Notre Sœur Marie Marthe, Monique Fuchs, est décédée le 22 février 2026, après une longue hospitalisation. Son désir le plus cher était de rentrer au monastère, elle y est revenue pour y vivre sa Pâques.

Sœur Marie Marthe est née le 12 février 1936 à Bâle. Bien que née en Suisse à la suite de circonstances fortuites, elle était alsacienne, une vraie alsacienne, demeurant à Saint-Louis. Elle aimait le dire, car fière de l’être. Un frère faisait sa joie.

Son père spirituel le père Lucien Lux, spiritain, lui fit découvrir l’Annonciade et sa branche associée le second ordre. Elle s’y agrégea le 4 décembre 1960 – le père Lux ayant été délégué par Mgr Pierre Brot, auxiliaire du cardinal Maurice Feltin, archevêque de Paris, pour recevoir son engagement. La cérémonie eut lieu dans la chapelle des sÅ“urs spiritaines de Blotzheim. Elle choisit comme nouveau nom : soeur Marie-Marthe de Jésus.

L’année suivante, le 8 décembre 1961, elle prononça des vœux temporaires. Le père Lux reçut sa profession en tant que délégué du cardinal Maurice Feltin. La cérémonie eut encore lieu dans la chapelle des sœurs spiritaines. Trois ans plus tard, le 28 mai 1964, elle entrait au noviciat du monastère de Thiais, prenant l’habit de l’ordre le 28 novembre 1964 et choisissait de garder le nom de soeur Marie-Marthe. Sa profession temporaire eut lieu le 5 décembre 1965 et sa profession perpétuelle le 8 décembre 1968.

À Thiais, elle fut longtemps responsable du fruitier et du verger.  Elle y excellait et surtout savait transmettre ses compétences aux jeunes novices, souvent incultes en la matière, avec une patience inégalable. Elle était pour chacune, une sœur fraternelle et enjouée.

Des travaux de secrétariat, d’imprimerie lui furent demandés par la suite. Elle resta au monastère de Thiais une dizaine d’années. Puis, elle fut sollicitée pour aller renforcer la nouvelle fondation de Brucourt. Elle y partit le 3 novembre 1975 accompagnée de mère Marie de Saint-François d’Assise et de soeur Marie du Rédempteur comme chauffeur

Dix ans se passèrent. Le 3 juillet 1986, elle partait pour la fondation de Peyruis, pour trois mois. Ces trois mois se prolongeront pendant de nombreuses années. Car au terme des trois mois, le 23 septembre 1986, elle consentit de prolonger son séjour de trois autres mois. Mère Marie de Saint-François d’Assise notait dans la chronique du monastère de Thiais : « son abandon confiant est exemplaire ». Le 14 février 1987, elle accepta même de rester une année.

Le 28 juin 1988, la maladie qui devait l’handicaper à vie fut diagnostiquée. Elle était à son stade le plus bénin. Cependant, mère Marie de Saint-François, inquiète, notait dans le diaire : « Que Dieu la garde ».  Soeur Marie-Marthe allait donc s’insérer dans la communauté de Peyruis.

Là, elle fit merveille dans les travaux d’imprimerie, de numérisation de documents d’archives. Travail soigné, impeccable. Sa modestie, son sens de l’autre et sa rigueur intellectuelle, la rendaient très accessible à toutes ses sœurs. Le 2 mars 1991, elle fêtait son jubilé de 25 ans au milieu de ses sœurs de Peyruis

En avril 2007, la communauté de Peyruis se transfèrait à Alajuela, au Costa Rica. Le 23 février 2007, soeur Marie-Marthe, dont la maladie évoluait, retourna dans son monastère d’origine, à Thiais. Là, elle poursuivit ses travaux de numérisation d’archives, et ce, presque jusqu’à ses derniers jours.  En 2015, elle fêtait ses 50 ans de profession et en 2025, ses 60 ans.

La longue maladie qui l’accompagnait depuis plus de quarante ans avait développé en elle un courage et une ténacité sans pareil pour garder un maximum d’autonomie. Femme de foi, elle aimait profondément son Ordre et vivait avec la Vierge Marie une relation de forte intimité. Elle va, désormais, veiller sur nos communautés de France et du monde. Sœur Marie Marthe, un merci chaleureux.

 

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