Quelques jours avant Noël, soeur Marie du Bon Secours a vécu sa Pâque.

Ce 23 avril 1935 à Bures-sur-Yvette, dans le département de l’Essonne, une petite Alice voit le jour. Son père s’appelle Victor Vilain, journalier, originaire de Hennecourt dans le Nord, et sa mère, Constance Leplomb, journalière, originaire de Berthincourt dans le Pas-de-Calais. Elle est la plus jeune de la famille qui compte quatre enfants : Victor, l’ainé, Yvonne, Valentine et… la petite Alice. Peu après la naissance de leur petite fille, les parents vont décéder,  le papa frappé par la tuberculose et la maman succombant à un cancer. Les quatre enfants vont alors être dispersés : Victor sera pour un temps chez sa tante maternelle, puis sera accueilli dans une institution. Soeur Marie du Bon Secours ne saura pas dire où ses deux sÅ“urs aînées ont habité, après le décès de leurs parents. Elle-même, la petite Alice d’alors, est placée dans une pouponnière tenue par des religieuses.

Le 14 août 1937, Alice a 18 mois. En ce jour, le frère et la soeur Depret l’accueille chez eux; ils sont domiciliés à Hautmont, dans le Nord. Elle sera adoptée en 1956 par  Marguerite-Cécile Depret, institutrice.

En l’accueillant chez eux, le frère et la soeur lui donnent le prénom de Monique. Ils seront pour la petite Monique parrain et marraine. Auprès d’eux, elle a été choyée et aimée, recevant toute l’affection possible. Ils lui donnent aussi une bonne éducation, laborieuse, le sens de l’accueil, l’attention aux plus petits, ayant également le souci de développer ses capacités. Ainsi elle apprendra le piano, accédant à un certain niveau. Auprès d’eux, elle a grandi dans la vie de foi et de prière, ainsi que dans le don d’elle-même auprès des autres enfants que parrain et marraine accueillaient chez eux.

Une anecdote : lors d’une loterie, ayant eu lieu à une fête de Noël, alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille, elle avait gagné un petit train en bois. Mais, parrain lui  fit remarquer que, près d’elle, il y avait une petite qui n’avait rien reçu. Il lui dit alors : « tu vois, cette petite fille, elle serait certainement heureuse si tu lui donnais ton train ». Ce qu’elle fit aussitôt, pour faire plaisir à cette enfant. Toute sa vie ne sera que dévouement à ses sœurs de communauté, doublé d’un grand courage.

Elle a connu ses deux tantes maternelles. L’une d’elle a eu un fils, Maxime, avec lequel elle est restée très attachée. Elle reste en contact avec son frère Victor et ses deux sœurs, même si Yvonne reste plus distante. D’ailleurs elle aura le souci de sa famille jusqu’au bout, cherchant à être artisan de paix si cela était nécessaire, surtout par la prière.

Jeune fille, elle sent petit à petit monter en elle l’appel à se donner à Dieu. Participant à un pèlerinage à Lourdes organisé par sa paroisse dont parrain est le sacristain, là, en ce sanctuaire marial, sa réponse à l’appel de Dieu est donnée. Elle pense d’abord à entrer chez les Soeur de Don Bosco. Mais sa santé ne lui permet pas d’envisager leur genre de vie.

Elle a connu l’Annonciade par l’intermédiaire d’un prêtre. Elle vient assez vite passer quelques jours au monastère de Thiais, sans donner la raison profonde de son séjour. Son choix est fait. Elle entre au postulat le 16 avril 1958. Monique prend l’habit de l’ordre le 13 décembre 1958 et reçoit comme nouveau nom soeur Marie du Bon Secours. Tout un programme. Sa profession temporaire a lieu le 15 décembre 1960 et sa profession perpétuelle le 21 décembre 1963.

De tempérament gai, elle aime beaucoup faire des plaisanteries – sa compagne d’emploi en sait quelque chose ! Elle aime la vie et a toujours quelque chose à raconter. Très vite, elle est affectée à la cuisine. Dévouée, toujours sur la brèche, elle est une aide efficace pour la soeur cuisinière. De temps en temps, le dimanche, on l’entend jouer quelques morceaux de piano. Vie cachée et laborieuse durant de longues années. Lorsque ses forces commencent  à décliner, elle trouve sa force et sa raison de vivre dans la récitation quotidienne du rosaire, et sa fidélité à l’office divin. Elle prie ainsi de nombreux chapelets par jour pour beaucoup de personnes, ayant à cœur de les porter par ses Ave Maria. « La prière du chapelet est ma force » dit-elle.

Elle aime sa communauté et veut suivre au maximum la vie commune. C’est sa joie et son bonheur d’être avec ses sœurs. De sa chambre de malade, elle vit pleinement la messe et est très heureuse lorsqu’elle peut y participer à l’Église. Mais vient le temps où aller à l’église ou au réfectoire n’est plus possible. Soeur Marie du Bon Secours s’achemine petit à petit vers sa Pâque. Tout se dégrade, reins, cœur, etc. Quelques mois avant son décès, elle aura eu la joie de revoir certains membres de sa famille. Hospitalisée quelques jours, elle revient au monastère pour vivre son passage vers la Lumière peu après son retour. Elle meurt paisiblement, à une heure du matin, le 19 décembre 2025, en l’année jubilaire de l’Espérance.

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