Les Sources manuscrites sont nombreuses. Elles  sont conservées aux Archives des Annonciades, à Thiais (AAT) : archives.thiais@gmail.com

Les Sources imprimées. Principalement des articles de jounaux, conservés aux AAT. En voici la liste :

Bonnefoy J.-F., ofm, « L’Ordre de l’Annonciade et l’Angleterre », La Croix, 12 septembre 1947.

Message de l’archiconfrérie de N.D. de la Mer, 5 août 1905 – Parish News, October 1964 – Parish News, January 1971 – Daily News, 20 novembre 1925 – The Universe, 19 août 1938 – Parish News, avril 1977 – Dover Express, février 1977- Christian Encounter du 24 octobre 1976 – Christian Encounter du 17 octobre 1976 – Christian Encounter du 3 octobre 1976 – Christian Encounter du 13 mars 1977 – Christian Encounter du 7 novembre 1976 – Parish News du juillet 1976, octobre 1976, novembre 1976 – Christian Encounter d’avril 1976, avril 1977, juillet 1976 – Christian Encounter du 1er et 8 août 1976 –  Christian Encounter du 28 novembre 1976, 30 janvier 1977, 3 avril 1977.

Notice

Pas de monograhies imprimées sur ce monastère. L’histoire de ce monastère reste donc à faire. Toutefois, cette notice donne un réel aperçu de cette histoire, évoquant quelques moments forts de la vie de ce monastère, insistant sur un, en particulier : la première guerre mondiale.

Au début du 20è siècle, les annonciades de Boulogne tiennent un pensionnat pour subvenir à leurs besoins. Le 12 juillet 1904, jour de la fête des « Dix vertus de la sainte Vierge », leur nom apparaît sur la liste des communautés prescrites. Comme en 1792, certaines religieuses auraient pu rentrer dans leurs familles. Cependant, aucune des trente-six annonciades n’est prédisposée à quitter la vie communautaire. M. Montaigu, un ami de la communauté, se rend en Belgique, leur trouve un logement ainsi que quelques dames qui souhaiteraient partager leur vie avec elles, cependant l’évêque du lieu refuse qu’elles s’y installent.

Les religieuses se tournent alors vers l’Angleterre. L’Ancelle, mère de Saint-Gabriel (1841-1928) demande à M. Pillon, curé de Saint-François-de-Sales et confesseur de la communauté d’intercéder auprès de Miss Faweus, une de ses paroissiennes d’origine anglaise. Finalement, trois évêques anglais sont d’accord pour accueillir la communauté. Les annonciades choisissent Saint-Margaret’s bay car c’est le lieu le plus proche de Boulogne, ce sera donc là que le transport sera le moins onéreux. Mère Marie de Saint-Gabriel, ancelle et miss Fawcus s’y rendent, elles séjournent chez les sœurs de la charité de Douvres. Elles finissent par choisir une maison appartenant à Mr Roffey appelé « The Moorins », bien qu’elle soit trop petite pour toute la communauté mais le terrain attenant permet une extension. En attendant la construction d’un second bâtiment, les religieuses louent une petite maison de bois. Les anciennes élèves se mobilisent pour ramasser les fonds nécessaires au voyage des religieuses. Les biens partent par bateau avec les sœurs qui pour l’occasion empruntent aux augustines et sœurs du bon secours des tabliers et manteaux noirs. Le 7 septembre, quatre religieuses partent avec miss Fawcus. Dès cette époque, miss Fawcus prend le titre de mère fondation. Le dimanche, les religieuses entendent la messe à la Visitation ou au couvent des Missions tout proche.

Le 19 septembre, neuf annonciades partent sous la conduite de la sœur assistante. Une chapelle est installée dans la grande pièce de rez-de-chaussée des « Moorings ». Après quelques sœurs à la fin septembre, neuf élèves le 15 octobre, la réunion officielle de la communauté a lieu le 12 juillet 1905. Le temps que les travaux d’extension soient achevés en 1912, dix-neuf religieuses se rendent chaque soir à la maison de bois pour y dormir. Un nouveau monastère est né.

Dix ans vont passer. Les sœurs s’enracinent en leur nouvelle terre. Elle accueille leurs premières postulantes, comme en 1910, celle qui deviendra mère Marie de Sainte-Thérèse (1884-1983). Mais bientôt la vie régulière va être bien bouleversée : 1914, la Grande Guerre éclate. La mère Ancelle d’alors est Mère Marie de Saint-Jean l’Évangéliste (1852-1925). Les personnes logeant dans la partie hôtellerie du monastère – car les sœurs accueillent des dame pensionnaires, un gagne-pain pour elles – quittent le monastère, allant se réfugier en Irlande. Elles sont vite remplacées par des réfugiés venus de France, particulièrement du Portel.

