Le 4 mai dernier a eu lieu, dans la chapelle du monastère, les obsèques de sœur Marie de la Compassion. La messe était présidée par le père aumônier de la communauté, en présence des sœurs, des membres de sa famille. Quelques membres de la Fraternité Annonciade, Chemin de Paix, associée au monastère, ont tenu à être là. Le temps en ce jour n’était pas au beau fixe mais, lors de la cérémonie au cimetière, un rayon de soleil a fait son apparition – petit signe de notre sœur qui semblait nous dire “je suis dans la lumière”. Qui était elle ?

Après avoir soigné ses parents, Marie-Thérèse, qui exerçait le métier de secrétaire,  est entrée dans l’Ordre de la Vierge Marie le 6 août 1991, poussée par l’amour de Jésus et de Marie, par  le désir d’une vie de prière et de silence. Elle a pris l’Habit, le 16 février 1992 et choisit comme nom nouveau “Marie de la Compassion”. Le 25 avril 1993, elle a fait sa profession temporaire, choisissant  comme titre de sa charte de profession “Magnificat !”.  Le 7 juillet 1996, elle s’est engagée définitivement dans l’Ordre par la profession perpétuelle. Le titre de sa charte de profession laisse deviner quel sera son itinéraire spirituel. Ce titre est “Je suis venu, ô Père, pour faire ta volonté”. Ce titre est bien en résonance avec la spiritualité de son saint préféré le bienheureux Charles de Foucauld.

Pendant un certain temps elle a travaillé à l’atelier de conditionnement du monastère, puis elle est devenue secrétaire de la communauté et sacristine. Pendant plusieurs années, elle a été également  une des  conseillères du monastère de Thiais.  À ce titre, elle fut envoyée au monastère de Menton pendant quelques mois. En 2012, elle eut la douloureuse mission de fermer ce monastère, ce qu’elle fit avec beaucoup de délicatesse. On peut dire qu’elle exerça les différentes  charges qui lui furent confiées  avec un grand dévouement.

Ses notes de lecture font deviner une vie intérieure profonde. Elle puisait dans de nombreux auteurs : Charles de Foucauld, bien sûr, mais aussi Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux, Jean de la Croix, les textes propres à son Ordre, Daniel Ange et un de ses textes sur « Marie à la croix », François Varillon et son « Humilité de Dieu. Pendant les dix jours de retraite qui suivirent sa profession perpétuelle, le livre de Jean Galot « Porteurs du souffle de l’esprit » a nourri ses journées. Et puis : « La prière retrouvée » du père Guilbert, des ouvrages de Jean Lafrance, de Thomas Merton, de Dom Marmion ». Un passage sur l’adoration tiré d’Eloi Leclerc et de son « Chemin de contemplation » a attiré son attention, etc. Une biographie qui l’a marquée, vu le nombre de citations notées : « Le roi Baudoin, une vie qui nous parle ». Ce livre a été un des derniers qu’elle aura lu. C’était en  2015.

Petit à petit, la maladie respiratoire dont elle souffrait prenait de l’ampleur. Le 22 avril 2018, elle put fêter les 25 ans de sa profession monastique, mais la maladie progressait inexorablement.  Au début de 2019, avant de partir pour un nouveau séjour à l’hôpital, elle emporta avec elle la vie de saint Gabriel de l’Addolorata mais, trop atteinte déjà, elle ne put le relire. Les dernières semaines ont été particulièrement dures. Elle a accueilli sa mort avec lucidité et l’a vécue dans un grand abandon. On peut dire que la Présence de Jésus a accompagné ses derniers moments. Sa dernière parole a été « j’ai confiance ».

 

La communauté de Thiais rénove son monastère

Un grand merci

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