La Fraternité Annonciade, associée au monastère de Thiais, a souhaité mieux connaître son histoire.  La voici, donc, en ces quelques articles.

 

1. Revenir à la grâce des origines de la Fraternité

Il est bon de revisiter cette grâce des origines de la Fraternité, telle que Jeanne et Gabriel-Maria l’ont voulue et mise sur pied. Ce n’est pas un simple  retour sur le passé, une histoire à se remémorer, mais une vie qui est devant nous. Car revenir à la grâce des origines, c’est redécouvrir cette origine pour la faire nôtre aujourd’hui et essayer d’en vivre le mieux possible, selon ce que nous sommes. Alors, on peut dire que la grâce des origines  n’est pas derrière nous mais bien plutôt devant ! Quelle est-elle donc cette grâce des origines ? Elle tient en un seul mot : la paix. Ce souci de la paix, comment a-t-il pris corps chez les fondateurs de l’Annonciade, s’est développé pour parvenir jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à cette Fraternité Annonciade, Chemin de Paix ?

Si Sainte Jeanne n’a pas connu le développement de cette Fraternité de la paix, on peut dire qu’elle en a eu le désir. En effet, il est certain qu’elle a voulu partager ce qui la faisait vivre en profondeur avec le plus grand nombre, en particulier en proposant le dizain des Dix Ave Maria aux personnes proches de l’Annonciade, demandant et obtenant des indulgences pour ceux qui le réciteraient et le porteraient. La Chronique précise que, lorsqu’elle donnait le dizain, elle incitait chacun à être patients dans l’adversité et pacifiques avec le prochain :   « Elle exhortait ceux à qui elle en donnait, à vivre chastement, chacun selon son état, en se remémorant la mort et la Passion de Notre Seigneur, car c’est d’elles que procèdent tous les pardons que nous avons ; et aussi, à être patients dans les adversités, pacifiques avec le prochain, à n’être ni des mécontents ni des détracteurs et à dire les dix «Ave Maria » en l’honneur des dix vertus et plaisirs de la glorieuse Vierge Marie afin qu’elle leur obtienne la grâce, auprès de Dieu, de bien garder ses dix commandements. » (L’Annonciade, Les Sources (LS), Thiais 2010,  114-115 ).

Ainsi, Jeanne souhaite partager son charisme avec toute personne, quelque soit son état de vie.  Elle distribue à qui le désire le dizain, invitant ceux et celles qui le reçoivent à être des artisans de paix. Pour cela, elle propose comme aide, sur cette route de la paix, l’exemple de la Vierge Marie. Mais elle n’aura pas le temps de développer son projet. Gabriel-Maria prendra le relais.

Ceci dit, on peut estimer que cet ordre de la paix, qui est la première dénomination de la Fraternité, est bien issu d’intuitions communes à Jeanne et au père Gabriel‑Maria, et cela dès la fondation de l’Annonciade. Le thème de la paix, la paix à garder, à diffuser autour de soi, est très souvent présent dans les textes fondateurs de l’Ordre fondé conjointement par Jeanne et Gabriel-Maria. Certains textes ont été écrits du vivant de Jeanne:

– Première Règle (1502) au  Quatrième bon plaisir de la Vierge Marie :   « La Vierge Marie, au té­moignage de l’Évangile, salua Élisabeth. Ce salut est un salut de paix. Qu’elle ait dit : Ren­dons grâces à Dieu, ou bien la paix soit avec toi, la raison de ce salut, selon la tradition des saints, fut d’éviter toute paro­le oiseuse, par une salu­tation de ce genre » (Les Sources 668). Ici, la Vierge annonce et porte la paix en entrant dans la maison de sa cousine Élisabeth. On sent l’empreinte toute franciscaine de ce souci de paix, cette paix que saint François d’Assise voulait voir annoncer par ses frères quand ils partaient en mission de prédication, cette paix que le père Gabriel-Maria aimait annoncer et porter avec lui quand il visitait tel ou tel couvent de frères ou de sœurs.   Car il « était un ami de la paix et de la charité…» (LS 612)

– Le Troisième chapitre des Statuta Mariae – un texte de Jeanne – est tout orienté vers la paix. Il s’intitule en effet : « De  la  paix  et  de  la  charité  entre  les  sœurs. » Là, Jeanne, très concrète, donne des directives bien précises afin de préserver la paix une communauté, c’est-à-dire l’harmonie et la concorde entre les personnes. Elle reprenait celles « qui troublent la paix, celles qui parlent mal ou médisent des autres, les menteuses et les flatteuses qui ne peuvent ni vivre en paix elles-mêmes, ni laisser les autres vivre en paix et en charité » (LS 743).

