Nous arrivons en ce jour à ce qui me semble être une porte. Une porte étroite. La porte étroite de l’Evangile : « entrez par la porte étroite…, étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. » (Mt 7, 13-14) Cette porte étroite dont parle Jésus, je l’ai longtemps regardée comme un passage difficile, un barrage sélectif tel un examen préparant aux concours de nos grandes écoles françaises. Dans ce cas là on est plutôt tenté par le découragement : « à quoi bon ! C’est trop difficile pour moi !  Je n’y arriverai jamais. » Mais je me suis trompée. Cette porte étroite qui ouvre au royaume infiniment désirable de la vie dans l’intimité de notre Seigneur Jésus Christ et par lui dans le délectable jardin du Dieu Amour Père-Fils et Saint Esprit, c’est l’humilité. Oui, l’humilité. Dire « je suis petit », ce n’est pas encore cela l’humilité. En faire l’expérience, et surtout se réjouir profondément d’expérimenter notre petitesse, voilà je crois le chemin de la petite porte qui alors s’ouvre toute seule, donne joie, paix parce qu’alors notre cœur et tout notre être sont dans la vérité profonde. L’humilité comme un cheminement d’expérience de petitesse en expérience de petitesse,  accueillies à chaque fois sans se laisser troubler, sans que la petite flamme de la joie qui brille au fond du cœur ne diminue mais plutôt, qu’elle en soit ravivée.

L’humilité a une saveur d’humus – cette terre brune noirâtre qui provient de la décomposition de débris végétaux et animaux dans le sol et contribue à sa fertilité.  L’humilité est la vérité s’exclame Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. « Tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut-il en réalité sans plus. »  nous dit Saint François d’Assise dans ses admonitions (n°20). Nous sommes si souvent comme la grenouille de la fable de La Fontaine, voulant nous aussi nous faire aussi grosses qu’un bœuf au lieu d’être pleinement et simplement nous-mêmes, louant le Seigneur de nous avoir créés tel que nous sommes.

Le Père Gabriel-Maria nous oriente bien dans l’esprit de l’humilité  franciscaine par cette nouvelle partie de son sermon des « Dix Marie ». En une introduction très déployée il commence par poser un long regard sur l’humilité de la Vierge Marie.

« La troisième «Marie » que nous devons avoir en nous est Marie humble. Il est impossible d’expliquer ou d’exprimer combien notre bonne Mère a été parfaite dans l’humilité et combien elle l’a aimée. Son humilité dépasse toute autre humilité. Grâce à cette vertu, elle fut trouvée digne de devenir la Mère de Dieu : « Je suis sûr, dit Saint Bernard parlant de Marie, que si elle n’avait pas été si humble, elle ne serait jamais devenue la Mère de Dieu. » La Sainte Vierge nous apprend combien cette vertu est excellente, puisqu’elle ne se glorifie d’aucune autre que de son humilité, bien qu’elle possède toutes les autres vertus à un degré éminent. »

« Elle ne se glorifie d’aucune autre (vertu) que de son humilité » se glorifier de son humilité, cela n’est-il pas paradoxal ? Non, car justement Marie n’est qu’accueil du don de Dieu sans s’attribuer jamais rien à elle-même. Elle n’y pense même pas,  toute occupée qu’elle est à se donner toute, telle qu’elle est sortie de la main de son divin Créateur. « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.

Il s’est penché sur son humble servante…. » (Lc 1, 48) Marie EST simplement ce qu’elle vaut devant Dieu. Cette gloire qu’évoque le père Gabriel-Maria n’est en rien synonyme de renom tout humain mais elle a plutôt un accent de gloire biblique qui est une révélation de l’être d’une personne et l’intensité de la présence de Dieu.  Ainsi, l’humilité de Marie est manifestation de la présence intense de Dieu en elle.

Alors, êtes-vous prêts pour cette nouvelle étape de notre itinéraire ?Rendez-vous le mois prochain avec le premier point. Mais n’oubliez pas cette petite porte car nous irons plus avant sur cette piste  avec Celui qui dit « Je suis la porte »

Joyeuse fête de Pâques !

Sr Marie de l’Annonciation OVM

Jeanne de France comme un roman

En ce jour de printemps de l’année 1464,  la nature se pare de ses nouveaux atours sur la rive de l’Eure. Les arbres déploient doucement leurs feuilles vert tendre, les prairies s’égayent de fleurettes odoriférantes et  s’épanouissent une à une.  La ville aussi est en attente d’une vie nouvelle : le roi Louis XI fait escale dans la riante bourgade de Nogent-le-Roi en compagnie de la reine Charlotte qui va enfanter…

Le roi a déjà une fille, Anne. Mais point de fils. Cette  situation fragilise le trône de France et grève son avenir d’incertitudes. Depuis que son épouse est enceinte, le souverain multiplie les implorations adressées au Roi du Ciel afin qu’il lui accorde le garçon tant espéré. Mais ce 23 avril retentit l’annonce : « C’est une fille ! »…

Suite le mois prochain.

Annonces : Depuis le début du Carême, tous les vendredis (sauf le Vendredi Saint), de 20h à 21h15, l’école d’Oraison pour les jeunes à partir de 18 ans a rouvert ses portes en Visioconférence. Ce temps de prière en ligne a vu le jour en raison de la situation sanitaire. Le groupe qui est né ainsi depuis cinq semaines fonctionne très bien et donc nous avons décidé de poursuivre l’expérience après Pâques. Dès le vendredi 9 avril prochain, si vous souhaitez rejoindre l’école de prière, il suffit de me le dire par un mail : smannonciation@gmail.com : je vous donnerai le lien et je vous inscrirai dans la boucle.

Si la situation sanitaire le permet, un week-end monastique  pour les jeunes aura lieu les 1 et 2 mai. Contact : smannonciation@gmail.com

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