En effet, fin août 1914, le Nord de la France est prêt à être envahi par l’armée allemande. Madame Gournay, du Portel, et les siens se réfugient à St-Margaret’s Bay, ouvrant la voie pour d’autres familles en fuite.  En 1915, un de ses enfants, sa fille Marguerite-Marie y prendra l’habit de l’Ordre, devenant sœur Marie des Anges (1896-1986).

La victoire dite de la Marne fait naitre un espoir de paix. Si bien que les réfugiés de France reprennent le chemin de leur pays. Le monastère retrouve son calme. Pour un moment. Car la guerre n’est pas terminée, loin de là.

Nous sommes en 1915.  St-Margaret’s se trouve dans « la zone de guerre ». La ville peut donc être bombardée. Un certain Dr. Molesworth vient s’informer du nombre de sœurs invalides, au cas s’il fallait évacuer le couvent, afin de prévoir des voitures. Les valides iraient à pieds jusqu’à Martin-Will – hors de la « zone de guerre ». A mère Saint-Jean l’Évangéliste, succède Mère Marie du Sacré-Cœur (1851-1919). Lourd fardeau en ce temps d’épreuve. Charge bien lourde qui va lui coûter la vie.  Les ressources de la communauté sont modestes. Les dames pensionnaires sont bien revenues mais bientôt elles repartent, car on parle de raids aériens imminents. La maison va donc être à nouveau vide. La police demande aux sœurs  que le monastère ne soit pas éclairé le soir, de peur qu’il ne devienne une cible en cas de raids, entraînant un changement d’horaires des offices. De plus, la mère Ancelle fait mettre des rideaux aux fenêtres en vue de calfeutrer toute lumière éventuelle. En 1916, trois dames irlandaises sont encore en pension.

Le 18 mars 1916, a lieu un bombardement. Un éclat de boulet fait tomber deux ou trois tuiles du toit. Panique chez les trois pensionnaires qui s’en vont le lendemain.  1917, pénurie de tout. En vue de récolter un peu de ressources, les sœurs vont organiser une vente de charité en août 1917. A partir de ce mois d’août, les raids aériens se multiplient. Ils survolent le monastère, se dirigeant sur Londres ou Douvres. Les sœurs se réfugient au réfectoire, en sous-sol, et là, récitent le chapelet. Elles y accueillent même leurs voisins, paniqués par ces raids. Toutefois,  jusque là, la communauté n’a pas été en danger imminent.

Mais un samedi de février, le 16 février 1918 exactement, mère Marie du Sacré Cœur, l’Ancelle, a comme un pressentiment. Elle invite ses sœurs à la fidélité. Arrive le soir. Les sœurs vont prendre leur repos. C’est alors qu’à 22 heures, le monastère est atteint pour une bombe incendiaire allemande. Les dégâts sont énormes. Mais, aucune victime. Les dégâts sont estimés et la demande de secours est faite par les sœurs. Dès que la nouvelle du sinistre a été connue par les amis et les familles de Boulogne, ceux-ci vont ouvrir une souscription en faveur de la communauté. Des anciennes pensionnaires de Boulogne seront souscripteurs. Une seconde est ouverte par monseigneur Lejeune, archiprêtre de Boulogne et son premier souscripteur sera monseigneur Julien, évêque d’Arras.

Les sœurs remettent en état leur monastère comme elles peuvent. Par exemple, plus de buanderie Comment faire la lessive ? Les plus fortes vont alors construire un hangar, y mettre un fourneau. Lieu de fortune. Le toit est percé. La pluie y tombe. Les sœurs vont y faire la lessive pendant 18 mois environ. Mais, grâce aux deux souscriptions, les dégâts vont pouvoir  à la longue être réparés.

Cependant, les raids ne sont pas terminés pour autant. Dès les premiers signaux d’alarme, la plupart des sœurs se rendent à la chapelle, les  autres restant figées dans leur lit ! On prie. La nuit du dimanche au lundi de Pentecôte 1918 est tragique.  Les avions arrivent par flottilles, dès 22 heures, au-dessus du monastère, se dirigeant vers Douvres et Londres. Vers 3h00 du matin, chute de bombes dans le jardin. Les vitres du réfectoire éclatent en mille miettes. 23 bombes sont tombées autour du monastère, dans les champs. Des fenêtres du monastère, les sœurs peuvent apercevoir plusieurs cratères béants.  Ce sont, pour elles, le dernier bombardement. Par contre, Calais, Boulogne ne seront pas épargnés et les sœurs trembleront pour leurs parents et amis.