– Cinquième degré de l’échelle de charité que Jeanne a demandé à Gabriel-Maria d’écrire: « Penser que l’esprit malin ne cesse de remuer l’échelle pour faire tomber celui qui y monte, lui suggérant en la fantaisie que les autres ne l’aiment pas ou qu’il ne saurait avoir paix, ni vivre en paix avec tel ou tel…. » (LS 1078). Ce degré est le cœur de l’échelle, écrite par le Père Gabriel-Maria à la demande de Jeanne : « Madame voulait que le Révérend Père donnât à ses filles un statut de pureté et une échelle de charité. » (Les Sources 155) Aimer sans regarder à être aimé est un chemin vers la paix intérieure. L’illusion est de croire que la paix avec son frère n’est pas possible. Là, est l’erreur qu’il faut savoir reconnaître et combattre.

Jeanne a laissé certaines intentions qui lui tenaient à cœur et que l’auteur de la Chronique a consciencieusement notées. La sixième est sur la paix. Jeanne s’adresse à Gabriel-Maria :  « Mon Père, c’est mon désir et mon intention que jamais les Sœurs n’aillent se coucher sans que la Mère n’ait couvert le feu ». Et le père d’expliquer : « Madame nommait son statut, le statut d’amour et charité et disait que c’était la chose qu’elle désirait le plus en sa Religion, la corde des trois cordons, c’est-à-dire que la Mère eût l’amour pour ses Sœurs. Et le second que les Sœurs eussent de l’amour pour leur Mère et le troisième, que les Sœurs eussent de l’amour les unes pour les autres. » Et pourquoi cette insistance de la part de Jeanne ? « La sainte Dame voulait que les Sœurs soient si unies en charité parce que c’est la vertu qui fait plus ressembler à Jésus et à Marie que toutes les autres vertus. » (LS 157).

Jeanne demande ainsi à ses filles de garder la paix entre elles : « Aimez-vous aussi les unes les autres. En faisant cela, on connaîtra que vous êtes filles du Prince de la paix et de la glorieuse Vierge Marie » (LS 129). Elle-même en a donné l’exemple par sa vie. Son attitude au moment de procès en nullité de son mariage le montre bien.  Elle « qui était si vertueuse prit le tout avec humilité, constance et patience, étant toutefois dans une plus grande affliction de cœur qu’elle ne le montrait au dehors. De sorte que cela lui était un tourment extraordinaire, en raison des nombreuses considérations que prudemment elle gardait en son cœur (Les Sources 350). Sa patience, le fait qu’elle garde pour elle certains faits, qu’elle ne colporte pas, montre son souci de la paix.  Ses dernières volontés laissent percevoir également ce souci de paix quand elle dit à Gabriel-Maria : « ne croyez pas légèrement les gens de cour, ni les autres quand leurs paroles sont contre autrui. » Il est important pour elle « de toujours excuser ceux dont on parle mal » (LS 502) En effet, la maîtrise des paroles est un ferment de paix dans les relations.

Tels sont les premiers jalons de la Fraternité. Après la mort de Jeanne, Gabriel-Maria va avoir le souci de faire connaître le charisme de Jeanne, en particulier, son souci de la paix. Il va alors fonder plusieurs Confréries de la paix, écrire de petits traités de spiritualité développant les intuitions de Jeanne. Ce sera le sujet de la prochaine rencontre.

 

2. L’après sainte jeanne

Après la mort de Jeanne, le Père Gabriel‑Maria, dans la ligne tracée par Jeanne, a eu à cœur de proposer au plus grand nombre les intuitions entrevues par la fondatrice car il savait que c’était là son désir. Ne l’avait-il pas vue donner le dizain des Dix Ave Maria ? Entre 1513 et 1517, alors qu’il occupe les plus hautes charges de son ordre, qui le tiennent éloigné des monastères de l’Annonciade, il profite de chaque occasion qui lui est offerte pour propager en de petits traités de dévotion mariale, destinés à des confréries de laïques, les orientations spirituelles de Jeanne qui sont le fondement même de l’ordre de la paix, devenu aujourd’hui Fraternité Annonciade, chemin de paix. Car la source première dont sont issues les Fraternités annonciades est bien Jeanne. C’est elle, sa vie, son expérience et son message spirituels que Gabriel-Maria a, en effet, à l’esprit en écrivant ces traités et qu’il propose en exemple. S’il organise, explique, c’est en fidèle serviteur de la pensée de Jeanne. Derrière son texte, affleure un visage, celui de Jeanne.

