La tradition familiale de Jeanne, tant du côté paternel que maternel, met en lumière une réelle proximité avec l’Ordre des Frères Mineurs.

On peut faire remonter cette proximité avec les fils de saint François à Louis IX. Devenu roi de France en 1226, saint Louis a été un protecteur des « Ordres Mendiants », en particulier des Dominicains et des Franciscains. On raconte que ces derniers, à la mort de François d’Assise en 1226, lui auraient fait parvenir l’oreiller que le saint aurait utilisé jusqu’à sa mort selon M. le Marquis de Villeuve-Trans, dans son Histoire de Saint Louis. Le frère Eudes Rigaud, nommé en 1248 archevêque de Rouen par le Pape Innocent IV, devint l’un des personnages en vue de l’église de France. Le Roi le choisit comme un de ses conseillers, un conseiller assez proche puisque, sur l’invitation du roi, frère Eudes célébra plusieurs événements familiaux : le mariage d’Isabelle de France, fille de louis IX, une messe anniversaire pour la mort de Louis VIII, son père. Le chroniqueur du roi Joinville nous apprend que ce frère Hugues aurait prononcé en juillet 1254 un sermon devant le roi, à Hyères. Il invita aussi assez souvent Bonaventure. Celui-ci aurait prêché entre 1257 et 1269, 19 sermons devant le roi sur les 113 qu’il prêcha à Paris.

Sa sœur, la Bienheureuse Isabelle de France, fonda la branche des clarisses de Longchamp avec une règle propre, écrite par quatre théologiens franciscains dont saint Bonaventure, et qui fut approuvée en 1263 par le pape Urbain IV.

Autre saint franciscain de la famille : saint Louis d’Anjou (1274-1297), qui fut archevêque de Toulouse.

La mère de louis d’Anjou, était Marie de Hongrie, petite nièce de sainte Élisabeth de Hongrie, patronne du Tiers Ordre franciscain. Louis d’Anjou reçut une éducation digne de son rang, mais il fut très jeune attiré par la vie religieuse Dès qu’il eut une douzaine d’années, des Frères mineurs s’occupèrent du jeune garçon dont François Brun qui fut son confesseur. Ils ont certainement eu une influence décisive sur sa vocation franciscaine.

La famille d’Anjou témoigne de liens étroits entretenus avec les milieux franciscains. Ainsi, Yolande d’Aragon (1380-1442) la mère de Marie d’Anjou qui épousa en 1413 le futur Charles VII, père de Louis XI, le grand père donc de Jeanne de France – Marie d’Anjou étant la mère de Louis XI et donc la grand-mère de Jeanne.

Louis XI, comme on le sait, épousa Charlotte de Savoie dont la dynastie fut, elle aussi, profondément marquée par les frères mineurs par le biais du Tiers Ordre et qui favorisa la réforme de l’observance franciscaine. Comme l’a écrit Jean-François Drèze, auteur d’une thèse sur Jeanne de France, cette famille était « une souche sainte profondément marquée par la dévotion à la Vierge Marie, une piété prêchée à la dynastie savoyarde par les Frères mineurs et assimilée par elle ». Il montre également comment la famille de Savoie cultivait l’esprit franciscain et favorisait la réforme de l’observance au travers de ses membres dont un grand nombre appartenait au Tiers Ordre franciscain. Par exemple, il souligne l’acte de dévotion représenté par la possession de la manche de l’habit de saint François d’Assise donnée de son vivant à la première femme du comte Thomas de Savoie, Béatrix de Genève, qui fonda le couvent des Frères mineurs de Suse et ensuite un monastère de clarisses en 1230 ;  elle devint tertiaire. Quant à Béatrix de Savoie, fille du second mariage de ce même comte Thomas, prit le cordon franciscain (cordigère).

Le comte Amédée VI fonda en 1362 l’Ordre chevaleresque du « Collier » en l’honneur de Notre-Dame pour célébrer avec 14 autres chevaliers les 15 allégresses de Marie.  Il faut noter que très tôt, la spiritualité franciscaine a fait sienne cette dévotion aux joies de Marie dont les origines seraient cisterciennes. Cette fête figure dans certains livres d’heures franciscains de cette époque.

Le duc Amédée VIII, grand père de la reine Charlotte, fonda, quant à lui, deux monastères de clarisses colettines de Vevey et d’Orbe avant la mort de son épouse Marie de Bourgogne (+1428).

Son fils Louis le épousa Anne de Lusignan, tertiaire franciscaine, mère d’Amédée IX et de Charlotte de Savoie. Amédée IX deviendra le père de la bienheureuse Louise de Savoie. Celle-ci fut con­fiée à l’âge de 9 ans à la tutelle de son oncle le roi Louis XI; veuve d’Hugues de Châlons, seigneur de Châtillon, elle se fit clarisse à Orbe. Quant à Charlotte de Savoie, la mère de Jeanne de France, elle fut elle aussi proche des franciscains. En 1483, elle fonde à Paris les Clarisses de l’Ave Maria.

Au temps de Jeanne, les Frères Mineurs de l’Observance sont bien présents auprès de la Famille royale. Ainsi, le roi Louis XI leur accorde sa faveur. Il a comme confesseur le frère Hélie de Bourdeille, qui deviendra évêque de Tours. Son fils, Charles VIII a un autre observant, Jean Bourgeois, pour précepteur et pour confesseur. Régulièrement la cour accueille des prédicateurs franciscains tels un Jean Tisserant ou un Olivier Maillard, qui sera vicaire général de l’Observance. Anne de Beaujeu, la sœur de Jeanne établit les filles de sainte Claire à Gien. Enfin, les deux tuteurs de Jeanne de France à Lignières apparaissent aussi fort liés à l’Observance franciscaine. En effet, de 5 ans à 19 ans, Jeanne réside au château de Lignières, en Berry, chez François de Bourbon-Beaujeu et Anne de Culan, son épouse. La Lignée de François de Beaujeu remonte à Éléonore de Savoie, cousine de Marguerite de Provence et de saint Louis et nièce de Béatrix de Savoie.  Elle est aussi proche des milieux franciscains. Elle sera la protectrice du couvent fondé à Pouilly par Guiscard IV, par la suite transféré à Villefranche-sur-Saône. On peut dire que Jeanne de France, en arrivant à Lignières, ne changera pas de climat spirituel.

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