Un samedi du mois de mars, la nouvelle est tombée : sournoisement, le virus est entré dans le monastère. Un plan d’urgence est devenu nécessaire. Il a été rapidement mis en place par notre mère Ancelle. Tout s’est organisé très vite. Les sœurs les plus fragiles, ou à risque, ont été confinées dans leur chambre. Au total, vingt dont quinze tomberont effectivement malades. Les autres, treize, ont alors pris soin de leurs compagnes avec beaucoup d’attention, de délicatesse, que ce soient celles de la cuisine, de l’infirmerie, celles qui portaient les repas, celles qui assuraient les nombreuses vaisselles, le ménage des lieux communs etc. Les deux infirmières restant sur pied  se sont données à fond, surtout que deux sœurs aînées ont été particulièrement atteintes. Tout s’est passé dans la paix, le calme, la prière. Chacune savait ce qu’elle devait faire, où elle devait être. Durant ce temps, les horaires ont été aménagés. Certains offices ont dû être priés en particulier, comme l’office des lectures, c’est-à-dire celui du début de l’’après midi, afin de permettre une pause à celles qui assuraient le service auprès de leurs sœurs malades. L’eucharistie a été célébrée chaque jour. Si bien que la communion a pu être apportée aux sœurs en confinement. Inappréciable car c’est une force vivifiante. Vu les circonstances, le silence du carême a été rompu en matière de courrier et de téléphone pour permettre aux sœurs de prendre des nouvelles des leurs et de nos amis malades ou isolés.  Quelques photos de notre quotidien :

La vigile pascale et la fête de Pâques ont été célébrées comme à l’ordinaire. Chapelle décorée. Liturgie bien préparée. Les sœurs malades ont pu suivre les offices de leur chambre grâce à l’ingéniosité de mère Ancelle.  Voici quelques photos de la chapelle :

Pendant ces semaines, de nombreux messages courriels sont parvenus au monastère. Ceux et celles qui se sont inquiétés de la communauté ont été nombreux, demandant des nouvelles. Merci à eux tous du fond du cœur. Qu’ils sachent combien cela nous a fait du bien et réconfortées. Voici quelques fleurs de notre jardin afin de vous dire notre Merci.

Un bruit a couru : le décès d’une sœur provoqué par ce virus. Il n’en est rien. Toutes maintenant sont  hors de danger et sorties de leur confinement. Aucune n’a dû être hospitalisée. Petit à petit, elles reprennent la vie communautaire.

En ces semaines intenses d’émotion, peut-être de fatigue et de crainte, loin de se sentir enfermées sur nous-mêmes, nous nous sommes plutôt senties en communion avec nos frères et sœurs de par le monde. Le bienheureux Gabriel-Maria, dans un de ses sermons sur les vertus de Marie, ne nous entraîne-t-il pas à « avoir compassion du monde entier » ? On a essayé de le suivre ! Certaines sœurs en confinement ont vécu ce temps comme une sorte de retraite spirituelle. Ces quelques mots de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, repris par Bernanos à la fin de son célèbre  « Journal d’un curé de campagne », se vérifieraient-ils ? « Tout est grâce ».

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