Le premier traité s’intitule Traité sur la confrérie des dix Ave Maria ou De confraternitate. L’opuscule comporte neuf chapitres. Gabriel-Maria y développe les principales orientations spirituelles de Jeanne : l’imitation des dix vertus évangéliques de la Vierge, la contemplation de la Passion du Christ et des Cinq Plaies, la dévotion à l’Eucharistie, et le souci de la paix. Il nous dévoile l’enseignement que Jeanne aurait reçu de la Vierge. En voici un exemple. Ainsi, la Vierge aurait dit à Jeanne :

« Il y a trois choses qui me plaisent par-dessus tout et qui m’ont toujours beaucoup plu quand je vivais sur cette terre … La première c’est d’écouter mon Fils, ses paroles et ses enseignements… La seconde fut de méditer sur ses blessures, sur sa Croix et sa Passion… La troisième, c’est le très Saint Sacrement de l’autel…. » Et la Vierge d’ajouter : « Fais cela et tu vivras… » Mettre en pratique ces trois choses a pour conséquence la paix et la prière d’intercession. En effet, l’enseignement marial à Jeanne se poursuit ainsi : « Tu chercheras à établir la paix entre tous ceux au milieu desquels tu habites. Tu ne diras rien d’autre que des paroles de paix, soucieuse du salut des âmes. Tu n’écouteras pas les paroles honteuses ou médisantes et dès que tu verras quelques pécheurs, tu diras dans ton cœur : il faut sauver ces pauvres gens. Car, Dieu a permis qu’ils pèchent en ta présence pour voir, lui Dieu, comment tu voudrais prier pour eux et quel labeur tu entreprendrais pour pouvoir les sauver. Excuse-les auprès de Dieu afin d’être, comme je l’ai dit, l’avocate et le défenseur de tous. »

Le second, l’Opuscule sur les trois ordres de Notre-Dame, est adressé au cardinal François Ximénès, franciscain et archevêque de Tolède. Ce traité est composé d’un prologue, présentant les trois dévotions de la Vierge. Puis viennent trois chapitres : ce que l’ont doit connaître, ce que l’on doit dire, ce que l’on doit faire. Ces trois « ordres » ou « dévotions » de la Vierge sont la Parole de Dieu, la Passion du Christ, et l’Eucharistie.

Un troisième petit traité a été composé par Gabriel-Maria, Traité des trois ordres. Le premier « ordre » est de méditer et de prier sur les 10 vertus de la Vierge propres à l’Annonciade, le second, joint au premier,  est de méditer et de prier sur les Cinq Plaies du Christ. Quant au troisième, joint aux deux premiers, comporte les trois dévotions évoquées plus haut : Parole de Dieu, Passion du Christ et Eucharistie.  Et Gabriel-Maria de conclure : « Les frères et les sœurs de cet ordre ont coutume de se recommander matin et soir à la Vierge Marie, à la sainte Croix et à la très sainte hostie qui est le pain de vie et le pain de la route de notre voyage ici bas. Fortifiés par lui, nous parviendrons à l’Horeb, la montagne de Dieu, c’est-à-dire, à la gloire des bienheureux, à laquelle nous conduit la Mère de Dieu, étoile de la mer, reine du ciel, souveraines des anges, mère de la grâce, avocate des pécheurs, la Vierge Marie, Amen. Grâces soient rendues à Dieu et à Marie. »

Si la forme de ces confréries varie, elle module néanmoins sur deux idées fortes : une orientation vers les 10 vertus et l’imitation de Marie d’une part,  et  d’autre part, vers les trois dévotions franciscaines de la Parole de Dieu, de la Passion du Christ et de l’Eucharistie. Ils sont véritablement les racines de l’ordre de la paix, même si dans ces textes, ni dans leur approbation générale obtenue du pape Léon X le 6 juillet 1517, on ne parle pas « d’Ordre de la Paix », mais de premier, deuxième, troisième ordre, de confraternité… de la Vierge Marie.

