Petite biographie de sœur Marie-Edmée de la Croix, née Marie-Edmée de Monjour par le père Antoine de Monjour :

« Marie-Edmée nait le 4 janvier 1956 à Paris. Sa famille s’installe en 1963 à Ville d’Avray (Hauts-de- Seine). Sa famille est Bourguignonne par son père, avec de lointaines racines écossaises, et du Nord par sa mère. Après Nicolas, décédé quelques jours suivant sa naissance et resté pour toujours « l’Ange gardien de la famille », Marie-Edmée est l’aînée de quatre enfants dont trois garçons. La fratrie s’entend bien et a eu la chance de passer beaucoup de vacances tous ensemble parmi leurs nombreux cousins.

Douce, calme, mais tenace ; gaie, émotive et attentive, toujours bienveillante : tel était le caractère de Marie-Edmée. Avec sa patience habituelle elle aimait dessiner à l’encre de chine des scènes de la vie quotidienne avec une précision remarquable dans un style que nous pourrions qualifier de « naïf ». A l’adolescence elle a eu un grave accident de la circulation, renversée par une voiture alors qu’elle se rendait à bicyclette à son école, qui a marqué toute la famille. Elle en a gardé une méfiance envers les voitures mais pas pour le vélo avec lequel elle toujours beaucoup aimé circuler.

Marie-Edmée fit des études de secrétariat et d’arts ménagers. Elle portait en elle un désir secret, devenir religieuse, qu’elle partageait avec son dernier frère qui, lui, voulait être prêtre… Elle avait un charisme particulier auprès des personnes âgées et fit un séjour auprès des Petites Soeurs des Pauvres.

Marie-Edmée fut quelques temps professeur d’économie sociale et familiale au Lycée de Sèvres (92), mais elle était surtout en recherche spirituelle… Celle-ci fut longue. Elle finit par trouver la communauté religieuse où elle se sentirait bien : les Petites Soeurs de Marie Mère du Rédempteur à Saint-Aignan-Sur-Roë dans la Mayenne au sud de Laval. Ses parents et son dernier frère l’emmenèrent au couvent des « Petites Soeurs » le 19 novembre 1983 où elle fut reçue le 20 novembre, date de la Saint Edmond, son patron, et fut admise dans la communauté le 21 novembre, date de la Présentation de la Vierge. Son nom de religieuse est alors Sœur Marie-Edmée de Jésus en référence à la Petite Thérèse de l’Enfant Jésus qui avait une place particulière dans son cœur.

Ecce, Fiat, Magnificat ! Sœur Marie-Edmée de Jésus chemine au jour le jour avec Marie pour suivre le Seigneur, de sa naissance parmi nous à sa Croix, de sa Croix à sa Résurrection. Sa prise d’habit s’est faite le 21 juin 1984. Son dernier frère entrait cette même année, en septembre, au séminaire. Ses premiers Vœux (Profession Temporaire) eurent lieu le 27 août 1986, son frère séminariste partait alors deux ans comme coopérant en Corée du Sud pour discerner une vocation missionnaire « Ad Extra ». Sa Profession Solennelle se déroula le 13 avril 1991, peu de temps avant que son frère soit ordonné Diacre du diocèse de Nanterre au titre des Missions Étrangères de Paris et reçoive sa mission pour le Japon.

Pendant ses années à Saint Aignan, Sœur Marie-Edmée a beaucoup œuvré à la Maison Saint Gabriel, résidence d’accueil pour personnes âgées qui jouxtait le couvent.

Lors de ses 25 ans de vie religieuse en été 2011, Sœur Marie-Edmée de Jésus exprima son désir de «se consacrer totalement » à son Seigneur, avec Marie, dans la contemplation.

Suite à des difficultés internes à la congrégation des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur, Sœur Marie-Edmée de Jésus décide de sortir de celle-ci en février 2019, pour entrer, après un temps de discernement, le 17 juin suivant dans l’Ordre de la Vierge Marie, l’Annonciade à Thiais. Elle y confirmera ses Vœux perpétuels le 25 avril 2021 et choisit alors son nouveau nom de religieuse, Marie-Edmée de la Croix, en référence à la fondatrice des Petites Soeurs, Mère Marie de la Croix.

