Penser, dire et faire

Tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. Écoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé ;  tu les attacheras à ton poignet comme un signe, elles seront un bandeau sur ton front, tu les inscriras à l’entrée de ta maison et aux portes de ta ville. (Dt 6, 3-9)

Écouter la Parole, puis mettre en pratique ce que l’on a compris de cette Parole. Car cette Parole dévoile ce qui peut rendre heureux, ce qui peut donner à l’existence sa fécondité. Elle se résume en un seul verbe : aimer. Aimer avec toute sa personne, tout soi-même, avec toutes ses facultés : avec son cœur, sa pensée et sa mémoire, avec son âme, son esprit, sa raison et son intelligence, avec sa force et sa volonté. Ce verbe aimer, le dire non seulement avec ses propres mots « tu les rediras à tes fils », mais aussi le dire avec sa vie, en ses actes quotidiens, « à la maison ou en voyage », en tout temps, « couché ou levé », en toutes circonstances. Parole à attacher « à son poignet », à mettre comme « un bandeau sur son front », à inscrire à « l’entrée de sa maison et aux portes de sa ville», en un mot, aimer avec ce que je suis, et là où je vis, diffuser cet amour autour de soi car cette Parole fait sortir de soi, nous pousse en avant de nous-mêmes, vers les autres.

Si on entre dans cette dynamique, alors, l’existence devient féconde, elle plait à Dieu. Cela rend heureux. Mais, ce n’est pas forcément naturel. Une conversion est nécessaire. Car aimer vraiment, selon la Parole, fait marcher bien souvent à contre courant du monde et de son esprit. Parfois peut-être, pour faire le point, il est bon de s’arrêter et de se demander : est-ce que je pense et fait comme tout le monde, ou non ? Mes pensées sont-telles de Dieu ou seulement des hommes ? Ma vie se sclérose-t-elle dans mes opinions, mes manières d’agir ? Ou bien, comme le psalmiste le chante dans un psaume, je marche suivant la loi du Seigneur, heureux de garder et de faire ce qu’il me dit ? Mes jours lui sont-ils agréables ? Comment faire pour découvrir ce qui est bon réellement, ce qui est vivifiant, en un mot ce qui est d’évangile en ma vie et ce qui ne l’est pas?

Ces questions, saint Grégoire de Nysse (v. 335 – 395) les résumaient en une seule : « Que doit faire celui qui a obtenu de porter le nom magnifique du Christ? » Et il y répondait : « Rien d’autre que d’examiner en détail ses pensées, ses paroles et ses actions : est-ce que chacune d’elles tend vers le Christ, ou bien s’éloigne de lui? » Si on tend à cela, alors, petit à petit « les actes, les pensées ou les paroles qui entraînent une passion quelconque », qui « n’est aucunement en accord avec le Christ », regardera « vers le chef de la paix spirituelle, qui est le Christ. » En effet, « c’est en lui, comme à une source pure et incorruptible, que l’on puise les connaissances qui conduiront à ressembler au modèle primordial; ressemblance pareille à celle qui existe entre l’eau et l’eau, entre l’eau qui jaillit de la source et celle qui de là est venue dans l’amphore. En effet, c’est par nature la même pureté que l’on voit dans le Christ, et chez celui qui participe au Christ. Mais chez le Christ elle jaillit de la source, et celui qui participe du Christ puise à cette source et fait passer dans la vie la beauté de telles connaissances. C’est ainsi que l’on voit l’homme caché concorder avec l’homme apparent, et qu’un bel équilibre de vie s’établit chez ceux que dirigent les pensées qui poussent à ressembler au Christ » (Saint Grégoire de Nysse, extrait « De la perfection chrétienne »).

Ô Marie, Vierge et Mère de Jésus, 

donnez-moi de penser, de dire et de faire 

ce qui plaît le plus à Dieu et à vous-même.

Ce que dit saint Grégoire de Nysse fait penser à ce que dit en quelques mots sainte Jeanne dans sa célèbre prière à la Vierge : elle demande que toute sa personne, que toutes les puissances de son être profond soient orientées vers le Plaisir de Dieu, lui soient agréables, à savoir, sa mémoire, son intelligence, sa volonté en lesquelles les pensées, la parole et les actes ont leur source : Ô Marie, Vierge et Mère de Jésus, donnez-moi de penser, de dire et de faire ce qui pmait me plus à Doeu et à vous-même.

Dans cette prière Jeanne, en demandant à la Vierge que ses pensées, ses paroles et ses actions soient agréables à Dieu montre par là que Dieu lui-même est l’objet de ses désirs, celui qui habite sa mémoire, son intelligence et sa volonté, celui qui a pris possession donc de toutes les puissances de son âme, de son cœur, de son être profond, si bien que ses pensées, ses paroles et ses actions sont toutes ordonnées à cet objet comblant qu’est Dieu Trinité, sont toutes orientées vers ce qui peut Lui plaire. Son désir est d’aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, pour reprendre les paroles du deutéronome. Certes, l’image divine est imprimée en toute personne puisque toute personne est créée à l’image de Dieu, mais elle devient ressemblance toujours plus pure dans  la mesure où la personne vit sous l’influence de la grâce divine qui est la grâce de son baptême, sous l’influence de l’Esprit saint.

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