En écrivant ces traités Gabriel-Maria a contribué à faire connaître le charisme de Jeanne, au gré de ses déplacements.  Car en ces années 1513-1516 – dates de composition des traités – il est vicaire général et en tant que tel, il visite les couvents des frères des différentes provinces. Visitant les couvents d’Allemagne, il passe par Nuremberg et dédie son premier traité, le De confraternitate, aux sénateurs de la ville les invitant à faire bon accueil à ce texte. Il présente un second traité, l’Opuscule sur les trois ordres de Notre-Dame, pour approbation, à l’archevêque de Tolède, franciscain, étant en Espagne. Devant aller visiter les provinces anglaises, il dédie son troisième traité à Catherine d’Aragon, reine d’Angleterre. Dans les circonstances que ses différentes charges au sein de son Ordre le plaçaient, il a su saisir l’occasion de diffuser le message de Jeanne de France. Le premier d’ailleurs il en vivait. On le verra la prochaine fois.

En terminant, un regard vers ces « trois dévotions » que sont la Parole de Dieu, la Passion du Christ et l’Eucharistie. On peut dire qu’elles sont bien présentes tout au long des évangiles, en particulier dans l’évangile de Cana, en Jean chapitre 2, versets 1 à 12.  Ainsi, le « Faites tout ce qu’il vous dira » renvoie à la Parole de Dieu. Être à l’écoute de cette Parole et la mettre en pratique. C’est cela que la Vierge conseille aux serviteurs de la noce ; la Passion est présente dans « Ce n’est pas encore mon Heure ». En effet, « Heure », en saint Jean renvoie à la Passion. L’Eucharistie est comme annoncée en cette eau devenue le meilleur des vins. Enfin, le « ils n’ont plus de vin » renvoie à la prière d’intercession conseillée à Jeanne par la Vierge.

 

3. Gabriel-Maria artisan de paix

Le Pape Léon X reconnait le bienfait que peuvent avoir pour la vie chrétienne des fidèles les confréries mariales, fondées par Gabriel-Maria, et dont le but est de promouvoir la paix. Ce dernier, en fidèle disciple de saint François, la promouvait. Son premier biographe écrit : « Par-dessus toutes choses, le révérend père était un ami de la paix et de la charité ; il les gardait et recommandait particulièrement en tous lieux où il allait. S’il trouvait en quelque couvent quelques petites querelles, étant donné que nul n’est parfait tant que nous sommes en ce monde, il se mettait en peine de remettre tout dans la paix et dans l’union. Quand il arrivait dans un couvent ou dans une maison, il annonçait la paix. Quand il s’en allait, il laissait et recommandait la paix et la charité, priant d’un cœur paternel de s’entraîner à cela les uns les autres, à l’exemple de notre doux Sauveur Jésus.»

Le 6 juillet 1517, Léon X approuvait deux confréries qui ont été associées à l’Ordre religieux fondé par Jeanne de France: « nous avons approuvé et confirmé ces confréries ou ces ordres par notre autorité apostolique afin de leur donner une existence plus durable. »

Cet “ordre de la paix”, dès ses débuts, est bien accueilli, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. C’est ainsi qu’en 1521, Louise d’Angoulême, la mère de François Ier, se posant des questions sur la manière de le mettre en pratique, écrit à Léon X qui la renvoie à Gabriel-Maria: « C’est à notre cher fils de l’Ave Maria, lui dit-il, que nous concédons licence et faculté de trancher tous et chacun des doutes qui, dans leur temps, pourront s’élever à [ce] sujet….»

