Juridiction franciscaine puis juridiction de l’Ordinaire à partir de 1832

Notice

Le monastère de la Oude Vestenstraat

En 1627, les sœurs Annonciades de Louvain reçoivent du chapitre de la collégiale Saint-Germain de Tirlemont  la possibilité de fonder un monastère à Tirlemont même. Pour ce faire, le chapitre donne aux sœurs une chapelle, la chapelle Saint-Jacques, pour y construire juste à côté le nouveau couvent. De plus, le 19 mars 1628, elles reçoivent des magistrats de la ville un octroi pour acheter un terrain à côté de cette chapelle. À la même époque, on leur fait aussi cadeau d’un verger. En 1629, le nouveau monastère est construit et le 31 mars, huit religieuses arrivent de Louvain à Tirlemont. La première supérieure s’appelle Anna Wielant. Six ans vont passer.

1635 : la guerre de Trente Ans bat son plein. Durant la prise de la ville par les troupes hollandaises et françaises, qui a lieu le 9 juin 1635, le monastère est pillé. Les deux frères mineurs au service des sœurs sont maltraités et blessés. Le confesseur, le père Van den Steen, se remet de ses blessures mais son compagnon, Egide Dobbelerius, succombe le lendemain, 10 juin. Face au désastre et au pillage de leur monastère, les sœurs sont poussées à quitter les lieux. Elles trouvent refuge à Tongres chez les Sœurs Grises. Elles y résident jusqu’à la fin de l’année. Le 5 décembre 1635, la communauté revient à Tirlemont. Mais le rétablissement s’avère difficile, vu l’état de délabrement des lieux. En 1643, la communauté essaiera de s’établir à Malines, mais ans succès.

Anne Wielant, la première ancelle de Tirlemont, a laissé un témoignage très vivant et personnel de la prise de Tirlemont et du pillage de son monastère, en l’année 1635.

Comme travaux rémunérateurs, les Annonciades ont lavé pendant un moment le linge du gouverneur, le cardinal-infant Ferdinand. Il est très probable aussi, comme c’était la coutume dans le monastères à l’époque, qu’elles aient accueilli des dames-pensionnaires, et aussi des malades mentales, placées chez elles par le magistrat de la ville.

Rapides aperçus du quotidien de la communauté :

En 1630, mère Anna Wiellant reçoit une lettre de l’ancelle du monastère d’Anvers, qui lui donne quelques conseils concernant la direction des novices.  En 1630, mère Anna Wiellant est encore une jeune ancelle !

En 1660, l’ancelle du monastère de Tirlemont reçoit une lettre de celle du monastère de Louvain, datée du 12 janvier. Entre autres sujets, il est question de la béatification de leur fondatrice, sainte Jeanne de France.

Plusieurs documents concernant  la Béatification sont gardés dans les archives de la communauté de Tirlemont. Ainsi, les sœurs gardent un document de 1633 qui est la relation d’un miracle obtenu par l’intercession de Jeanne, survenu au monastère des Annonciades de Bourges le 5 avril 1633. La présence de ce document dans les archives de la communauté montre l’intérêt des sœurs de Tirlemont pour la béatification de Jeanne de France; elle montre aussi  les contacts fraternels que la communauté peut avoir avec d’autres monastères de l’Ordre.

En  décembre 1636, le père Jacobus Pinchart, provincial des frères mineurs, accorde une journée de communion aux sœurs,  au jour anniversaire de leur arrivée à Tirlemont.

En 1676, les magistrats de la ville de Tirlemont se prononcent  en faveur des Annonciades : peut-être pour une exemption d’impôts ?

En 1740, le monastère de Tirlemont reçoit, comme les autres monastères de l’Ordre d’ailleurs, la lettre-circulaire de la sœur Cholet, ancelle du monastère de  Bourges, à propos  de la béatification de Jeanne de France.  Le 30 novembre 1740, mère Cholet donnent par lettre quelques renseignements à l’Ancelle du monastère de Tirlemont concernant la cause de béatification de sainte Jeanne.

