend à l’Ordre de la Vierge Marie tout entier,

– éventuellement, par une aide effective, selon les circonstances, les possibilités et les compétences de chacun.

Fraternité entre oblats d’un même monastère

L’oblature établit entre les oblats des liens de fraternité. Les relations de filiation avec un même monastère font naître entre ses membres des affinités. Celles-ci peuvent s’exprimer dans des réunions communes. Par exemple : lien avec les membres de la Fraternité Annonciade, participation aux rencontres de cette même Fraternité.

En outre, la répartition géographique des oblats peut donner l’occasion à ceux d’une même ville ou d’une même région de se connaître et d’avoir des réunions ou récollections communes, dans l’un ou l’autre monastère de l’Ordre.

Appel universel à la sainteté

L’appel universel à la sainteté s’adresse à l’oblat(e) comme à tout baptisé, membre du Peuple de Dieu. C’est en communion avec sa famille monastique, et en entrant dans l’esprit de la Règle de l’Annonciade, qu’il(elle) vivra l’Évangile et réalisera le dessein de Dieu sur lui(elle) Mais cet appel universel à la sainteté, vécu en prenant appui sur la vie de la Vierge, n’est pas facile. Les fondateurs de l’Annonciade le savent bien. Voilà pourquoi, ils proposent trois moyens – auxquels l’oblat(e) devra sans cesse avoir recours : la Parole de Dieu, la Passion du Christ, l’Eucharistie.

L’oblat(e) a entendu l’appel à la « conversion du cœur ». Toute sa vie doit être une conversion vers Dieu, une recherche du Plaisir de Dieu. À l’école des fondateurs de l’Annonciade, la vie de l’oblat(e) acquiert un caractère filial et marial, un caractère pascal et témoigne de la présence du Royaume dès ici-bas.

Caractère filial et marial

L’oblat(e), désire vivre dans la familiarité de Dieu, selon les vertus et les bons plaisirs de la Vierge Marie. En tous ses actes, l’oblat(e) s’efforce alors de chercher le plaisir de Dieu. Il voit en tout acte de vertu, plus encore que sa perfection personnelle, une occasion de plaire à Dieu, de lui être agréable, comme la Vierge Marie, la Très Sainte, tint pour plaisir les vertus et pour suprême plaisir celui de s’offrir au bon plaisir de Dieu.

Sa vie filiale et mariale se trouve réalisée à la perfection dans la participation au Mystère eucharistique, vrai centre de toute la vie chrétienne, « source par excellence de la sanctification des hommes dans le Christ et de la glorification de Dieu » (Vatican II, Constitution sur la sainte liturgie 10).

L’oblat(e) désire mettre en pratique, autant qu’il lui est possible, le précepte du Seigneur : « Priez sans cesse », cherchant à faire de toute sa vie une prière. Il sait cependant que pour tendre à la prière continuelle, il est indispensable d’y consacrer des instants privilégiés vécus en union avec son monastère et avec toute l’Église. La mesure et la forme de ce temps de prière ne sauraient être codifiées uniformément pour tous. Suivant ses conditions de vie et son attrait personnel, chacun pourra choisir :

– une partie de l’office divin, tel qu’il est célébré au monastère,

– une partie de l’office divin selon une répartition différente et plus adaptée des psaumes, lectures, etc.

– le psautier utilisé plus librement,

– le chapelet ou le rosaire,

– la prière du dizain,

– un temps de prière silencieuse ou oraison.

L’oblat(e) sait que sa participation à la prière liturgique a toujours pour but de promouvoir, d’entretenir et d’approfondir sa prière continuelle. Cette vie de prière requiert l’écoute assidue de la Parole de Dieu. Aussi, l’oblat(e) s’applique-t-il à la lecture croyante et priante de la Parole de Dieu. Cette lecture porte sur la Sainte Écriture, inséparable de l’interprétation qu’en a donnée la Tradition : les Pères, les documents pontificaux et conciliaires et les meilleurs auteurs spirituels anciens et modernes. Les écrits touchant à la spiritualité de l’Annonciade auront une place privilégiée parmi les lectures de l’oblat(e).

Cette vie de prière est favorisée par un indispensable climat de silence, qui est à la fois communion avec Dieu et avec le prochain et dépend moins des conditions extérieures que d’une aptitude à écouter Dieu.

Caractère pascal et conversion du cœur

Toute vie chrétienne est une vie pascale. Le baptême nous ensevelit dans la mort du Christ pour ressusciter avec Lui et vivre en Dieu (Rm 6, 1-11) C’est en étant par la foi étroitement associé(e) au Christ dans son mystère pascal que l’oblat(e) réalise la conversion de son cœur.

Cette vie pascale est vue dans la Règle de l’Annonciade non comme une ascèse corporelle, mais comme une dilection spirituelle, c’est à dire, une volonté d’amour de Dieu et du prochain. Dans sa réalisation quotidienne, cela ne fait pas faire, à l’oblat(e), l’économie du combat contre les forces du mal agissantes en lui(elle)-même et dans le monde, mais elle l’oriente vers le bien, le lui fait désirer. Elle se manifeste dans la recherche constante du Bon Plaisir de Dieu. Elle engendre un véritable esprit d’oubli de soi, et de liberté du cœur à l’égard des biens extérieurs et intérieurs.

Cette dilection spirituelle, vrai chemin de conversion, peut le(la) conduire à poser des actes de pénitence, ou de renoncement, pour la réparation de ses péchés et de ceux du monde entier. Ces actes se caractériseront par la « discrétion », c’est à dire, par le discernement et la mesure. Inspirés par l’amour, ils ne visent qu’à l’accroissement de l’amour et ne pèsent jamais sur l’entourage de l’oblat(e).

Cette pénitence prend toute sa valeur ecclésiale dans la participation au sacrement de Réconciliation. Elle s’exerce toujours dans un climat de joie, de paix, de simplicité et de charité fraternelle et se trouve parfaitement résumée dans les dix plaisirs de la Bienheureuse Vierge Marie : pureté, prudence, humilité, foi, louange, obéissance, pauvreté, patience, charité et compassion.

Présence du royaume dès ici-bas

C’est dans le monde et par toute son activité humaine que l’oblat(e) poursuit sa recherche de Dieu, et peut être à la fois signe du Royaume et ferment de vie divine.

Selon son état, l’oblat(e) considère l’esprit de pauvreté et de charité comme des signes et une anticipation de la vie future.

Cette recherche du Plaisir de Dieu dans toute la vie se traduit positivement par une vie fraternelle, aux actes et aux attitudes bien définis par la Règle de l’Annonciade : n’avoir dans le cœur aucune mauvaise volonté contre qui que ce soit ; si besoin est, pardonner à tous pour l’amour de Jésus-Christ ; ne dire jamais de mal de qui que ce soit, mais excuser plutôt les personnes de qui on pourrait mal parler ; être, dans sa vie quotidienne, des artisans de paix.

Cette recherche réaliste du Bon Plaisir de Dieu s’ouvre à tous les hommes et les porte dans la prière. Elle est miséricorde pour les faiblesses et soutien dans les difficultés, accueil bienveillant du prochain, luttant contre tous les préjugés et cloisonnements de race, de classe et d’éducation.

Fort de la confiance en la grâce du Christ Ressuscité, l’oblat(e) prolonge dans le monde la vie de l’Annonciade telle qu’elle est vécue dans les monastères de l’Ordre, et glorifie Dieu avec toute l’Église. Il(elle) devient pour son prochain, par sa vie de foi, d’espérance et de charité, porteur de la Joie et de la Paix du Christ, à la ressemblance de la Vierge Marie.

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