Cet “ordre de la paix” approuvé par Léon X, est confirmé par son successeur, le pape Adrien VI qui, à cette occasion, envoie à Gabriel-Maria, une note donnant le sens spirituel de cet “ordre de paix” : « L’ordre de la paix, écrit le pape, est fondé sur trois choses : premièrement, que les frères et sœurs de cet ordre doivent garder avec les autres paix et union de cœur ; c’est de jamais n’avoir haine contre qui que ce soit. Deuxièmement, paix dans les paroles ; c’est de ne point détracter ni médire d’autrui. Troisièmement, les actions ; c’est de ne jamais se venger, mais plutôt par œuvre et par effet procurer la paix et mettre la paix entre tous, selon son pouvoir ; car c’est le commandement de Notre Dieu lequel veut que nous nous aimions les uns les autres, comme il nous a tous aimés en donnant son précieux Corps à mort cruelle pour notre rédemption. Il ne veut pas seulement que nous aimions nos amis et parents, mais aussi nos ennemis, et faire du bien à ceux qui nous font du mal et nous persécutent. Jésus vous dit : Bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous font du mal. Cette doctrine Jésus, notre Amour, l’a mise en pratique pour notre exemple, lorsque sur la croix il a prié pour ses ennemis qui l’avaient crucifié… . C’est pourquoi, il a été institué cet ordre de paix afin d’inciter à vivre en paix et en charité avec tous chrétiens qui désirent être enfants de Dieu et participants du règne de son Fils Jésus. Il est aussi de grande utilité pour apprendre à aimer toujours son prochain.»

Les paroles du pape ont dû réconforter Gabriel-Maria, l’assurer que cet “ordre de paix” est conforme à la pensée de l’Église. Mais, il connaît bien le cœur humain, et ses faiblesses. Que faire, demande-t-il alors au pape, quand on manque à son “ordre de paix” ? « Très Saint Père, l’ordre qu’il vous plaît de nous donner est fort difficile à bien garder, je me permets donc de vous exposer un doute ou une difficulté. S’il advient que, par impatience ou par autre imperfection, quelques-uns des frères et sœurs font quelque faute contre leur ordre de paix, perdront-ils cette grâce de plénière rémission que vous leur donnez à l’article de la mort ? » En effet, le pape Adrien VI a accordé une indulgence plénière à l’article de la mort pour ceux qui auront été fidèles à leur “ordre de paix”.

Et le Saint Père de lui répondre : « Considérant que nous sommes tous pécheurs, nous entendons que ceux et celles qui auront perdu, en quelque jour que ce soit, la dite grâce de plénière rémission, ayant manqué à leur ordre de paix, ils peuvent la recouvrer entièrement pourvu qu’ils se repentent avant d’aller se coucher, et qu’ils disent en leur cœur sincèrement: Seigneur Jésus, mon Sauveur, je confesse que j’ai manqué à mon ordre de paix. Je t’en demande bien humblement pardon, te promettant, qu’avec ta grâce, je ferai mieux dorénavant et me garderai, selon ma fragilité, de t’offenser, à l’avenir. »
Gabriel-Maria n’a pas seulement promu la paix, il la suscitait autour de lui, en véritable artisan de cette paix. Les difficultés traversées par sa famille religieuse devaient l’affecter profondément. Il n’est pas étonnant de le voir porter en son cœur ce souci de la paix et de l’unité. Dans le Livre de dévotion d’une religieuse du couvent des Annonciades de Louvain, conservé à la Bibliothèque universitaire de Gand, on trouve la copie néerlandaise de trois lettres ou exhortations de Gabriel-Maria. Une est adressée certaine¬ment à un couvent de frères. Malheureusement, on ne connaît pas le nom de ce couvent, ni la date, ni les circonstances de ce texte. Quoi qu’il en soit, on perçoit qu’il a eu connaissance de quelques conflits entre des religieux et il désire voir revenue entre eux la paix ; il les relance sur le chemin de l’Évangile : « Mes chers enfants, ayez entre vous un seul cœur et un seul esprit… Ne vous tourmentez pas pour de petites choses critiquables, ne tenez pas à ceci ou cela […]. Soyez doux les uns envers les autres. Que celui qui est un peu plus fort se charge de celui qui est plus malade, supportez-vous les uns les autres et encouragez-vous mutuellement dans la charité, ainsi vous accomplirez le commandement du Seigneur qui, lors de son dernier adieu, priait ainsi : “Père, que tous soient un comme nous sommes un. Qu’ils soient parfaitement unis les uns les autres”. »

Le passage de l’évangile de saint Jean sur l’unité – Jn 17, 18-26 – lui parlait au cœur. Cet ami de la paix était un passionné d’unité. Face aux conflits que traversait son Ordre où deux tendances s’affrontaient, il a travaillé à l’unité. Aux frères de l’un et l’autre mouvement, il disait : « Que les vôtres disent du bien de nous et les nôtres du bien de vous… » Tout un programme !

A suivre

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