Juridiction des Frères Mineurs.

Notice

Le monastère des Annonciades de Wiedenbrück est fondé en 1669 par celui de Coesfeld. En réalité, c’est une réforme, celle du couvent des Augustines de la ville. En effet, le couvent des Augustines de Wiedenbrück, fondé en 1458, a vu son temporel augmenter aux dépens de sa vie spirituelle. Une reprise en main devient nécessaire. Elles sont dix religieuses en 1669. Certainement, cette réforme s’inscrit dans la mise en oeuvre des décisions du Concile de Trente concernant la vie religieuse féminine.

Pour ce faire, l’Évêque du lieu, avec l’assentiment du Provincial franciscain, le Père Félix Sylvius, va faire appel à cinq annonciades du couvent de Coesfeld dont l’excellent esprit est reconnu. Le 25 février 1669,  les cinq annonciades se mettent en route. Ce sont les sœurs Anna Katarina Kemmers, ancelle ; Anna Maria  Hauerfort, assistante ; Coletta Meyboems, maîtresse des novices ; Anna Margaretha Hesselinck, sacristine ; Theresia Teckleborg, tourière. Les augustines se déclarent prêtes à accepter la nouvelle Règle.

La moitié des sœurs augustines prennent l’habit de l’Ordre de la Vierge Marie le 3 mars 1669.  Le lendemain, 4 mars 1669, elles font profession. Les Augustines ne voulant pas changer peuvent, quant à elle, rester dans le couvent mais en dehors de la clôture.

Le couvent est en bon état. La chapelle, dédiée à Sainte-Agnès, est fonctionnelle. La direction spirituelle du couvent est sous la houlette des Franciscains de la province de Saxe qui, depuis peu, ont pu s’établir tout à côté du couvent Sainte-Agnès.

Le nombre de sœurs à admettre à la Profession est fixé d’une manière très précise, et le provincial veille à ce qu’aucune sœur ne reçoive l’habit s’il n’y a pas une place vacante, par suite du décès d’une autre sœur. Combien sont-elles ? On ne sait pas exactement mais, en tout cas, moins de 30. Car le 25 avril 1722 la Mère ancelle demande, lors d’une assemblée des supérieurs franciscains de la Province – ou chapitre provincial – , l’autorisation d’admettre plus de 30 sœurs : cela lui est refusé.

Les pères franciscains veillent sur le couvent des annonciades. En 1684, ils décident par exemple, pour le service divin, l’usage du vieux rituel, en usage dans leur Ordre. Pourquoi cette vigilance de la part de la province franciscaine ? La communauté est constituée en partie par des anciennes sœurs augustines. La réforme ne peut se faire que progressivement. Les vieilles habitudes – que ce soit en matière de liturgie ou autres…. – sont difficiles à faire disparaître. D’où les décisions successives de la part des franciscains de la province afin de stimuler toutes les sœurs dans l’esprit de leur nouvelle Règle de vie. Trente années après la réforme, il faut encore procéder à des corrections de détail. Par exemple, le chapitre de 1703 doit interdire que des repas soient pris à la grille du cloître ou au parloir avec le père confesseur, de lui écrire sans l’autorisation de la supérieure, de remplacer les chants monastiques par une savante musique à tonalité profane… Ce genre de musique doit être appréciée par certaines car en 1732 le provincial, dans une lettre à la mère ancelle, exprime son mécontentement car certaines sœurs ont reçu de la part de professeurs laïques une formation musicale propre à « satisfaire leur vanité » écrit-il !

De 1670 à 1700, il y a 30 professions. De 1700 à 1810, 81 professions. La situation économique du couvent, au début, est fragile. À cela il faut ajouter des conflits avec le couvent-mère de Coesfeld au sujet de questions financières. Au début du XVIIIe siècle la situation économique n’est pas encore bonne.  À partir de 1732, la situation s’améliore.

Il va falloir une quarantaine d’années pour que l’esprit de l’Annonciade anime toute la communauté. Si bien que la discipline va devenir exemplaire. Une bonne entente circule entre les sœurs. Avec 30 religieuses, en 1720, le maximum est atteint de sorte qu’il faut décider de ne plus accepter de novices. Jusqu’à sa dissolution, due aux événements politiques, le couvent connaît une époque florissante spirituellement. Car le monastère reste pauvre.

