«  La cinquième manière est de ne pas désirer le premier rang. La plus grande peine qu’on puisse faire à une âme humble est de la préférer aux autres et de l’estimer plus qu’eux. Elle fuit et évite l’honneur et la louange autant qu’elle le peut, parce qu’elle sait qu’il est bien difficile d’y rester humble. C’est à cela que l’on reconnaît la parfaite humilité. Ce n’est pas difficile de rester humble dans le mépris et l’humiliation, mais bien lorsqu’on est estimé, loué et exalté au-dessus des autres. Si alors on reste humble de cœur, si on ne s’estime pas meilleur qu’un autre, mais si au contraire on continue à s’ignorer soi-même, alors on possède la véritable et parfaite humilité de Marie. Quand l’ange lui dit qu’elle était choisie par Dieu pour être la Mère de son Fils unique, elle ne s’estima digne que d’être sa servante. Voilà l’humilité parfaite, d’être aussi humble de cœur lorsqu’on est exalté et loué, que lorsqu’on est méprisé et humilié » (Bx Père Gabriel-Maria)

Nous voici au terme et au sommet de cet enseignement du Père Gabriel Maria sur la vertu d’humilité. Souvenons-nous du chemin parcouru : Marie humble a une humble opinion d’elle-même, elle ne préfère en rien sa propre volonté à celle d’autrui, elle pratique la pauvreté dans la nourriture et le vêtement, elle ne s’excuse pas facilement. Et en ce dernier point, elle ne désire pas le premier rang et reste toute aussi humble quand elle est exaltée et louée.

Le Père Gabriel Maria nous invite à nouveau dans cette feuille de route en cinq points, à une expérience de mort et de résurrection dans les pas de notre doux Maître et Seigneur Jésus Christ. Ouvrons notre Evangile. Regardons  combien les lignes relatant la résurrection sont peu nombreuses et sans éclat : un tombeau ouvert, les linges restés là, le ressuscité que l’on prend pour un simple  jardinier, le compagnon de route que l’on invite à l’auberge et qui n’est reconnu qu’à la dernière minute, des femmes qui ont peur et qui ne disent rien, quelques apparitions dans l’intimité du Cénacle ou d’un pique-nique sur les rives du lac. Les récits de la Passion sont tellement plus développés, détaillés ! Lorsque  ceux qui sont guéris par Jésus veulent crier leur joie à tous, Jésus les invite à se taire. Jésus a véritablement pris la dernière place : alors pourquoi cherchons-nous si facilement la première ? Pourquoi cherchons-nous à monter tandis que Jésus descend ? Si nous prenons le chemin opposé au sien, il n’est guère étonnant que nous ne le trouvions pas ! Le Père Gabriel Maria nous invite vraiment à cet itinéraire pascal de dépossession radicale de soi-même pour trouver Jésus qui est la vraie vie au bout de cette descente dans la vérité de ce que nous sommes et de ce qu’est Dieu.

En ce mois d’octobre, comme il est bon de se plonger dans ces mots tellement franciscains de Gabriel Maria. En effet, voici ce que nous dit Saint François d’Assise  dans ses admonitions (n°20) : Heureux le serviteur qui, lorsqu’on le félicite et qu’on l’honore, ne se tient pas pour meilleur que lorsqu’on le traite en homme de rien, simple et méprisable. Car tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut-il en réalité, sans plus. Malheur au religieux, qui, appelé par ses frères à de hautes fonctions, refuse ensuite d’en descendre de son plein gré. Heureux le serviteur qui, appelé malgré lui à de hautes fonctions, n’a d’autres ambition que de servir les autres et de s’abaisser sous leurs pieds.

Nous sommes donc invités, en profonde  fidélité  à l’Esprit du Christ si finement compris par le poverello,  bien loin de tout esprit de domination  et de grandeur. Nous sommes conviés à être nous-mêmes. Tant vaut l’homme devant Dieu, tant vaut-il en réalité, sans plus nous disait Saint François ci-dessus ! Ce « sans plus » est bien simple, bien vrai, magnifique !  Et pourtant  le plus souvent il semble que cela ne nous suffise pas. L’humilité, cette petite porte bien étroite, bien basse, elle est là. Petite porte de l’humilité et de la vérité si intimement liées que nous avons tant de mal à franchir. Il suffit d’un pas vers en bas. Un seul petit pas puis un autre, puis un autre….dans la direction de la dernière place et la porte est franchie, et le Royaume est découvert ! Le sommet du sermon s’achève par un regard sur Marie : Que  l’humble Vierge de Nazareth nous montre le chemin de ces petits pas vers le bas qui nous font franchir le seuil du Royaume de Dieu. Belle fête de Saint François d’Assise le 4 octobre et beau mois du rosaire !

Sr Marie de l’Annonciation OVM

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