Sœur Marie de l’Annonciation

 

Épouse de Jésus

Un jour, tôt le matin, avec une poignée de camarades,  je participais à la messe dans le pensionnat où je vécus de la seconde  à la terminale. J’étais encore pleine du sommeil de la nuit et j’écoutais d’une oreille distraite les mots du vieil aumônier. C’est alors que d’un seul coup je fus inondée des flots de la tendresse de Jésus.  Je ne sais comment traduire avec la plume, l’expérience de l’Amour de Jésus que je fis en un instant…. En cette minute, je compris comme une évidence que le Seigneur me demandait d’être toute à Lui. A l’issue de l’Eucharistie, je rejoignais l’ensemble des élèves de l’établissement qui étaient en train de prendre leur petit déjeuner au réfectoire et je prenais place à table profondément bouleversée de ce qui venait de se passer. Je me sentais même sur un petit nuage. Je me demandais ce que je devais faire avec ce feu dans le cœur et n’ayant pour le moment aucune idée sur le sujet,  je gardais dans le silence cet intime secret.

Commençait pour la jeune fille que j’étais un long chemin. Jusqu’alors, mon père étant officier de carrière, ma famille avait beaucoup déménagé. Aussi, je ne m’étais pas enracinée dans un groupe de jeunes chrétiens dont tel ou tel prêtre accompagnateur aurait pu  me donner quelques conseils. Il y avait bien ce bon aumônier que j’évoquais plus haut, mais il me semblait vraiment très vieux et je n’osais pas pour le moment  lui parler de mon secret. Aussi, je me suis laissé conduire par Dieu seul. Mon désir profond était d’aller là où le Seigneur me voulait : Je voulais entrer dans le projet de Jésus que j’aime avec une immense tendresse et ce sentiment ne s’est jamais refroidi : bien au contraire, il devient de plus en plus vif et incandescent à mesure que la vie avance.  J’ai d’abord passé mon bac puis j’ai fait des études d’histoire. Au cours de cette période l’appel s’est reproduit une deuxième fois tandis que j’étais en chemin vers La Catho. Sans attendre la fin des cours de ce jour je me suis rendue en hâte chez le vieil aumônier du pensionnat sans même prendre le temps de téléphoner pour demander à lui parler : il fallait que je parle à quelqu’un de ce qui m’arrivait : je sonne à sa porte : Ouf, il est là ! Je lui ai tout raconté, tremblante d’émotion : j’ai eu la joie de voir qu’il avait deviné beaucoup de mon secret pendant les trois années de ma scolarité dans cet établissement. Après m’avoir écouté avec beaucoup d’attention,  il m’a simplement dit : « continuez tranquillement vos études ! »

Visages de mes soeurs…

Puis se fut la rencontre avec le Père François Potez qui devint mon Père spirituel. Sur son conseil, suivant la spiritualité de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, j’ai remis ma vie à Jésus par une offrande de moi-même à La Très Sainte Vierge Marie : ce fut un tournant dans mon cheminement même si la route fut encore longue. Marie m’a alors conduite et je suis convaincue qu’aujourd’hui c’est Elle qui réalise ma Vocation. Je veux dire que c’est Elle qui guide l’épanouissement du charisme de l’Ordre de la Vierge Marie dans les fibres de mon être.

Dans ma recherche j’ai vraiment expérimenté le beau titre du livre de Saint Jean-Paul II : « Ma vocation, don et mystère » : oui j’ai touché du doigt combien ma vocation était un don et un mystère : UN MYSTERE : pourquoi moi ? Avec quelle délicatesse d’amour Jésus m’a conduite par Marie jusqu’à l’Annonciade qu’Il désirait pour moi ! Avec quel ART il a gardé mon cœur pour lui seul alors que j’aurais pu me décourager à force d’attendre sans trouver ! Régulièrement, ces appels de feu se sont renouvelés pour que je poursuive ma recherche. UN DON : il me fallait accueillir le projet de Jésus et ne pas faire mes plans à sa place : ainsi, étant devenue éducatrice, consacrant beaucoup de mon temps libre dans divers services auprès d’enfants : scoutisme, monitrice en centre de vacances, bénévolat dans un orphelinat au Liban etc., je me disais que peut-être, je pourrais donner ma vie au Seigneur en servant les jeunes : c’est ainsi que je suis partie deux ans dans l’Ecole d’un Foyer de Charité au service des élèves : mais non, ce n’était pas l’idée de Jésus, c’était la mienne ! Ma soif immense de Dieu n’était pas étanchée ; il me fallait renoncer à cet apostolat pour choisir tous les apostolats c’est-à-dire la vie contemplative. Oui je comprenais alors qu’il fallait aller vers la vie monastique.