En 1750, l’ancelle du monastère de Bourges, mère Doullé, envoie deux courriers aux sœurs de Tirlemont : un, concernant les indulgences accordées par Benoit XIV à leur Ordre pour la fête de sainte Jeanne. Ce document est  daté du 29 avril 1750. Un deuxième document est envoyé, toujours au monastère de Tirlemont : c’est la copie du décret de Benoit XIV autorisant messe et office en  l’honneur de sainte Jeanne, au 4 février,  transférant ainsi la fête des 10 vertus  qui était célébré à l’époque au 4 février, au 11 juillet. Ce décret est daté du 23 septembre 1746. Les Annonciades de Tirlemont gardent aussi précieusement dans leurs archives un sommaire concernant les vertus, la sainteté, la vie et les miracles de leur fondatrice, sainte Jeanne de France.

Entre 1765 et 1781, les sœurs reçoivent plusieurs lettres de Frères mineurs adressées au monastère, par exemple, une du père Jocobus Hiynens, secrétaire de la province, une autre du père Huypens.

Plusieurs documents concernant la législation de leur Ordre sont gardés par les sœurs, tels les Statuts Généraux écrits par le bienheureux père Gabriel-Maria, le cofondateur de leur Ordre, les statuts des sœurs externes ou tourières, ceux des sœurs converses.

Le monastère est sous la direction des Franciscains. Ceux-ci ont souci de la vie spirituelle des moniales. C’est ainsi qu’en 1614, le père Willem Spoelberg , dont la soeur Joanna est une moniale aux Annonciades de Louvain, avait écrit pour les Annonciades un ouvrage intitulé «Petits exercices spirituels se rapportant au prologue, aux 40 œuvres de la VM ». Les Annonciades de Tirlemont doivent donc avoir dans leur bibliothèque cet ouvrage.

2 avril 1649, on trouve dans les archives du monastère un document, concernant le port du scapulaire rouge. Les sœurs ont-elles eu des difficultés à ce sujet ? Au port de leur scapulaire rouge ?

Arrivent les années 1780 – 1783. Arrivent les années de l’avènement de Joseph II. Les sœurs prévoient des difficultés, sentant venir le moment de la suppression de leur monastère, à cause des nouvelles  lois gouvernementales. Elles vont les devancer en demandant, le 5 août 1782, dans une supplique envoyé à l’empereur Joseph II, de pouvoir ouvrir une école de filles, cela, dans le but d’échapper à la suppression, justifiant ainsi de « leur utilité » auprès du gouvernement. Leur demande est soutenue par le curé de Tirlemont et par les magistrats de la ville. La demande est acceptée et, le 25 août 1783, la réponse est communiquée à la communauté.

Le 18 avril 1787, l’ancelle, sœur Catherine Van Herbergen, doit envoyer un extrait des comptes de la communauté à l’État.

Les religieuses vont finalement être chassées de leur monastère le 11 novembre 1796 par les révolutionnaires français. Mais la communauté, qui compte alors 28 religieuses, va pouvoir rester groupée, demeurant, dans un premier temps, dans une maison de la rue des Récollets. Après six mois, elles déménagent dans une maison de la famille Vandermeeren, située  dans la vieille rue Cabbeeck (aujourd’hui Gilainstraat). Leur monastère est vendu en mai 1798. Mais en 1800, les sœurs peuvent  louer une partie de leur ancien monastère ainsi que l’église. Cependant, au début de 1822, le propriétaire leur demande de quitter les lieux. Grâce au soutien financier du Baron de Baudequin de Peuthy et par la médiation du Chevalier de Wouters d’Oplinter ‑ tous deux ayant joué un rôle capital pour la conservation du monastère en 1783 – les sœurs acquièrent un immeuble dans la Broekstraat. Le 13 mars 1823, elles s’y installent, ouvrant une école. L’emménagement des onze sœurs – huit de Tirlemont, trois des monastères supprimés de Louvain et de Bruxelles – signifie alors un nouveau départ. Les autorités tolèrent la communauté.  Rome, de son côté, va reconnaître la restauration du couvent, dans un document daté du 1832, de sorte que les postulantes, déjà au nombre de sept à l’époque, peuvent prendre l’Habit.

En 1853, la communauté, au nombre de 32 sœurs,  envoie sept des leurs  fonder à Geel un nouveau monastère de leur Ordre.

En 1919, les sœurs achètent un nouveau bâtiment, à la Oude Vestenstraat, afin de mieux installer leur école. Elles vendent alors leur monastère de la Broekstraat à l’État. Elles  s’installent dans  leur  nouveau monastère,  le 30 octobre 1920. Les vocations commencent à se raréfier.