Le 11 novembre 1918, les sœurs sont en retraite, une retraite prêchée par le père Clerc, recteur des Jésuite de Hastings. Au cours de la conférence du matin, à 9h00, des cris d’enfants se font entendre, des cloches sonnent. On sonne à la porte. Une sœur sort de la conférence, va ouvrir. Elle revient dire quelques mots à l’oreille de l’Ancelle.  La conférence terminée, mère Marie du Sacré Cœur dit un mot au père prédicateur puis à ses sœurs elle annonce la nouvelle de l’armistice. La cloche du monastère sonne pendant une vingtaine de minutes s’unissant à la liesse générale.

1919, année d’épreuve pour la communauté : l’épidémie de grippe espagnole frappe plusieurs sœurs, dont la mère Ancelle et la sœur Assistante.  Toutes deux vont décéder à quelques jours d’intervalles. Sœur Marie de Sainte-Jeanne (1860-1939) va succéder à mère Marie du Sacré-Cœur comme Ancelle de la communauté.

Le premier soin de la mère Ancelle est de parer aux nécessités les plus urgentes. La première : une nouvelle buanderie.  Pour ce faire, une dame pensionnaires va lancer une souscription et la buanderie va voir le jour presque identique à la précédente.   En 1820, a lieu le ravalement des bâtiments.   L’entrepreneur chargé des travaux de ravalement dit au terme de son travail à l’Ancelle : « savez-vous que la nuit de votre bombardement, votre toit a dû être soulevé et retomber sur place. Je l’ai constaté à un écart de quelques pouces tout autour du bâtiment ». Mais quel poids avait été assez fort pour faire retomber toute la toiture ?  Un jour de 1921, ce même entrepreneur monte sur le toit pour quelque réparation. Dans un coin du toit, il découvre un crucifix, celui de la buanderie bombardée. Les sœurs l’avaient cherché en vain parmi les décombres.

Le 24 mai 1927 a lieu la prise d’habit de la première postulante anglaise. Malheureusement, en 1928, elle doit quitter le monastère pour raison de santé. En cette même année cependant, une seconde postulante anglaise reçoit l’habit et prend le nom de sister Bernadette. Les prises d’habits se succèdent : 1929, 1930, 1931, 1934, 1935, 1937, 1938. Pas d’entrée pendant la seconde guerre mondiale. Les entrées reprennent : 1942, 1948, 1952, 1962, 1963. En 1969, a lieu la dernière prise d’habit. Les toutes premières entrées avaient eu lieu avant guerre, dès 1910.

En 1927, sœur Marie de Sainte Thérèse de Jésus (1884-1983) est élue ancelle de son monastère. Durant son supériorat, des travaux sont entrepris dans le monastère anglais afin de faciliter la vie conventuelle. De 1940 à 1945 les moniales, en raison de la guerre et de la situation trop exposée de leur monastère, se réfugient au Pays de Galles.  Là, une postulante va y faire ses premiers pas, sister Marie de l’Enfant Jésus (1913-1997) qui, après sa profession perpétuelle, s’occupera du secrétariat et du Bulletin de l’Ordre de la Paix – devenu aujourd’hui Fraternité Annonciade Chemin de Paix.

De retour à St Margaret’s Bay, Mère Marie de Sainte Thérèse de Jésus poursuit sa tâche, veillant à maintenir chez ses sœurs un véritable esprit de pauvreté, leur communiquant son amour de la Vierge, les entraînant sur un chemin de fidélité. Les écrits des Fondateurs de l’Annonciade sont traduits en anglais sur son initiative. De plus, le monastère anglais entretient une correspondance régulières non seulement avec les monastères de France, en particulier celui de Thiais, mais aussi avec les monastères belges.

En 1968, après 42 ans de labeur, Mère Marie de Sainte Thérèse de Jésus abandonne sa charge. Son assistante, sœur Marie des Anges (1896-1986), devient ancelle. En 1971, celle-ci inaugure une activité  afin de gagner leur vie et de tisser des liens avec la population locale : l’ouverture d’une modeste crèche. Les enfants regretteront leur départ, en 1976, ainsi que leurs parents. Car il reviendra à Mère Marie des Anges de prendre la décision de fermer son monastère, faute de vocations. Elle et ses sœurs rejoignent alors le monastère de Thiais, en France. Elle le fera avec courage le 31 octobre 1976, non sans une grande souffrance, malgré l’accueil tout fraternel de la communauté de Thiaisienne.

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