Jusque là je n’avais pas osé cette forme de vie : elle me semblait hors de ma portée ! J’avais peur d’entrer dans un monastère ! Je quittais donc les foyers de Charité en larmes ! Je pensais bien au Carmel ! car le Père François m’avait beaucoup parlé d’un Carmel qui lui était familier et j’avais déjà tissé des liens avec la Mère Prieure, à tel point que les membres du Foyer de Charité m’ont offert un livre d’Edith Stein, pensant comme moi que c’était là que je devais aller. Mais dans ma petite voiture, en route vers ce fameux Carmel, il faisait de plus en plus nuit au fond de mon âme : « Mais Jésus, que veux-tu donc de moi ? » Je fis escale à Lourdes et je passais là cinq jours, mendiant la lumière ! J’ai passé des heures à prier à la grotte…

Et voilà qu’il vint dans mon cœur ces mots « tu devrais aller voir l’Annonciade ! » Quelle douce lumière cela fut ! L’Annonciade ? J’avais bien, à l’époque de mes études, trouvé une carte postale à la Procure avec cette prière qui frappa mon cœur : « O Marie, Vierge et Mère de Jésus, donnez-moi de penser, de dire et de faire ce qui plaît le plus à Dieu et à vous-même. » L’auteur de cette prière était Sainte Jeanne de France ! « Tiens, m’étais-je dit, je fais des études d’histoire mais je n’ai jamais entendu parler de cette Jeanne de France ! » J’avais alors découvert la vie de La Fondatrice de l’Annonciade, fille de Louis XI : je fus aussitôt touchée par la vie de cette sainte princesse et je me trouvais comme avec une amie ! En plus, dans la Biographie que j’avais trouvée, il y avait des illustrations avec des photos des Annonciades ! Mais, à ce moment de ma vie, je n’avais jamais entendu parler de cet Ordre aussi je me disais à cette époque  que ce devait être une espèce en voie de disparition, alors je n’étais pas allée voir !  Mais cette fois, à Lourdes, la lumière était si douce dans la nuit de mon âme que j’achetais sur le champ un guide des Monastères et je reprenais la route jusqu’à ce fameux Carmel. J’y passais quelques jours. Mais la Mère Prieure me dit qu’il était complet ! (Au Carmel, en effet, le nombre de religieuses est limité suivant le désir de Sainte Thérèse d’Avila).

Visages de mes soeurs…

Je me suis alors plongée dans mon guide, tout juste acquis : Annonciade, Annonciade …Ah, j’ai trouvé ! Et il y a un monastère à Thiais dans le Val de Marne ! Mes parents habitent à Boulogne sur Seine : ce n’est donc pas loin ! Je reprends la route et me voilà chez mes parents, absents, car nous sommes en plein été et tout le monde est partie en vacances. Je téléphone à l’Annonciade à Thiais ! Le téléphone est plein de parasites sonores mais je parviens à comprendre les heures de la messe et des offices. Le lendemain, je prends la route de Thiais…. je me perds dans la ville … personne ne connaît le chemin … Je frappe à la porte du Presbytère : le Curé de la Paroisse Saint Leu-Saint Gilles me fait gentiment un plan et me voilà devant la grande porte du Monastère. Je crains de sonner ! Qu’est-ce qui m’attend derrière cette porte ?

Voilà que deux sœurs arrivent, revenant de chez le dentiste ! En plus une amie du monastère, arrivée en même temps que moi et, semblant deviner mes appréhensions, dit aux deux sœurs qu’elle connaît bien : «  elle a peur de sonner ! » Aussitôt, je confiais la raison de ma visite et je fus accueillie avec une immense gentillesse par les deux sœurs souriantes : grâce à elles, je fus vite reçue. En  attendant,  la sœur m’explique qu’à l’Annonciade  la vocation était de faire plaisir à Dieu en imitant Marie telle que nous la voyons dans l’Évangile. Je compris à l’instant que j’étais arrivée là où Jésus m’attendait depuis toujours !  Merci Seigneur ! Alléluia ! Magnificat !

Je repartais toute autre que je n’avais jamais été ! Et quelques mois plus tard, j’entrais à l’Annonciade. Ici, toute ma joie c’est d’être Epouse de Jésus, de m’occuper de l’aimer et de me laisser aimer par Lui et ainsi d’être Missionnaire dans le monde entier, c’est-à-dire de travailler par l’offrande des moindres instants de ma vie, par tous les battements de mon cœur, par le don total de moi-même à  faire aimer Jésus. Car oui, Jésus est infiniment Bon, infiniment doux, infiniment aimable et en Lui seul se trouve la vraie joie et le vrai bonheur ! Merci mon Dieu !

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