Sources manuscrites sont conservées aux Archives Annonciades Thiais (AAT), aux Archives Annonciades Grentheville (AAG).

Sources imprimées

« Depuis sainte Jeanne de France, les Annonciades », église de Bayeux, 12 décembre 2002.

église de Bayeux-Lisieux, n° 97, 8 janvier 2004, p. 13 : « L’Annonciade en Normandie, hier et aujourd’hui », Actes du colloque, Caen, 12 octobre 2002.

GOULEY B., La fraternité de l’annonciade, Eglise de Bayeux-Lisieux, n° 34, mai 2001, p. 8.

M.G., S’agrandir pour mieux servir, Eglise de Bayeux Lisieux, n° 3, février 2000, p. 15

Notice

La présente notice est tirée en partie de  L’Annonciade en Normandie, hier et aujourd’hui, Actes du colloque, Caen, 12 octobre 2002.

Première fondation de Thiais, Brucourt est entrepris à partir d’indications providentielles : d’une part, affluence de vocations et, d’autre part, perspective du prochain retour en France de la communauté de St-Margaret’s Bay, en Angleterre. C’est alors que monseigneur Jean Badré (1913-2001),  ami de la communauté et fils spirituel du cardinal Feltin (1883-1975), propose aux soeurs, en plein cœur de son diocèse, une grande maison plantée solidement sur une colline dominant d’un côté la mer et de l’autre la belle campagne du Pays d’Auge. Le « Château » comme on l’appelle toujours dans la région, a été construit entre 1913 et 1922, par un couple d’industriels, Monsieur et Madame Serbat, décédés l’un en 1953, l’autre en 1964,  qui en ont fait leur résidence d’été jusqu’à la seconde guerre mondiale. Après la guerre, le château abritera pendant quelques années une colonie de vacances puis Monsieur Serbat et son épouse le lèguent en 1955 à l’Abbaye bénédictine de Saint-Jérôme, à Rome, avec des clauses difficiles à mettre ne pratique par des Fils de Saint Benoit. Aussi, en 1965, le père Abbé de l’Abbaye prête la maison aux frères auxiliaires du clergé fondés en 1948 par le Père Dentin (1897-1980). Ils en feront un petit prieuré rayonnant dans la campagne alentour. En 1974, les frères ne sont plus que quatre. Aussi, monseigneur Badré contacte les communautés intéressées : un presbytère est trouvé pour les frères à quelques kilomètres de Brucourt et les Pères bénédictins acceptent la proposition de fondation d’un monastère d’annonciades.

C’est ainsi que le 4 août 1975, six moniales envoyées par le monastère de Thiais, en région parisienne,  arrivent à Brucourt. Le 6 août suivant, monseigneur Badré et monseigneur de Provenchères (1910-1992), évêque de Créteil, viennent célébrer ensemble la première messe dans l’oratoire rapidement aménagé et établir la communauté naissante.

En ce début de fondation, sœur Marie de l’Annonciation (1895-1983), la doyenne du groupe, sans en avoir officiellement le titre, tient le rôle de responsable. Sous sa houlette, la vie régulière s’organise bien simplement avec, certes, priorité donnée à la vie monastique : eucharistie, office divin, prière silencieuse vécus, comme le travail, dans un effort d’amour à l’imitation de Marie et de témoignage évangélique au service de l’Eglise.

Les sœurs font  connaissance avec les prêtres, les religieuses, les laïcs qui cherchent un lieu de silence et de prière, de convivialité. Chaque mois, prêtres et religieuses du doyenné tiendront leurs réunions  à Brucourt. Peu à peu la maison s’organise et comme il convient tous les soins sont portés sur l’aménagement d’un oratoire au premier étage qui devient très vite, pour tous, un centre de prière, d’harmonie et d’unité. Ensuite, agencement de chambres d’accueil, de salles de réunions, agencement de la cuisine etc… Pour fêter le premier anniversaire d’arrivée à Brucourt, des Journées d’Amitié sont organisées. Celles-ci se renouvelleront de nombreuses fois.

La vie à Brucourt se poursuit paisiblement au rythme des saisons : l’hiver, l’accueil se fait plus calme et le sœurs peuvent, afin de gagner nleur vie, se livrer à des travaux communautaires divers (mailing, concours, secrétariat etc..). Il y a aussi l’entretien du monastère et du parc qui les occupe largement : cueillette de fruits, débroussaillage, ramassage des feuilles…

De six, les sœurs sont bientôt sept. En avril 1977, sœur Marie de la Nativité (1928…) devient responsable de la communauté, remplaçant soeur Marie de l’Annonciaiton. De maison dépendante de Thiais,  le monastère deviendra  autonome en 1992. Sœur Marie de la Nativité en sera l’Ancelle.