A cause de ce manque de vocations et parce que les sœurs enseignantes n’ont pas les diplômes requis, le maintien de l’école va devenir  de plus en plus difficile, si bien qu’elle sera finalement fermée en 1947.

Entre 1929 et 1958, les Annonciades de Tirlemont entretiennent une correspondance avec le monastère des Annonciades de Thiais et avec son Ancelle, mère Marie-Emmanuel Agnéray, première Ancelle du monastère thiaisien.

En 1929, Mère Marie-Emmanuel Agnéray visite les monastères Annonciades de Belgique, au nombre de trois à l’époque : Tirlemont, Geel et Merksem.

En 1958, le cardinal Maurice Feltin, Protecteur de l’Ordre, se rend dans les trois monastères de Belgique. Avant cette date, en 1932, le Père Richard Defrennes, franciscain et conseiller des Annonciades de Thiais, écrit à l’Ancelle de Tirlemont au sujet de la nouvelle traduction de la Règle, ainsi que de la mise à jour des Offices liturgiques, et Cérémonies de prise d’habit etc.

En 1957, Mère Marie de Saint-François d’Assise, seconde ancelle du monastère des Annonciades de Thiais, entreprend quelques voyages en Belgique, entre 1957-1960. Comme l’avait fait en son temps mère Marie-Emmanuel, elle rencontre non seulement les moniales Annonciades de Belgique, mais également les sœurs Annonciades apostoliques, fondées en Belgique à la fin du 18ème siècle.

En 1965, le monastère de Tirlemont ne compte plus que cinq sœurs.  Celles-ci vont alors rejoindre le monastère des Annonciades de Merksem. En 1970, toutes les sœurs s’installent à Westmalle, ainsi que les sœurs du monastère de Geel.

Sources manuscrites

Archives des annonciades de Westmalle (B) versées au KADOC (UC Louvain); Archives Générales du Royaume (Bruxelles) ; Archives franciscaines de St-Trond manuscrit  MF 3.1. (Archives versées au KADOC (UC Louvain) ; Archives municipales de Tirlemont, série K. ; Archives ecclésiastiques du Brabant, document n° 16140, états des biens, 1787.

Sources imprimées

« De l’annonciade de Tirlemont, 1629… », Revue franciscaine, Tirlemont, 1951, page 17.

Remans Gilbert. ofm, Phil. thom. Dr. Driehonderdste verjaring van de aankomst der Zusters Annuntiaten te Tienen (1629-1929), Geschied­kundige aanteekeningen, Drukk. « Lux »,  Antwerpen, 1929.   Un vol., 208 : 135 mm. r., 104 pp. Les imprimatur sont du 29 déc. 1928 et 13 janv. 1929. [Le 300e anniversaire de l’arrivée des sœurs annonciades à Tirlemont (1629-1929), Notices historiques, Genck, 1929.] Voir Othon [de Pavie (Ransan)], Vie du bienheureux Gabriel-Maria, p. 311-315.

Rets V., Campagne des français et des hollandais dans les provinces belges, en 1635 et N.-.D. Consolatrice de Tirlemont, Louvain 1859 : seconde partie, pages 25 à 58. Voir aussi : Histoire de la ville et des institutions de Tirlemont, 2e partie, Louvain, 1861, p. 157-159.

RHF, tome 4,1927, p. 267 ; tome 5, 1928, p. 140, 164, 165 ; tome 7, 1930, p. 160, 162, 213 ; tome 8, 1931, p. 214-215 ; FF, tome 14, 1931, p. 193.

Wielant, Anna, ovm, De verwoesting van Thienen in 1635, Antwerpen, 1901.  Un vol., 230 : 156 mm., 32 pp. [La Destruction de Tirlemont en 1635, Anvers, 1901.] p. 2 : Préface du P. Steph. Schoutens, où il déclare que cet ouvrage fut rédigé par « eene ooggetuige der gebeurtenissen » Sr. Anna Wielant, première ancelle du monastère de Tirlemont. En 1859, le précieux manuscrit, dont il n’existe qu’un exemplaire, a été traduit par le Révérend P. V. Bess, ofm. : « Campagne des Français et des Hollandais dans les Provinces Belges en 1635 ». P. 31 : Approbations : Anvers, 4 février 1901. Fr. Venantius Janssen, Min. Prov. – Malines, 16 février 1901. J. Thys, can. lib. cens.

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