Les effectifs : à l’origine le couvent compte une douzaine de sœurs. Vers 1720, il y a 30 moniales.  Le maximum est donc atteint. En  1786, il y a 13  sœurs. En  1788 : 19 choristes, 5 converses. En 1806 : 8 moniales et 5 converses. Au moment de la dissolution : 11 sœurs.

Suppression : un décret royal de Jérôme Bonaparte du 16 décembre 1810 supprime le monastère. Le décret officiel concernant la dissolution de tous les couvents de la région  est du 1er décembre 1810. Un autre décret du 5 février 1812 accorde une pension aux religieuses qui peuvent passer le reste de leurs jours dans leur ancien couvent. Les annonciades sont restées dans leur couvent jusqu’en 1812. Car le livre des vêtures porte cette note : « le 8 mai 1812 nous avons fait les premiers pas hors du monastère vers l’église des pères » – c’est-à-dire, l’église Sainte-Marie, aux franciscains depuis 1644.  Les sœurs décédées après 1810 ont été enterrées dans leur monastère. La première à être enterrée hors du monastère, est Martine Grotthans (ou Grothus). Elle a été inhumée le 19 avril 1814 au cimetière paroissial.

Jusqu’à sa fermeture, le monastère est resté sous la juridiction des frères mineurs, province de la Sainte-Croix, de Saxe. Tous les couvents de Wesphalie ont été dissous par le pouvoir royal. Dès 1813 l’église, le pensionnat et la brasserie – ce qui laisse à supposer que les annonciades avaient des pensionnaires – sont démolies. Il ne reste que deux ailes du couvent. De 1815 à 1824, le reste du monastère appartient au Trésor de Prusse et sert, de 1824 à 1829, de prison, de caisse d’épargne et de logement pour les dernières sœurs. En 1829, ces bâtiments sont affectés aux pauvres de la ville. Puis, en 1849, ils deviennent  un hospice tenu par les sœurs de St-Vincent de Paul. En 1960, les vieux bâtiments du couvent sont démolis.

Les accessoires de culte ont été donnés en 1813 en partie à l’église de Friedrichsdorf, en partie à la cathédrale d’Osnabrück.  Les confesseurs : de 1670 à 1796, 30 Pères franciscains se sont succédé dans cette charge auprès des annonciades.  De 1669 à 1796, 10 Ancelles se sont succédé.

 Archives manuscrites

Archives Municipales de Münster,  d’Osnabrück, de Rheda-Wiedenbrück

Archives Franciscaines du couvent de Wiedenbrück, d’Osnabrück, de Paderborn

Archives princières Bentheim-Tecklenburg,  à Rheda

Archives imprimées

Études Franciscaines 43, 1961, p. 21-74.

Flaskamp Franz Xaver, Livre des vêtures et professions du monastère de 1’Annonciade de Wiedenbruck, Regensberg / Munster, 1948.

Hengst Karl, Lexicon der vor 1815 errichteten stifte und klöster von ihrer gründung bis zur aufhebung, Quellen und forschungen zur kirchen – und religiosgeschte, band 2, Aschendorff – Munster, 1992, traduction française, 1994.
Histoire de l’Ordre franciscain de la Sainte-Croix, province de Saxe, 1909, p. 13-68.

Schlager (Père Patricius), ofm, Histoire des couvents des annonciades en Westphalie, Harreweld, sd. Traduction française, Thiais (F), 1974, 25 p.

Schmitz C., ofm, « Das St.Agnetenkloster unter der Annunziatenregel »,  Beiträge zur Geschichte der Sächsischen Franziskaner-Ordensprovinz, Düsseldorf, Schwann-Verlag, 1907-1909, p. 13-68.

Schneider Herbert, ofm, « Die Annunziaten in Heiligen Rômischen Reich, ihre geschichte und lebensweise », Rhenania Franciscana Antiqua, band 6, Herausgegeben von Otho Gimmnich, ofm, Düsseldorf, 2002 / et dans Jeanne de France et l’Annonciade, Cerf, Paris, 2004, p. 238sv.

Schneider Herbert, ofm, « Les annonciades dans le Saint-Empire germanique », dans Jeanne de France et l’Annonciade, Cerf, 2004, p. 242.

Vandeloo Denise, “De non die zakenvrouw werd, in één op drie huisapotheken in Duitsland is ‘Klosterfrau Melissengeist’ thuis”, Zaterdag 28 en Zondag, 29 juli 2001.

La communauté de Thiais rénove son monastère

Un grand merci

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