Le cœur de la communauté bat au rythme de l’Eglise diocésaine et universelle car  bon nombre d’évêques et de cardinaux passent à Brucourt grâce à monseigneur Badré, l’évêque du lieu: les cardinaux Hamer (1916-1996), Etchegaray (1922-2019), Poupard (1930….), Hume (1923-1999). Après son départ à la retraite,  les soeurs bénéficierons également de la sollicitude non moins grande de monseigneur Pican (1935-2018) et de celle de son auxiliaire, monseigneur Gaucher (1930-2014). Parmi les grands amis du monastère, évoquons quelques prêtres qui ont marqués durablement la communauté: le père Cardine décédé en mars 1991, le second aumônier après le père Michel Durand, de 1980 à 1989 ; le père Louis Briand décédé en novembre 1998, qui lui a succédé de 1989 à 1995 ; le père Guillet décédé en août 1989, enfin, le père Pierre Grandval. Pendant 10 ans, jusqu’à son décès en 1985, il ne ménagera pour la communauté, ni son temps, ni sa peine. Il la fait participer à la vie du diocèse dont il relate les grands moments : visite du Saint Père en 1980, Pentecôte des Pauvres en 1983, grand rassemblement de l’Ascension en 1985. Chargé des religieuses du diocèse, il possède à fond les documents sur la vie consacrée et les commente. Il est toujours là, pour les grandes fêtes de l’Ordre, les Jubilés, Profession, les Journées d’Amitié annuelles..

En juin 1980, première visite du Saint Père saint jean-Paul II (1920-2005) à Paris. Joie pour le diocèse de Bayeux-Lisieux en apprenant qu’il viendrait à Lisieux. Les sœurs contemplatives sont conviées à participer à ce grand moment d’Eglise. Tôt le matin, des cars sillonnent le calvados et emmènent des communautés entières de moniales jusqu’à l’Abbaye des Bénédictines de Notre-Dame du Pré, à Lisieux, qui ont ouvert leurs portes pour le pique-nique et les répétitions de chants des  vêpres, avant le départ pour le Carmel. A 85 ans, la doyenne, sœur Marie de l’Annonciation, n’a pas été la dernière à jouir pleinement de cette mémorable journée. Mais, quelques mois après, sa santé va s’altérer. Courageuse, elle accepte de retourner au monastère de Thiais pour se faire soigner. En arrivant, elle doit s’aliter pour rejoindre la Maison du Père, quelques semaines plus tard, le 14 octobre 1981. Peu après, sister Marie de l’Annonciation, anglaise, acceptera avec générosité de prendre sa place, jusqu’à son décès en 1996. Toutes deux portières, mais combien différentes, ont laissé un souvenir de paix et de sérénité auprès de ceux qu’elles accueillaient.

A l’entrée de la propriété, quelques bâtiments forment comme une petite ferme normande. À l’arrivée des soeurs la maison d’habitation est habitée par la famille Popiolek, gardiens de la propriété. Après le décès de Madame Popiolek, en 1988, elles envisagent alors une extension de leurs locaux d’accueil. Elles disposent donc dès 1990 de 9 chambres supplémentaires avec salle de réunion et cuisine, permettant un accueil de groupes plus importants et diversifiés.

Cependant, cette extension de l’accueil va buter sur un problème : l’exiguïté de l’oratoire et le manque de salle de réunion. Alors, la construction d’une chapelle et la création, en sous-sol, d’une salle de réunion sont envisagées.

Les travaux commencent en juin 1999, à un rythme soutenu. La bénédiction solennelle a lieu le 13 février 2000, en la fête de Sainte Jeanne de France, année du grand Jubilé, du 50è anniversaire de la canonisation de sainte Jeanne de France et des 25 ans d’arrivée en terre normande des annonciades.

En 2012, la communauté comptant huit sœurs se réorganise avec le départ de quatre sœurs aînées pour le monastère de Thiais et l’arrivée de nouvelles sœurs venues de Thiais et de Menton, monastère fermé la même année. La communauté aimerait rendre son monastère plus fonctionnel. Mais des travaux s’avèrent difficilement réalisables, vu la configuration des lieux. Un transfert de la communauté est alors décidé. Elle se tranporte dans un lieu vacant, le domaine de Grentheville, dans la périphérie de Caen, ancienne maison de prêtres âgés du diocèse. Le bâtiment existant n’étant plus aux normes, il est démoli et remplacé par un autre plus adapté à la vie conventuelle. La partie ancienne, quant à elle, a été gardée. La communauté y est installée depuis décembre 2015.

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