En fait Sœur Marie-Edmée, bien avant d’y entrer, connaissait déjà la prière de consécration à Marie de Sainte Jeanne de France : « O Marie… » Les voies du Seigneur sont inattendues ! »

Sœur Marie-Edmée est donc entrée au monastère de l’Annonciade, à Thiais, le 17 juin 2019. Le 3 novembre suivant elle prenait l’habit de l’Ordre et devenait sœur Marie-Edmée de la Croix. Elle confirma ses vœux par la profession perpétuelle le 25 avril 2021.

Le fruitier lui fut confié. Puis, mère Ancelle a compris qu’elle aimerait la couture. Alors, une sœur l’a initiée au travail de la roberie – un travail qu’elle a rapidement assimilé. Sœur Marie-Edmée assurait également une présence auprès des sœurs aînées qui l’appréciaient beaucoup.

Sœur Marie-Edmée a laissé de nombreuses notes spirituelles consignées dans des cahiers ou carnets. On peut y remarquer son désir de mieux connaître sa nouvelle famille religieuse, ses fondateurs, leur message spirituel, le charisme de l’ordre, la nouvelle règle de vie qu’elle avait embrassée depuis peu. Pour elle, il n’y avait pas de rupture entre sa vie de Petite Sœur de Marie, Mère du Rédempteur et sa vie d’Annonciade, mais continuité, épanouissement.

Mais très vite, la maladie a croisé sa route. Maladie aux traitements bien éprouvants. Cette grosse épreuve, elle l’a traversée égale à elle-même, unie profondément à Celui à qui elle avait tout donné.  Mais cela ne veut pas dire un chemin facile. Car un soir la sœur infirmière entendit parler dans la chambre de sœur Marie-Edmée. Elle a frappé et est entrée. Il n’y avait personne que sœur Marie-Edmée. Devant le regard interrogatif de la sœur infirmière, celle-ci répondit : « je dis mon malheur ». Oui, dire « son malheur » tout haut, cela la soulageait. Ce qui prouve un rude combat. Et pourtant, dans la journée, elle accueillait toujours ses sœurs avec un bon sourire, presque joyeuse. Le 15 mai 2023, elle quittait  ce monde pour aller vers le Père des Lumière. Sa vie ? Une vie offerte, donnée sans retour. On peut dire qu’elle a mené le bon combat. Rude chemin que le sien. Secret, entre elle et son Dieu.

Frédéric, de la Fraternité Annonciade Chemin de Paix, lui avait offert une croix faites de ses mains. Elle l’avait accrochée dans son lieu de travail : «C’est une belle croix chargée de prière, lui écrivait-elle pour le remercier. Elle rayonne une présence vivante qui ouvre à  l’espérance dans un élan d’amour. Le geste de victoire du Christ nous entraîne déjà vers la Résurrection en dépassant toutes nos morts par la joie de vivre. C’est un peu comme une icône qui nous demande d’aller plus loin, toujours plus loin dans le Cœur de Jésus. Merci pour ce cadeau qui m’accompagne dans mon travail. »

Témoignage de Frédéric

« La première fois que j’ai fait connaissance avec Sœur Marie-Edmée, c’était par l’intermédiaire de sœur Marie-Claire. Elle me demandait une croix pour son atelier de travail. Elle voulait une croix « ouverte sur le Ciel ». Puis nous nous sommes revus pour une croix similaire pour sa cellule. Elle l’a  voulait « grande, ouverte vers le Ciel, et visible de son lit ». Nos regards se croisaient temps en temps. Par son sourire et son pouce en l’air, elle me faisait savoir que la croix pour sa cellule était à son goût. Puis, je lui ai fait une troisième croix. Elle était alitée. Je sentais au plus profond de mon âme que c’était la croix qu’il lui fallait. C’est une petite croix. Le corps du Christ est de couleur clair naturel, un peu verdâtre,  couleur de l’Esprit-Saint et de l’espérance. Il a les bras élevés vers le Ciel, les paumes (légèrement taillées) vers le Haut. La parole que je recevais avec cette croix est celle-ci : « Entre tes mains, je remets mon esprit ». Abandon. Le Seigneur a donné. Le Seigneur a repris. Que le Nom du Seigneur soit béni ! Nous sommes dans les mains du Seigneur, et il est bonté ! »

Oui, le Seigneur nous a donné sœur Marie-Edmée et aujourd’hui, elle est partie vers Lui, la Source de tout Amour. Pour sa vie de Petite Sœur de Marie Mère du Rédempteur et pour sa vie d’Annonciade : Magnificat.

 

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